¿Ultracatholique et opposée à François ? Qui est Montserrat Alvarado, la nouvelle préfète de la Communication du Vatican

¿Ultracatholique et opposée à François ? Qui est Montserrat Alvarado, la nouvelle préfète de la Communication du Vatican
Montse Alvarado, president and chief operating officer of EWTN News Inc., the EWTN Global Catholic Network, is pictured in an undated photo. Pope Leo XIV appointed Alvarado as prefect of the Vatican's Dicastery for Communication on June 2, 2026. (OSV News photo/courtesy EWTN Global Catholic Network)

À 39 ans, María Montserrat Alvarado est devenue l’un des nominations les plus commentées du pontificat de Léon XIV. Tandis que certains médias progressistes la présentent comme une figure « ultraconservatrice » et critique envers François en raison de son parcours à la tête d’EWTN News, d’autres soulignent précisément ce qui explique son ascension : une solide expérience dans la défense de la liberté religieuse, un vaste parcours dans la gestion de médias catholiques internationaux et une réputation forgée au fil des années au sein de certaines des institutions les plus influentes du catholicisme américain.

Mexicaine de naissance, américaine par adoption et future préfète du Dicastère pour la Communication à compter du 1er novembre prochain, Alvarado arrive au Vatican avec le défi de coordonner l’ensemble de la structure communicationnelle du Saint-Siège pour diriger l’un des domaines les plus stratégiques de la Curie romaine.

Un parcours bâti sur la défense de la liberté religieuse

Née à Mexico, Alvarado a poursuivi ses études à la Florida International University et à la George Washington University. Pendant plus d’une décennie, elle a développé sa carrière au Becket Fund for Religious Liberty, l’une des organisations les plus prestigieuses des États-Unis consacrées à la défense de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.

Elle parle espagnol, anglais et français. Entre 2009 et 2023, elle a occupé divers postes de responsabilité au sein de cette institution, participant à des initiatives visant à protéger les droits des croyants, des communautés religieuses et des institutions catholiques face à des réglementations jugées préjudiciables à leurs convictions.

Son passage au Becket lui a permis d’acquérir une expérience dans les domaines juridique, institutionnel et communicationnel, tout en consolidant une réputation de professionnelle rigoureuse et engagée dans la défense de la dignité humaine et des libertés fondamentales. Ce parcours a été résumé par The Wall Street Journal, qui l’a décrite comme « une défenseure de toutes les religions en première ligne des guerres culturelles aux États-Unis ».

La dirigeante qui a consolidé la croissance d’EWTN News

En 2023, elle a été nommée présidente et directrice des opérations d’EWTN News, la division d’information d’Eternal Word Television Network, le réseau de communication fondé par Mère Angélica et considéré comme le plus grand groupe médiatique catholique du monde.

À ce poste, elle a dirigé une structure internationale complexe qui produit des contenus en sept langues via la télévision, la radio, la presse écrite, les médias numériques et les réseaux sociaux.

Sa gestion a été particulièrement saluée pour sa capacité à intégrer différents formats de communication et pour son engagement à renforcer la présence catholique dans le domaine numérique, l’un des grands défis actuels de l’évangélisation.

Après l’annonce de sa nomination, EWTN a souligné précisément son engagement en faveur d’une communication centrée sur « la proclamation de la vérité de Jésus-Christ et des enseignements de son Église avec clarté, fidélité et charité ».

Un dicastère créé par François en 2015

Alvarado succédera à Paolo Ruffini, qui dirige le Dicastère pour la Communication depuis 2018 et a atteint l’âge de la retraite.

Dans ses premières déclarations après l’annonce de la nouvelle, la future préfète a déclaré avoir reçu cette nomination « avec une profonde gratitude, humilité et confiance dans le Seigneur » et a exprimé son désir de servir le Saint-Père au début de son pontificat.

Elle a également remercié le travail accompli par Ruffini et a exprimé sa volonté de continuer à renforcer le dicastère afin qu’il continue de servir l’Église dans sa mission de communiquer le Christ au monde.

Une femme peut-elle diriger ce dicastère ?

La désignation de Montserrat Alvarado a également suscité des interrogations sur une question canonique déjà apparue lors d’autres nominations récentes au sein de la Curie romaine. Cependant, dans ce cas, il n’existe aucun problème juridique ni doctrinal, car le Dicastère pour la Communication n’exerce pas de pouvoir de régime ou de juridiction, c’est-à-dire qu’il n’exerce pas de fonctions impliquant l’exercice de l’autorité propre au gouvernement ecclésiastique.

Bien que le canon 129 établisse que ceux qui ont reçu l’ordre sacré sont les sujets habilités à exercer le pouvoir de régime, il précise expressément que « dans l’exercice de ce pouvoir, les fidèles laïcs peuvent coopérer conformément au droit ». C’est pourquoi la nomination d’Alvarado ne pose aucune difficulté canonique et met l’accent sur ce qui est vraiment pertinent : sa formation, son expérience et son environnement professionnel.

Une nomination chargée de symbolisme

Le choix de Montserrat Alvarado possède également une dimension symbolique qu’il ne faut pas négliger.

La future préfète vient d’EWTN, une institution qui, pendant des années, a maintenu une ligne éditoriale fréquemment critique à l’égard de certaines décisions et orientations du pontificat de François ; des divergences qui sont devenues publiques à plusieurs reprises.

En 2021, François lui-même a fait allusion à « une grande chaîne de télévision catholique » qui, selon lui, parlait continuellement de lui en mal. Bien qu’il n’ait pas mentionné explicitement EWTN, il n’était pas nécessaire d’en dire plus pour reconnaître la chaîne fondée par Mère Angélica. À cette occasion, le Pontife est même allé jusqu’à affirmer que ces attaques étaient « l’œuvre du diable ».

Ce qui dérange certains milieux

Cataloguée comme ultraconservatrice et opposée au pape François par les médias les plus progressistes, elle a suscité une réaction qui a mis en évidence la portée de cette décision. Certains d’entre eux ont ouvertement reconnu la difficulté d’accepter une nomination qui combine deux éléments qu’ils ne s’attendaient pas à voir réunis : la promotion d’une femme à l’un des postes les plus importants de la Curie et l’arrivée à ce poste d’une dirigeante identifiée à une vision clairement conservatrice et critique dans la défense de la liberté religieuse et de la fidélité doctrinale.

Ce malaise est significatif car il révèle que le débat ne porte pas vraiment sur la présence féminine dans des responsabilités de gouvernement, mais sur le profil concret de la personne choisie.

Une nouvelle étape pour la communication vaticane

La responsabilité qu’assumera Alvarado en novembre prochain sera immense. Sur ses épaules reposera la coordination de toute la machine communicationnelle du Saint-Siège à une époque marquée par l’accélération technologique, les réseaux sociaux et la fragmentation croissante de l’écosystème de l’information.

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