León XIV et les adorateurs perpétuels, audiences chères et forcées, déception des victimes, le prochain Secrétaire d'État, le patron de Pompéi, le petit monde du Vatican, l'évêque de Barbastro, départ et fin du Concile, les Rotary francs-maçons.

León XIV et les adorateurs perpétuels, audiences chères et forcées, déception des victimes, le prochain Secrétaire d'État, le patron de Pompéi, le petit monde du Vatican, l'évêque de Barbastro, départ et fin du Concile, les Rotary francs-maçons.

Les dimanches étaient traditionnellement des jours de remplissage, des articles intemporels pour remplir le papier et peu de chose de plus. Les nouveaux médias font que tout va beaucoup plus vite et ne nous laissent pas dormir, même le dimanche. Nous abordons la journée plongés dans la chaleur romaine qui ne cesse pas.

Les adorateurs perpétuels.

Le pape Léon XIV a reçu les Adorateurs Perpétuels du Très Saint Sacrement, la Fédération du Saint-Esprit, en pèlerinage en Italie sur les traces de la bienheureuse Marie-Madeleine de l’Incarnation, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Fédération. « Ils sont appelés à être des tisserands de communion avec les fils de la prière et du travail, de l’adoration eucharistique et de la fraternité dans le monastère ». « Leur présence est un témoignage lumineux de la générosité de Dieu, qui sème dans le cœur humain le désir de chercher et de contempler son visage ». Citant son encyclique « Magnifica Humanitas », Léon XIV a rappelé que, « comme l’explique saint Augustin aux nouveaux chrétiens de son Église, le pain et le vin sur l’autel sont le sacrement de l’unité des fidèles dans le Christ ». D’où la nécessité d’« une spiritualité eucharistique, c’est-à-dire une spiritualité d’unité ecclésiale dans l’amour ». Le Pape a enfin rappelé que « la fidélité à la sagesse ancienne et toujours nouvelle de l’Évangile est le meilleur chemin » pour ceux qui se consacrent à aimer Dieu et le prochain.

Audiences désirées et forcées.

Parmi celles désirées par le pape Léon, ce samedi a reçu l’archevêque allemand Georg Gänswein, ancien secrétaire du pape Benoît XVI et nonce apostolique en Lituanie, Lettonie et Estonie. Le Bureau de Presse du Vatican a informé sur l’audience d’aujourd’hui, sans donner plus de détails à ce sujet. La dernière fois qu’ils se sont rencontrés c’était le 12 décembre 2025, quelques jours après que l’archevêque, qui fut préfet de la Maison Pontificale pendant 11 ans, ait exprimé son espoir qu’un processus de béatification de Benoît XVI soit bientôt ouvert, dont il fut secrétaire pendant 17 ans. En janvier de cette année 2026, Mgr Gänswein a donné une interview à EWTN News à Vilnius (Lituanie), dans laquelle il a affirmé que le changement de pape a apporté une « dimension positive complètement nouvelle » au Vatican.

Par ailleurs, on ne cesse de parler dans les palais sacrés de la conversation tendue entre Léon XIV et Sánchez Sorondo sur la place Saint-Pierre. Il semble que l’évêque argentin cherchait depuis longtemps une rencontre privée avec le Pape. Ne l’ayant pas obtenue, il s’est approché de l’audience du mercredi pour le trouver, devant les autres évêques à la fin. Nous ne savons rien du contenu mais la tension se palpe sans difficulté et au Pape n’a pas beaucoup plu cette rencontre forcée qu’il a clairement voulu éviter.

Déception des victimes d’abus.

Une de plus. Les demandes des victimes d’abus sexuels sont arrivées plus fréquemment que prévu avant le voyage de Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre. La rencontre programmée à Lourdes se limitera à seulement sept personnes et n’inclura ni associations ni collectifs. Cette décision a déjà provoqué une forte réaction du collectif Betharram, qui rassemble plus de deux cents anciens élèves et a exprimé sa « consternation » face au refus du Pape de leur accorder une audience. La visite de Léon XIV à Lourdes a ravivé leurs espoirs, en partie en raison de sa proximité géographique avec Betharram, lieu devenu symbole du scandale des abus sexuels sur mineurs en France. « Nous voulions quelques minutes pour prier, recevoir une bénédiction et présenter au Pape cinq propositions concrètes de protection, réparation et prévention ». Selon l’association, ce refus est une démonstration du « mépris institutionnel auquel les victimes sont encore soumises trop souvent ».

L’évêque a précisé que Léon XIV s’était mis à la disposition des victimes individuellement, mais pas des associations ni des groupes. « Aucun groupe, ni de Betharram ni d’ailleurs ». Cette précision semble limiter encore davantage la portée de la rencontre et rend difficile d’imaginer la présence organisée des femmes qui ont dénoncé Rupnik. Le thème des abus risque de devenir l’un des moments les plus délicats du voyage en France. Et Lourdes ajoute un élément particulièrement sensible à l’histoire : l’affaire Rupnik. Cette situation rend la visite de Léon XIV à Lourdes encore plus délicate : le Pape rencontrera certaines victimes, mais d’autres resteront à l’écart.

Le prochain Secrétaire d’État.

La Curie romaine reste un appareil nommé presque entièrement par le pape François. Le Collège cardinalice, également façonné à 85 % par le pape François, attend le premier consistoire de ce pape, qui n’est plus si « nouveau ». Léon XIV a abordé rapidement et avec une certaine facilité les changements dans les représentations diplomatiques du Saint-Siège dans le monde entier. Dès les premières semaines de son pontificat il a commencé à déplacer et nommer ses premiers « ambassadeurs ». Pendant le pontificat du pape François, la Secrétairerie d’État et la machinerie diplomatique du Saint-Siège ont réduit drastiquement leur pouvoir. Il avait l’habitude — dans ce domaine comme dans tous les autres — d’agir personnellement, ou à travers une poignée de fidèles, même dans les affaires de politique étrangère et dans les relations entre le Vatican et les différents États. Il n’aimait pas les « collaborateurs, mais les simples exécutants ».

De ces nominations diplomatiques, trois en particulier accaparent une certaine attention et l’envie de beaucoup de vétérans. Les trois jouissent d’une grande estime auprès de Léon XIII, mais partagent en outre une autre caractéristique distinctive : ils sont italiens. Monseigneur Piero Pioppo, nonce apostolique en Indonésie, transféré d’Indonésie en Espagne après une longue bataille diplomatique avec le gouvernement de Sánchez ; Monseigneur Gabriele Giordano Caccia, nonce à Washington ; et Paolo Rudelli, le nouveau substitut aux Affaires générales de la Secrétairerie d’État, sont les trois piliers de la diplomatie de Léon XIII.

S’il n’existe pas de pratique vaticane établie exigeant un secrétaire d’État italien quand le pape est étranger, cela a été le cas durant les cinquante dernières années. Il est plausible de supposer que lorsque Léon XIV décidera de remplacer le cardinal Parolin, il choisira un diplomate d’origine italienne. Piero Pioppo se distingue au-dessus de tous les autres ; sa trajectoire le relie à un certain monde traditionnel, en particulier à la figure du cardinal influent Angelo Sodano, dont il fut secrétaire personnel pendant longtemps et qui l’orienta vers la carrière diplomatique. Sous le mandat de Tarcisio Bertone, ennemi déclaré de son prédécesseur comme Secrétaire d’État, Pioppo fut transféré de la Cité du Vatican à la nonciature au Cameroun et en Guinée équatoriale. La situation s’est aggravée avec le pape François et son Parolin, et il fut relocalisé encore plus loin, en Indonésie. Dans ses derniers mois, le pape François a changé d’avis et après son épuisant voyage en Asie et Océanie à l’automne 2024, il a instruit Parolin de trouver une résidence plus proche et adaptée pour cet homme, si marginalisé durant les deux dernières décennies. Dans les palais sacrés, beaucoup sont prêts à parier qu’il sera le futur Secrétaire d’État de Léon XIV.

Pompéi a déjà son saint patron.

La ville lui doit son existence et saint Barthélemy Longo sera le saint patron de Pompéi. Le Saint-Siège a accepté la proposition de la Prélature territoriale et le 5 octobre, jour de la mort de l’Apôtre du Rosaire, sera célébré annuellement comme la fête du saint patron de la cité mariale. Cette annonce intervient à la veille du centenaire de la mort de Longo. La proposition a également été soutenue par l’administration municipale, dirigée par le maire Tortora, comme signe de « la profonde gratitude de toute la citoyenneté envers saint Barthélemy ». Longo, avec son épouse, la comtesse Marianna Farnararo de Fusco, fonda le Sanctuaire de Pompéi, les œuvres de charité associées, la Congrégation des Sœurs dominicaines, Filles du Saint Rosaire de Pompéi, et la Cité nouvelle. Longo décéda avant que Pompéi ne soit érigée en commune indépendante.

Le petit monde vicié du folklore du Vatican.

Depuis des années, une sorte de sous-monde se développe autour du Vatican et de l’Église catholique en général. Il est peuplé de jeunes et de moins jeunes qui ont rapidement compris à quel point il peut être bénéfique de fréquenter cardinaux, évêques, monseigneurs, fonctionnaires de la Curie et journalistes spécialisés dans les affaires religieuses : relations, visibilité, accès aux cercles ecclésiastiques et, dans certains cas, même des avantages économiques. Ils se présentent, obtiennent des accréditations, se font photographier, organisent des événements, publient des livres, décernent des prix.

Grana est le jeune typique parrainé par le cardinal Michele Giordano, qui l’a introduit dans divers cercles sacerdotaux. Giordano a écrit les préfaces de ses livres et, en 2009, l’Archidiocèse de Naples lui a offert un volume sur Benoît XVI, accompagné d’un texte de l’archevêque émérite de l’époque. Après la mort du cardinal en 2010, le prix portant son nom a été créé : Grana en a été le secrétaire pendant des années et fait partie du comité qui décide des récompenses. Le prix littéraire dédié à Giordano date de 2012. Il s’agit de l’une de ces institutions créées spécifiquement pour donner de la visibilité à certaines figures et gérées par des amis et des proches.

Il se répète avec une fréquence alarmante que ceux qui parviennent à accéder aux cercles ecclésiastiques transforment leur proximité des autorités en une forme de pouvoir. Même l’accès au Bureau de Presse du Saint-Siège devient un motif d’ostentation. Ceux qui en paient les conséquences sont généralement des prêtres, évêques et cardinaux, qui finissent par être la cible de ces individus pour avoir ignoré l’existence de ce réseau. Avec François, le phénomène est même parvenu jusqu’au Pape lui-même. Pour certains d’entre eux, Sainte-Marthe était également devenu un lieu d’où tirer quelque chose à raconter dans les salons romains et dans les conversations privées : une confidence, une rencontre, une photographie prise en secret du Pontife à son retour dans sa chambre. De quoi suffire, alors, pour apparaître ailleurs et dire : « Regardez, j’ai été avec le Pape ». Ainsi, une simple proximité physique, obtenue grâce au cardinal imprudent, se transforme en crédit, influence et une prétendue familiarité avec le pouvoir.

Certains individus parviennent à survivre à toute situation parce qu’ils trouvent toujours quelqu’un prêt à les recevoir : un évêque disposé à se faire photographier avec eux, une institution ecclésiastique prête à leur offrir protection, un journaliste qui les présente et un autre qui les récompense.

L’évêque de Barbastro.

L’affaire Torreciudad est devenue l’affaire de l’évêque de Barbastro, c’est ce qui arrive quand on mitre des insuffisances clairement reconnaissables, ils sont capables de créer des problèmes là où il n’y en a pas. Les nouvelles d’aujourd’hui laissent de côté le problème possible, davantage créé par l’évêque — qui répond au nom d’Ángel Pérez Pueyo — et se concentrent sur l’action du mitré. Serrano Oceja dans ABC consacre son article hebdomadaire au titre suggestif «Sauver l’évêque de Barbastro-Monzón». « Il est difficile d’expliquer comment autour d’un Sanctuaire de référence mondiale et d’une image vénérée par des milliers de personnes dans le monde entier, on monte un tel imbroglio ». « L’évêque utilise publiquement des conversations et des documents privés du pape François — quelque chose d’inédit non seulement dans l’Église ; il dévalorise le travail destiné à résoudre le conflit du Commissaire pontifical, Mgr Alejandro Arellano, nommé par le pape François ; il nie détenir des documents qu’il devrait avoir, que l’Opus Dei a rendus publics tambour battant ; et il conditionne son avenir comme évêque de ce diocèse, avec des arguments entre émotivistes et populistes, menace de présenter sa démission si on ne fait pas ce qu’il veut. Est-ce un exemple de la manière dont doit agir un évêque de l’Église catholique ? » « Aurait-il agi de la même façon, dans toute cette histoire, si nous parlions d’une congrégation religieuse ou d’une autre réalité d’Église ? Après plus de trois ans, ce qu’il faut, c’est que quelqu’un fasse quelque chose pour sauver l’évêque, aussi de lui-même ».

Le fait est que deux lettres privées du pape François sur Torreciudad sont parvenues à la presse alors que Léon XIV doit décider du conflit entre le diocèse de Barbastro-Monzón et l’Opus Dei. Pendant longtemps, le différend s’est limité à des questions canoniques : qui devait nommer le recteur, quel était le statut juridique du sanctuaire et quels accords des années soixante restaient en vigueur. Désormais, le centre du conflit est surtout une statue romane de la Vierge et, depuis le jeudi 3 septembre, également deux lettres privées du pape François. L’une est datée du 13 juillet 2023. François lui écrit simplement : « Ne cédez pas ! ». L’autre est du 13 octobre 2024 et est beaucoup plus explicite. Le Pape lui dit qu’il avait rendu visible son « intervention directe » à Torreciudad en nommant le doyen de la Rote romaine, Alejandro Arellano Cedillo, et ajoute que le transfert qu’il lui avait proposé devait servir à le libérer des « intrigues mafieuses » qui, selon lui, étaient en cours.

Entretien avec Vitaliy Kryvytskyi.

C’est l’évêque catholique de rite latin de Kiev-Jytomyr depuis 2017, né en 1972, l’Ukraine se trouve « sans défenses aériennes adéquates, exposée à la férocité de l’ennemi : l’Occident doit nous aider à protéger nos cieux, car nous ne pouvons pas le faire seuls ». « Je comprends les arguments de l’archevêque Paul Gallagher et je lui suis reconnaissant de son engagement constant pour la paix ». « Nous avons besoin de systèmes de défense pour survivre, et le Saint-Siège n’a jamais nié la légitime défense ». « Nous savons que les négociations doivent impliquer les deux parties en conflit. En même temps, nous sommes conscients que nous et les Russes devons parler le même langage de la paix. Malheureusement, Moscou persiste à utiliser le langage des armes, de l’impérialisme et de l’occupation. Pour cette raison, et pour notre propre survie, nous devons l’isoler ».

Le point de départ et le point final du Concile.

Le Concile s’est clôturé le 8 décembre 1965, soixante ans plus tard et on peut déjà analyser les résultats. Vers 1965, près de 99 % des Italiens se déclaraient catholiques. Plus de 98 % des mariages étaient célébrés à l’église. En 1965 naquirent 1 017 944 enfants ; la moyenne d’enfants par femme était de 2,66, bien au-dessus du niveau nécessaire pour assurer la continuité générationnelle. On enregistra environ 517 000 décès ; les naissances dépassèrent ce chiffre d’un demi-million. Les résidents étrangers étaient statistiquement presque inexistants : 62 780 au recensement de 1961 et 121 116 à celui de 1971. Au milieu des deux recensements, l’année où s’acheva le Concile Vatican II, le chiffre était donc d’environ une personne pour cinq cents.

Soixante ans plus tard, en 2025, seulement 355 000 enfants naquirent et 652 000 personnes décédèrent. La fécondité s’effondra à 1,14 enfant par femme. Cette même année, la migration nette avec les pays étrangers fut positive de 296 000 personnes. Une diminution de 296 000 due à la migration vers l’au-delà et une augmentation de 296 000 due à l’immigration.

Durant cette même période, la continuité religieuse s’effondra. Aujourd’hui, même pas un Italien sur trois s’identifie-t-il comme catholique ? Un sondage de 2023 situe encore la déclaration d’appartenance à l’Église autour de 61 pour cent. Mais seulement 17,9 pour cent de la population assiste à un lieu de culte hebdomadairement. En 1995, 70,3 % des enfants de six à treize ans fréquentaient les services religieux hebdomadairement. En 2023, ce chiffre tomba à seulement 32,4 %. Chez les jeunes adultes, le chiffre est inférieur à un sur dix. En 2024, seulement 38,7 pour cent des mariages furent religieux. En 1965, ce chiffre dépassait 98 pour cent. Entre 2000 et 2024, les baptêmes diminuèrent de 64,6 %, tandis que les naissances chutaient de 31,9 %. Le nombre d’enfants diminue, mais la transmission de la foi diminue à double vitesse. En 1970, il y avait 6 337 séminaristes. En 2019, il en restait 2 103. Les ordinations sacerdotales passèrent de 527 en 2000 à 279 en 2024. L’affiliation, la pratique religieuse, les mariages religieux, les baptêmes, les vocations et les ordinations ont diminué simultanément.

Quand une réforme pastorale majeure est suivie d’une détérioration constante de tous les indicateurs qui auraient dû mesurer son succès, il est illogique d’affirmer qu’il ne peut y avoir aucun lien. La séquence chronologique ne suffit pas à prouver la causalité ; cependant, elle pose la question. Le Concile se présente comme la réponse de l’Église à la modernité. Peut-être la société italienne se serait-elle déchristianisée de toute façon. Peut-être le taux de natalité se serait-il effondré aussi rapidement. Peut-être la famille se serait-elle dissoute aussi vite, et la population perdue aurait été remplacée par la même immigration. Quelle est la probabilité que tout cela soit une simple coïncidence ? Après soixante ans, il ne suffit pas de répéter que le Concile a encore besoin d’être compris, mis en œuvre ou complété. Soixante ans, c’est plus de deux générations. Le temps de l’expérimentation est terminé. Le moment est venu de rendre des comptes : « À leurs fruits vous les reconnaîtrez ».

Les francs-maçons Rotary.

Rotary fut fondé le 23 février 1905 à Chicago, Illinois, États-Unis. Ses quatre fondateurs furent : Gustave Loehr (1864-1918), ingénieur des mines ; Silvester Schiele (1870-1945), marchand de charbon ; Hiram Shorey (1862-1944), tailleur ; et Paul Percival Harrys (1868-1947), avocat et franc-maçon. Harrys proposa le nom de Rotary parce que les quatre fondateurs se réunissaient « à tour de rôle » dans leurs bureaux et ateliers professionnels. Lors de la Convention de Duluth en 1912, les rotariens décidèrent d’adopter comme symbole une « roue bleue » avec « vingt-quatre dents » et « six rayons ».⁴ Elle symbolise la roue de la charrette des pionniers de l’aventure américaine, qui commença au XVIIe siècle avec les « Pères pèlerins », qui se dirigèrent vers l’Amérique du Nord depuis l’Angleterre et la Hollande pour vivre leur protestantisme puritain et calviniste avec plus de liberté.

La vocation de Rotary implique universalité et globalisme planétaire. Rotary aspire à « englober dans sa circonférence l’universalité des nations, races et cultures ». La « couleur bleue » représente la tension cosmique, comme l’eau de mer, la voûte céleste et de la Loge maçonnique, et signifie la volonté de réunifier toutes les nations dans un Nouvel Ordre mondial plus large (voir le drapeau de l’ONU) à travers un sentiment d’amitié philanthropique. Rotary apparaît comme une franc-maçonnerie publique et comme l’antichambre de l’ésotérique et secrète, où les francs-maçons peuvent facilement trouver des personnes qui sont entrées par naïveté pour les convertir en « Frères à Trois Points ». En un sens, c’est même pire que la franc-maçonnerie anglo-américaine, qui « postule comme exigence primordiale la croyance au Grand Architecte de l’Univers […] , tandis que Rotary est au-dessus de toute conception religieuse ».

En 1928, l’Église catholique attaqua Rotary (avec l’article du Père Pietro Pirri s.j. dans l’Osservatore Romano du 15 février 1928) en l’accusant de para-maçonnerie, puisque « sa morale n’est qu’un déguisement de la morale maçonnique ». Le 4 février 1929, le Saint-Office publia un Décret interdisant aux prêtres en Italie de rejoindre l’Association Rotary, tandis qu’en Espagne le primat Cardinal Pedro Segura y Sáenz (1880-1957), archevêque de Tolède, le 23 janvier 1929 étendit l’interdiction également aux laïcs baptisés simples, puisque l’Association reposait sur une morale autonome et séculière, une conception globaliste, une conception de fraternité philanthropique en opposition à la vertu théologale de charité, une philosophie subjectiviste et relativiste. Même La Civiltà Cattolica aborda la question maçonnico-rotarienne dans trois articles (16 juin 1928, 21 juillet 1928 et 16 février 1929), dans lesquels l’association Rotary fut définie comme « une émanation maçonnique, un nouveau type de maçonnerie opérant en plein jour ».
Le cardinal Angelo Roncalli, durant son patriarcat à Venise (1953-1958), eut de nombreux contacts avec les rotariens 22, et une fois devenu Jean XXIII (1881-1963) le 20 avril 1959, il reçut les rotariens d’Italie pour la première fois, suivi d’une seconde le 20 mars 1963. Le 13 novembre 1957, Giovanni Battista Montini, archevêque de Milan, avait déjà assisté à la réunion du club rotarien milanais et avait déclaré que par le passé il avait eu beaucoup de réserves sur Rotary, « fruit de l’ignorance et de l’erreur » 23. Le 28 septembre 1963, Paul VI (1897-1978) reçut toute une représentation rotarienne. Puis le 20 mars 1965, puis le 14 novembre 1970 et le 16 février 1974. Et enfin, Jean-Paul II (1920-2005) adressa un message de sincère sympathie aux rotariens de la Convention LXX le 14 juin 1979, puis le 13 février 1984 et puis le 25 février 1989.

 

« … là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ».

Bonne lecture.

 

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