Pedro Mejías / acTÚa Familia.- En une seule journée, près de 30 000 personnes ont traversé vers Ceuta, une ville de 80 000 habitants. Ce n’était pas un flux migratoire spontané. C’était une opération de pression calculée que le Maroc exerce sur un territoire qu’il continue de considérer comme sien. C’est la version contemporaine de la Marche verte : une offensive hybride qui combine démographie, frontière et déstabilisation.
Les services de renseignement espagnols affirment que, contrairement à 2021, Rabat n’a pas encouragé ce mouvement cette fois-ci. Il est difficile de le croire quand les gendarmes observaient sans intervenir, restaient inactifs ou facilitaient même le passage de contingents de mineurs. Et c’est encore plus difficile à croire quand l’avalanche a coïncidé exactement avec l’anniversaire de l’accession au trône de Mohammed VI.
Le Maroc a parlé de coopération et a envoyé un seul camion avec un canon à eau. Pendant ce temps, les entrées irrégulières se poursuivaient sans interruption, répétant le même schéma que lors de la crise précédente.
Le moment n’était pas non plus le fruit du hasard. Quelques jours auparavant, le président du gouvernement avait visité l’Algérie, réactivé le gazoduc et multiplié les éloges envers le régime algérien. Le Maroc, rival historique de l’Algérie, a interprété ce geste comme une offense.
À cela s’ajoute le précédent de Gibraltar : le retrait de la clôture et le discours de cosouveraineté. Dans les milieux marocains, on défend ouvertement l’application du même schéma à Ceuta et Melilla : l’Espagne assume les coûts et le Maroc obtient le contrôle de facto. Chaque signe de faiblesse est interprété comme une invitation à exercer davantage de pression.
Des facteurs favorables se sont également conjugués : un temps clément, l’absence du président en vacances et une interprétation judiciaire qui empêche les renvois immédiats lorsque l’entrée se fait à la nage, sans avoir forcé des éléments de contention. La réponse technique est prévisible : installer des bouées et des filets qui répondent à la définition légale d’obstacle.
Le gouvernement a utilisé cette décision de la Cour suprême pour détourner les responsabilités. Cependant, l’erreur judiciaire n’explique pas la passivité — ou la connivence — des autorités marocaines, qui est la véritable origine du problème. Pendant ce temps, l’exécutif continue d’encenser la « coopération » de Rabat. La question inévitable est de savoir quel type de dépendance le président entretient avec le monarque marocain et quelle information si sensible peut justifier cette attitude.
Lorsque l’Italie a averti de la possibilité de fermer ses frontières face au risque d’extension de la crise, le ministre Albares a convoqué l’ambassadeur italien pour des consultations, et non celui du Maroc. Ce n’est que lorsque la pression est devenue insoutenable que l’armée a été envoyée et que la frontière de Melilla a été fermée devant des signes d’une avalanche similaire. Pourquoi ces mesures n’ont-elles pas été adoptées dès le premier moment ? Pourquoi n’y avait-il que 42 agents anti-émeutes à Ceuta et 55 agents à la frontière alors que le risque était déjà connu ? Incompétence ou décision délibérée ?
En 2023, le risque d’invasion migratoire a été supprimé du rapport sur la sécurité nationale. Pourquoi a-t-on retiré un danger évident ? Par idéalisme ou pour une autre raison ?
Mais le problème va au-delà de la frontière et de la géopolitique. Chaque vague de ce type accélère un processus de transformation démographique et culturelle déjà en cours en Europe. Il ne s’agit pas seulement de chiffres d’entrées irrégulières : il s’agit de l’islamisation progressive des quartiers, des villes et, à moyen terme, de la société elle-même. acTÚa FAMILIA alerte depuis longtemps sur cette réalité. Sa devise résume clairement ce qui est en jeu : Recouvrer notre Civilisation. Car sans une réponse ferme aux frontières et sans une défense active des valeurs qui ont soutenu l’Occident, ce qui se perd n’est pas seulement le contrôle territorial, mais le caractère même de la société qui l’habite.