Août 1936 : en mémoire des évêques martyrs assassinés par haine de la foi

Août 1936 : en mémoire des évêques martyrs assassinés par haine de la foi

Ce mois d’août marque les 90 ans du martyre de la plupart des évêques espagnols assassinés par haine de la foi lors de la persécution religieuse déclenchée au début de la Guerre civile espagnole. Entre le 5 et le 30 août 1936, dix prélats furent fusillés après avoir refusé, dans la plupart des cas, d’abandonner leurs diocèses ou de renoncer à leur condition d’évêques. Deux autres évêques et un administrateur apostolique viendraient s’ajouter ultérieurement à cette liste, victimes de la même persécution.

Après l’assassinat, en juillet, de mons. Eustaquio Nieto, évêque de Sigüenza, la violence contre l’épiscopat atteignit son paroxysme au cours du mois d’août. Beaucoup de ces pasteurs restèrent auprès de leur clergé et de leurs fidèles malgré le danger, refusèrent les possibilités de fuite qui leur furent offertes et affrontèrent la mort en restant fidèles à leur ministère.

Le début des martyres

Le premier fut mons. Salvio Huix, évêque de Lérida, fusillé le 5 août après avoir refusé de renoncer à sa condition épiscopale. Il avait décidé de demeurer dans son diocèse malgré l’avancée de la persécution religieuse.

Trois jours plus tard, le 8 août, furent martyrisés mons. Cruz Laplana, évêque de Cuenca, et mons. Florentino Asensio, administrateur apostolique de Barbastro. Laplana refusa d’abandonner son clergé et rejeta la possibilité de s’enfuir déguisé. Asensio, consacré évêque quelques mois seulement auparavant, subit de graves tortures pendant sa captivité avant d’être fusillé alors qu’il bénissait et pardonnait à ses bourreaux.

La persécution se poursuivit le 9 août avec l’assassinat de mons. Miguel Serra, évêque de Segorbe, arrêté avec d’autres ecclésiastiques et exécuté après avoir subi des mauvais traitements pendant sa captivité.

Août s’acheva par de nouveaux assassinats

Le 12 août accédèrent au martyre mons. Manuel Basulto, évêque de Jaén, et mons. Manuel Borrás, évêque auxiliaire de Tarragone.

Basulto avait été arrêté avec plusieurs membres de sa famille et restait emprisonné dans la cathédrale de Jaén, transformée en prison. Il fut exécuté lors d’un transfert en train avec d’autres détenus. Borrás, quant à lui, fut arrêté avec le cardinal Francisco de Asís Vidal y Barraquer. Tandis que le cardinal parvint à quitter l’Espagne, l’évêque resta prisonnier jusqu’à être fusillé à Tarragone.

Le 22 août fut assassiné mons. Narciso de Estenaga, évêque de Ciudad Real et prieur des Ordres militaires. Après l’assaut du palais épiscopal, il se réfugia chez des amis, où il fut repéré par des miliciens et conduit aux abords de la ville pour y être exécuté.

La persécution culmina avec le martyre, le 30 août, de mons. Diego Ventaja, évêque d’Almería, et de mons. Manuel Medina, évêque de Guadix. Tous deux restèrent auprès de leurs prêtres après le déclenchement de la guerre et subirent la prison ainsi que de nombreuses vexations avant d’être fusillés dans le ravin du Chisme, sur la commune d’Almería de Vícar.

Les derniers prélats assassinés pendant la guerre

La persécution religieuse se poursuivit tout au long du conflit.

L’administrateur apostolique d’Orihuela, Juan de Dios Ponce y Pozo, fut fusillé le 30 novembre 1936, après être resté caché pendant plusieurs mois.

Trois jours plus tard, le 3 décembre, fut assassiné mons. Manuel Irurita, évêque de Barcelone. Sa cause de béatification reste ouverte et il est le seul des prélats assassinés pendant la Guerre civile qui n’a pas encore été officiellement reconnu comme martyr par l’Église.

Enfin, mons. Anselmo Polanco, évêque de Teruel et religieux augustin. Arrêté en janvier 1938, il resta emprisonné pendant treize mois jusqu’à être fusillé en février 1939, quelques semaines avant la fin de la guerre.

Le témoignage des évêques martyrs

L’Église a officiellement reconnu comme martyrs la quasi-totalité de ces prélats, considérant qu’ils furent assassinés par haine de la foi. Leurs causes de béatification soulignent leur fidélité à l’Église, leur décision de rester auprès de leurs diocèses aux moments de plus grande persécution et le pardon qu’ils offrirent à leurs bourreaux avant de mourir.

Quatre-vingt-dix ans plus tard, le témoignage de ces évêques occupe toujours une place importante dans la mémoire de l’Église en Espagne, comme expression de la persécution religieuse subie pendant la Guerre civile et de la fidélité de ceux qui donnèrent leur vie sans renoncer à leur foi.

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