Après la célébration de l’Assomption, ce dimanche est aussi la fête de saint Roch. En Italie et en France, saint Roch était déjà vénéré au XVe siècle, peu après sa mort. Saint Roch était le fils du gouverneur de Montpellier, alors dans le royaume d’Aragon, où il naquit en 1378 ; à l’âge de 20 ans, il perdit ses deux parents. Durant l’épidémie de peste, il se consacra aux malades et contracta la maladie mortelle à Plaisance. Lorsqu’il recouvra ses forces, il retourna à Montpellier où son oncle ne le reconnut pas et l’abandonna. Saint Roch fut arrêté, probablement parce qu’il fut pris à tort pour un espion, et resta cinq ans en prison où il mourut finalement dans une grande réputation de sainteté.
Le Pape à Castel Gandolfo.
Les vacances officielles ont eu lieu en juillet, mais en août le Pape reprend certaines traditions estivales de la Villa pontificale. Il célébrera deux messes mariales — l’une aujourd’hui pour la solennité de l’Assomption et l’autre pour la fête locale de Notre-Dame du Lac — dans les deux semaines à venir. Le samedi 29 août, le Pape honorera la fête de l’église Sainte-Marie du Lac en présidant la messe et en participant à la procession, qui se déroulera en partie sur les eaux du lac Albano. « C’est un parcours qui serpente depuis l’église. Une partie de la procession aura lieu sur le lac, et Léon XIV, premier Pape à le faire, avancera en bateau. Les derniers Papes à avoir participé à la procession furent saint Paul VI et saint Jean-Paul II ». « La présence du Pape attire énormément de monde, des touristes de Rome mais aussi d’autres régions d’Italie ».
La solennité de l’Assomption.
Le Pape Léon XIV a choisi la solennité de l’Assomption pour aborder le sens de la beauté et la manière dont la culture contemporaine tend à la réduire à un modèle esthétique à poursuivre, au point d’expérimenter le passage des années comme quelque chose à cacher ou à combattre. Il a présidé la sainte messe dans la paroisse pontificale Saint-Thomas de Villeneuve, à Castel Gandolfo. Léon XIV a relié le mystère célébré par l’Église à la condition concrète de l’homme, en se concentrant sur le corps, le passage du temps et la promesse chrétienne d’une beauté destinée à la plénitude.
Le Pape s’est inspiré de la constitution apostolique Munificentissimus Deus de Pie XII, rappelant que Marie, « ayant achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme dans la gloire céleste ». Le Pape a invité les fidèles à un exercice quotidien de discernement, capable de reconnaître ceux qui, malgré les rides et la souffrance, rayonnent de sérénité, de bienveillance et de paix, les distinguant de ceux qui, séduisants en apparence, restent durs et froids à l’intérieur.
L’Angélus de l’Assomption.
En la fête de l’Assomption, la prière de Léon XIV est devenue un thermomètre des besoins les plus urgents du monde : il a rappelé que Ukrainiens et Russes partagent, au-delà du conflit qui les divise depuis des années, la même dévotion filiale à la Mère de Dieu. Il s’est étendu sur l’iconographie de l’Assomption, offrant aux fidèles une brève leçon sur l’histoire de l’art sacré. Léon XIV a distingué deux traditions figuratives : la plus ancienne, répandue pendant près d’un millénaire, celle de la Dormition, où Marie gît endormie tandis que le Christ ressuscité accueille son âme comme un nouveau-né dans ses bras ; et l’autre, développée plus tard en Occident, qui représente la Vierge déjà glorifiée, enveloppée de lumière et entourée d’anges, selon la vision apocalyptique de la femme vêtue du soleil. Léon XIV a enfin invité tous à un temps de véritable repos, composé de bonne lecture et de contact avec la nature.
Deux nouveaux nonces.
Aussi aujourd’hui, le Pape a nommé l’archevêque hongrois Gábor Pintér, évêque titulaire de Velebusdo, nonce apostolique au royaume de Tonga. L’évêque, âgé de 62 ans, exerce comme nonce apostolique en Nouvelle-Zélande, aux Îles Cook, aux Fidji, à Kiribati, aux Îles Marshall, aux États fédérés de Micronésie, à Nauru, aux Palaos, aux Samoa et au Vanuatu, ainsi que comme délégué apostolique dans l’océan Pacifique, depuis l’été 2024. Auparavant, il était représentant papal en Biélorussie de 2016 à 2019, puis au Honduras de 2019 à 2024.
Les intentions de Léon XIV concernant la messe traditionnelle.
Le 29 juin 2026, le Pape Léon XIV a adressé une lettre au cardinal Arthur Roche, préfet du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, à l’occasion d’une conférence liturgique tenue à l’abbaye de Mount Angel, en Oregon. Le texte rappelle l’encyclique Desiderio Desideravi du Pape François et réaffirme la nécessité d’une formation liturgique continue, tant pour le clergé que pour les laïcs, considérée comme indispensable pour « revitaliser la vie liturgique de l’Église universelle ».
Le document n’est pas passé inaperçu en raison d’un passage spécifique qui interroge directement la question éternelle de la messe traditionnelle en latin et des restrictions imposées par Traditionis Custodes. Le Pape Léon XIV affirme que les responsables de la préparation de la liturgie, « et les prêtres en particulier », doivent montrer du respect pour « les rites promulgués par les Papes saint Paul VI et saint Jean-Paul II ». Le Pontife relie explicitement ce respect à la « sincère fidélité à la communion ecclésiale », reprenant un concept déjà exprimé dans sa catéchèse du 27 mai sur Sacrosanctum Concilium.
Ce passage semble offrir enfin une confirmation documentaire de ce que le cardinal Roche avait déclaré publiquement fin juillet lors d’une interview accordée à The Tablet, lorsqu’il affirmait que Léon XIV ne modifierait pas Traditionis Custodes ni ne reviendrait au régime du Summorum Pontificum de Benoît XVI. AdVaticanum propose une interprétation différente, déconseillant la surinterprétation du texte dans son article original. L’appel du Pape à la fidélité « aux textes et instructions approuvés » doit être lu conjointement avec l’accent mis sur l’ars celebrandi, qui doit promouvoir une compréhension toujours plus profonde de la liturgie tant par le célébrant que par toute l’assemblée. Le résultat, affirme-t-il, est « une invitation claire à célébrer les messes selon les livres et instructions approuvés par l’Église, avec dignité », plutôt que par des approches personnalisées ou improvisées.
AdVaticanum souligne également que Léon XIV, dans sa lettre, ne mentionne nullement la messe traditionnelle en latin, laissant ainsi ouverte la question de la manière dont son pontificat entend aborder la forme la plus ancienne du rite romain. Dans cette perspective, la référence aux rites de Paul VI et Jean-Paul II serait avant tout un appel à la dignité et à la fidélité dans la célébration du rite réformé — c’est-à-dire le Novus Ordo, déjà en usage dans la grande majorité des paroisses —, et non une déclaration sur la discipline relative au Missel de 1962.
Niwa Limbu, également dans AdVaticanum, avait déjà mis en garde contre la prudence face aux reconstructions journalistiques qui lient trop directement les actions et les paroles du Pape à une ligne rigide sur Traditionis Custodes, tout en signalant une possible incohérence entre cette interprétation et d’autres signaux, comme la communication envoyée à la Conférence épiscopale française, qui était au contraire orientée vers le dialogue et la sensibilité pastorale. La lettre, par sa nature même, est un texte consacré à la formation liturgique générale, et non un document normatif sur la discipline du Missel de 1962.
Tant de discussions et si peu de clarté font que chacun fait ce qui lui semble bon. Aujourd’hui, personne ne se fait de problème pour célébrer la messe selon le rite traditionnel, avec ou sans permission de l’évêque ; les fidèles qui y assistent savent qu’ils doivent être discrets. D’un autre côté, dans de nombreuses paroisses, le missel de Paul VI n’est pas du tout respecté et chacun a élaboré le sien. La manière dont la messe est célébrée dans de nombreuses paroisses échappe de plus en plus à tout contrôle. Il est probable que les prêtres pensent que la messe est « leur affaire ». Le père Nicola Bux, liturgiste et ancien conseiller de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a écrit dans son livre au titre provocateur : « Comment aller à la messe et ne pas perdre la foi » : «Pendant la messe du rite ordinaire, celle qui est célébrée en italien, nous assistons à une certaine « créativité » liturgique presque insupportable, qui consiste, par exemple, en des exhibitions de drapeaux arc-en-ciel, des danses, des chansons rock, des blagues racontées par le prêtre pendant l’homélie, des messes célébrées en mer avec un matelas gonflable comme autel, ce qui amène le prêtre qui, pendant la messe, dit « Je ne crois pas au Credo », et ainsi de suite ».
S’ajoute à cela un autre facteur qu’il convient de prendre en compte, étant donné que le cardinal a achevé son mandat de cinq ans et que certaines de ses déclarations techniques sur des questions liturgiques ont été contestées à plusieurs reprises par des liturgistes et des canonistes. Les gestes concrets du pontificat — depuis les audiences accordées à des cardinaux proches du monde traditionnel, jusqu’à la permission donnée au cardinal Burke de célébrer une messe papale au Vatican, en passant par la lettre à la Fraternité Saint-Pie X reconnaissant le « désir de fidélité à la Tradition » de nombreuses communautés qui lui sont liées — dessinent un tableau plus complexe et, d’une certaine manière, moins résolu que ce que suggèrent les déclarations de Roche.
Les vocations à la vie religieuse.
Dans le message adressé aux religieuses réunies à Orlando, le Pape leur demande de redoubler d’efforts pour inviter les jeunes à la vie consacrée. La sœur missionnaire de la Consolata Simona Brambilla, secrétaire du Dicastère vatican pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, a prononcé un discours le 13 août 2025 à Atlanta. Le Pape a déclaré que « le travail de promotion des vocations religieuses est d’une importance vitale », et a souligné que, malgré la sécularisation, il existe aussi « une faim croissante de Dieu » parmi les jeunes. « Comme beaucoup d’entre nous l’ont personnellement expérimenté, l’appel du Christ à le suivre d’un cœur entier par les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance apporte joie, paix et plénitude ».
Parmi les intervenants de l’assemblée figurent la sœur Nathalie Becquart, membre de l’Institut La Xavière Missionnaire du Christ Jésus et sous-secrétaire du Synode des évêques, et la sœur Vicky Larson, membre des Sœurs de la Présentation de la Très Sainte Vierge Marie d’Aberdeen, Dakota du Sud, et présidente de la conférence. La sœur dominicaine Mila Díaz Solano, originaire du Pérou, et la sœur Mary Gabriel Devlin, des Sœurs de la Vie de New York, figurent parmi les facilitateurs des « conversations dans l’Esprit » qui font partie de l’assemblée.
Le Pape Léon a loué le fait que l’assemblée ait intégré cette méthode synodale d’écoute, de dialogue et de discernement pendant les travaux, et a exprimé l’espoir que « à travers ce format de dialogue fraternel et réceptif, elles puissent discerner ce que l’Esprit Saint leur dit sur le présent et l’avenir de la vie consacrée dans les nations où elles servent ». « Tous les chrétiens sont appelés à être des constructeurs de la communion du Christ, qui prend forme dans une Église synodale où chacun coopère à la même mission selon son propre charisme et ministère ». « De manière spéciale, les membres de la vie religieuse sont appelés à être des experts en synodalité en raison des occasions de la pratiquer qu’offre la vie communautaire, ainsi que de l’organisation propre de leurs congrégations ».
Vu ce qui se passe dans ces réunions, nous présageons très peu d’avenir. Les âges très avancés des participantes et la fermeture continue de leurs maisons font penser à une mort annoncée. Les nouveaux ordres religieux, remplis de vocations, sont exclus de ce type de réunions et, dans la plupart des cas, sont placés sous tutelle et persécutés. Les vocations vont où elles vont, et l’avenir est là où il est ; nous pouvons prolonger l’agonie, la mort est certaine.
Encore et toujours la synodalité.
La synodalité est un thème qui passionne particulièrement Ugo Sartorio (OFMConv, professeur à la FTTr) : il y a déjà consacré deux autres livres : Sinodality. Towards a New Style of Church (Àncora 2021) et Synodality between Democracy and Populism. Beyond All Clericalism (EMP 2022). Un nouvel ouvrage ( Laïcs et laïques dans une Église synodale. Le défi de la coresponsabilité ), entend montrer comment l’ancienne question des laïcs et des laïques dans l’Église. On sait bien que, depuis le Concile Vatican II, on a beaucoup parlé des laïcs, bien que ce soit le changement dans l’horizon ecclésial introduit par le pontificat du Pape François, avec la catégorie de synodalité, qui permet un discours sur les laïcs « qui est en réalité un discours sur l’Église et non sur les laïcs comme catégorie ».
Les deux premiers chapitres, « Approche terminologique » et « L’histoire théologique : un guide », y sont consacrés. Il ne s’agit pas simplement d’une clarification conceptuelle, déjà largement explorée dans une abondante littérature sur le sujet, mais plutôt d’une redécouverte des raisons sous-jacentes qui ont conduit à la mise en avant de cette question pendant l’ère postconciliaire. On pourrait convenir que le terme « laïc » est loin d’être univoque, voire « chargé ». La situation pourrait changer si les laïcs étaient replacés « au sein du Peuple de Dieu avec tous les baptisés, en dissolvant ce dualisme malsain clercs-laïcs qui a longtemps et désastreusement conditionné l’expérience chrétienne » (p. 34). Il semble donc approprié de redécouvrir dans l’« expérience » théologique la « carte pour s’orienter » (p. 37) au milieu de la complexité des éléments qui se sont superposés à ce terme. La baisse inquiétante du sacerdoce a donné lieu à de fréquents appels à une plus grande participation des laïcs à la vie de l’Église. Dans le quatrième chapitre ( Femmes, ministères, leadership : une Église à repenser ), Sartorio aborde le thème de la présence des femmes dans l’Église, leur accès aux ministères et au leadership.
Les nouveaux baptisés en France.
Nous disposons déjà du premier document élaboré par les protagonistes de la nouvelle vague de baptêmes d’adultes en France. Catéchumènes, accompagnateurs, prêtres, religieux et religieuses, groupes et communautés ont été convoqués par les diocèses d’Île-de-France : Paris, les diocèses de Créteil, Évry-Corbeil, Meaux, Nanterre, Pontoise, Saint-Denis et Versailles, ainsi que par l’Ordinariat militaire. La surprise est l’énorme participation : entre le 25 janvier et le 28 juin, 46 000 personnes ont répondu avec 4 850 contributions. Le document Instrumentum laboris. Assemblée ecclésiastique provinciale – Île-de-France. Catéchumènes (adolescents et adultes). Nouveaux baptisés et confirmés se divise en 70 pages et cinq chapitres (Expérimenter l’accueil comme une visite ; Discerner sur le chemin ; Marcher ensemble en suivant le Christ ; Célébrer le chemin catéchuménal ; Incorporation).
Le phénomène du baptême des adultes, qui a commencé sans avertissement entre 2020 et 2023, est significatif, mais il est également enregistré dans de nombreuses autres nations occidentales : Belgique, Pays-Bas, Autriche, Suisse, Allemagne, Royaume-Uni et États-Unis. En France, les baptêmes d’adultes sont passés de 4 500 en 2020 à 21 300 en 2026. « Nous avons été pris par surprise : de toutes les origines, de tous les âges, de toutes les cultures, de toutes les sensibilités, des hommes et des femmes frappent à la porte de nos églises, de nos aumôneries, de nos écoles… Ici, dans le clair-obscur de notre monde et de notre Église, est la source d’une grande joie et d’un profond motif d’espérance » (n. 1).
Parmi les catéchumènes, certains exigent un contenu doctrinal et moral clair, exprimé dans le Catéchisme de l’Église catholique, tandis que d’autres insistent sur le lien entre la direction spirituelle et la vie. Ces demandes de chemins différents s’entremêlent avec le besoin d’un trait commun et partagé autour des piliers fondamentaux des prières centrales et du Credo. Cela inclut la nécessité de transmettre tout l’héritage sacramentel, en particulier la confession, mais aussi l’onction des malades. De même, il met en lumière les différents états de la vie chrétienne : la vie consacrée, le ministère sacerdotal, le mariage et la vie célibataire.
Pour ceux qui viennent de l’islam, la transition peut impliquer une séparation douloureuse de la famille, de la communauté et de la culture. Ils possèdent une foi structurée et exigeante. Pour ceux qui professent le judaïsme, cela ne représente pas une rupture totale, mais plutôt une réalisation qui exige le respect et l’honneur de leurs racines bibliques. Bien qu’il existe des cas de ruptures familiales et communautaires, cela n’est pas dû à un manque de clarté. Pour ceux qui viennent d’églises protestantes ou orthodoxes, le baptême est déjà reconnu, mais les évangéliques insistent souvent pour demander à être baptisés à nouveau. Pour ceux qui viennent du paganisme, les exorcismes mineurs et les onctions deviennent un signe d’abandon des idoles.
« Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ! ».
Bonne lecture.