Il faut reconnaître que ce ne sont pas des moments faciles pour informer. À tous, qu’ils le reconnaissent ou non, la nouvelle situation et ses conséquences imprévisibles à très court terme nous ont déstabilisés. Les données sont ce qu’elles sont, les rumeurs sont présentées comme telles et ce qui ne figure pas dans un document n’est pas écrit comme s’il y figurait. Troisième jour de bulletins avec plus de questions que de réponses, il est naturel qu’il en soit ainsi, même le très mesuré Parolin semble très déstabilisé. Aujourd’hui nous nous sommes étendus un peu plus que prévu, aujourd’hui nous avons soixante-dix liens externes. Nous avons l’impression d’affronter chaque jour une véritable thèse de doctorat, nous comptons sur la bienveillance des lecteurs face aux erreurs plus que possibles.
Hier le Pape s’est levé, a pris son petit-déjeuner, a fait une physiothérapie complète et a concélébré la messe à midi au dixième étage du Gemelli. Et comme la question de la semaine a été de savoir qui gouverne l’Église pendant qu’il est hospitalisé, nous sommes allés chercher la réponse là où elle se trouvait : dans le Règlement de la Curie qu’il a lui-même promulgué il y a onze mois, dans une Loi fondamentale datant de dix semaines et dans un article vieux de vingt-six ans.
Le bulletin du jeudi
D’abord la forme, qui est déjà une nouvelle par sa répétition : le bulletin n’est pas un communiqué. Il sort par le canal des « Communications aux journalistes », sans numéro ni heure, signé à nouveau par le docteur Luigi Carbone et le professeur Stefano Margaritora. Et il a une version officielle espagnole, de sorte que nous le citons tel quel :
« Ce matin, le Saint-Père s’est soumis aux examens de routine, qui ont donné des résultats normaux. La radiographie thoracique a montré une bonne récupération du poumon opéré. Il a accompli ses activités quotidiennes de manière autonome. La séance de physiothérapie a inclus des activités motrices complètes. En termes généraux, l’évolution postopératoire se déroule normalement. » Auparavant, tôt le matin, il était sorti sur Telegram que le Pape « a bien passé la nuit à l’hôpital, s’est levé et a pris son petit-déjeuner ». Là, le « s’est levé » est déjà exact, soit dit en passant : avant-hier deux médias l’ont écrit alors que le bulletin disait seulement qu’il avait commencé à marcher dans la chambre.
La couverture a été correcte et brève : Adnkronos, RaiNews et Il Tempo ont reproduit le texte. Il Tempo titre sur la « bonne récupération du poumon » en l’attribuant aux médecins, et l’attribution est exacte : elle figure dans le bulletin, mot pour mot.
Messe à midi au dixième étage
C’est L’Osservatore Romano, organe du Saint-Siège, qui le raconte, et la source est Bruni : le Pape avait concélébré mercredi après-midi dans une salle aménagée à cet effet au dixième étage de l’hôpital, « et il en a fait de même aujourd’hui à midi ». Il ne dit pas avec qui. Et il ne dit pas non plus que la chapelle de l’étage est en travaux, cela est établi, depuis le 13 et par la bouche du chef de presse du Gemelli, c’est l’appartement papal traditionnel de cet étage qui est en rénovation.
Et la phrase du jour, également via Bruni et en une seule ligne sans complément : « le Pape a repris l’activité de travail ». C’est tout. L’Osservatore ne précise pas ce qu’il a repris : ni bureaux, ni audiences, ni documents, ni signatures. S’agissant du journal du Saint-Siège, le silence est aussi une information. AgenSIR, de son côté, écrit qu’il l’a reprise « progressivement » ; l’adverbe ne figure ni dans le bulletin, ni dans L’Osservatore, ni dans la citation de Bruni.
Ce que le bulletin continue de ne pas dire
Trois jours de bulletins et le dossier clinique public reste tout aussi court. Il n’y a pas de stade, ni pathologique ni clinique. Il n’est pas fait mention de l’atteinte ganglionnaire ni s’il y a eu lymphadénectomie. Il n’y a pas de profil moléculaire. Il n’y a pas d’histologique définitif : le seul qui existe est l’examen extemporané du 13, fait sur la table d’opération. Il n’y a pas un mot sur la chimiothérapie, la radiothérapie ni la thérapie ciblée. Il n’y a pas de pronostic, ni de date de sortie, ni mention du voyage. Et aucun bulletin n’annonce le suivant.
C’est la raison pour laquelle les questions que pose Silere non possum sur les ganglions et le stade sont légitimes : nous les avons vérifiées par rapport aux textes officiels des 14 et 15 et aucun ne les mentionne. La lacune existe. Ce qui n’est pas une question ouverte, bien qu’elle vienne sous forme de question, c’est de suggérer un mobile à partir de la santé des membres de la famille du Pape. Et il y a dans ce même article une imputation nominative contre Matteo Bruni —qui organiserait des rencontres avec des journalistes en marge du Dicastère pour la Communication, avec des informations obtenues de gendarmes et de collaborateurs— soutenue par rien d’autre que l’affirmation de l’auteur.
Le reproche tombe de lui-même, d’ailleurs, par le calendrier : le jour où il est publié, Bruni parle aux journalistes à visage découvert, et c’est ainsi que le rapportent L’Osservatore Romano et Il Messaggero. Attaquer l’off the record le jour où l’information est on the record a son sel. Le deuxième article du site, en revanche, est une chronique utilisable, concorde avec le registre officiel et a même anticipé le rosaire du cardinal Comastri.
Soupçonné et su ne sont pas la même chose
Giovanni Panettiere a publié dans Quotidiano Nazionale une comparaison entre François et Léon XIV face à la médecine, et au passage a fait un pas que personne n’avait fait : que le Pape « savait déjà depuis quelques jours que celle du poumon était une lésion tumorale, maligne », et que l’opération et la biopsie « n’ont fait que confirmer les premières indications ». Il le soutient par des « milieux vaticans » anonymes.
Le document dit autre chose. Le bulletin du 13 parle d’un adénocarcinome confirmé par la biopsie peropératoire « comme on le soupçonnait par les examens préopératoires », et à l’Angélus le Pape a parlé d’un nodule. Soupçonné n’est pas su, et la différence n’est pas une nuance : cela change le récit de ce dimanche-là. Jusqu’à Silere non possum, qui n’est pas prudent, s’en est tenu à « soupçonné ».
Trois attributions qui ne tiennent pas
Elles vont ensemble parce qu’elles sont du même jour et du même genre. Corriere Roma titre « le bulletin du Gemelli » et écrit dans le corps « le bulletin quotidien depuis le Gemelli » : le bulletin n’est pas de l’hôpital, il est signé par le médecin personnel du Pape et le chirurgien qui l’a opéré, et il est diffusé par un canal de la Salle de Presse. Sky TG24 l’appelle bulletin médical, ce qui n’est pas non plus le cas, et ajoute des chiffres de l’itinéraire —trente et un mille kilomètres, quinze étapes— qui ne figurent dans aucune source vaticane publiée.
Et Editoriale Domani fait quelque chose de pire que se tromper de nom. Il met entre guillemets « si nécessaire le pontificat pourra être réajusté », au passif et sans sujet, alors que la phrase de Parolin est active et a le Pape comme sujet ; et il met aussi entre guillemets un « s’il va bien il le fera depuis le Gemelli » que personne d’autre n’a. Ce sont des réécritures présentées comme citation. Il attribue en outre à « l’oncologue du pontife », sans nom, qu’il faudra une semaine pour décider du voyage : cela ne figure dans aucun document officiel et aucun autre média ne le rapporte. Le plus propre du jour, pour servir de contraste, est Adnkronos, qui transcrit Parolin longuement et en style direct et ne lui attribue du bulletin rien qui n’y figure.
Parolin, à micro ouvert
Le Secrétaire d’État a parlé hier avec les journalistes en marge d’un événement de l’ambassade d’Irak auprès du Saint-Siège et a dit trois choses. La première, personnelle : « je continue d’être inquiet parce que ce qui s’est passé me peine vraiment énormément. Mais je me fie aux nouvelles qui nous ont été données avec les bulletins ». La deuxième, opérationnelle et au conditionnel : « si pour le week-end il va mieux, je crois qu’il fera l’Angélus depuis le Gemelli », qui est une hypothèse de sa part et non une annonce.
Et la troisième est celle qu’il faut lire deux fois, précédée d’une prudence de sa part que certains médias ont coupée : « cela fait à peine deux jours que le Pape est entré, on ne peut faire aucune prévision d’aucune sorte », et alors, « ensuite le Pape réajustera aussi son pontificat, s’il est nécessaire de le réajuster ». Le verbe qu’il a utilisé est rimodulare, pas rimodellare : réajuster, recalibrer, adapter le rythme et l’intensité. Pas refaire le design. Celui qui la traduira par « remodelera » —et nous en avons été à deux doigts— lui donne une charge structurelle que l’italien n’a pas. Après avoir dit que s’il allait mieux il pensait qu’il le ferait depuis le Gemelli, Parolin a ajouté : « mais ce sont toutes des conjectures que je fais, sans avoir de nouvelles ». AgenSIR et Adnkronos le rapportent ; ANSA a présenté la prévision comme ferme et a omis le frein. Le Secrétaire d’État étiquetant ses propres paroles comme conjecture est, en outre, une leçon de méthode que l’on ne voit pas tous les jours.
Sur le voyage il a dit beaucoup plus que ce qui a circulé : « c’est un voyage long et exigeant, cela dépendra des médecins » ; que « la décision initiale quand le Pape est entré était que le voyage serait maintenu sous la forme prévue » ; que « j’imagine que si tout va bien le voyage se fera, et si ensuite il y a des nouveautés cela nous ne pouvons pas le prévoir » ; et, si jamais il restait un doute, que « le Pape ne s’est pas encore prononcé sur ce sujet ». À la présidente péruvienne, qui attendait des nouvelles, il a répondu par une phrase qui vaut pour toute la semaine : « quand il y aura des nouvelles nous les donnerons, mais il faut avoir les nouvelles pour les donner ».
De l’ambiance dans les palais sacrés, il a dit que l’annonce « a été une grande surprise » mais que « le climat est assez serein, il y a de la confiance et l’espoir est qu’elle puisse se résoudre en peu de temps et de manière définitive ». AgenSIR et Sky TG24 le rapportent avec les mêmes guillemets.
Qui gouverne, et pourquoi on peut signer depuis un lit
La réponse se trouvait dans un document que Léon XIV lui-même a promulgué le 23 novembre de l’année dernière et qui est entré en vigueur le 1er janvier : le Règlement général de la Curie romaine, approuvé ad experimentum pour cinq ans. Son article 31 §3 dispose que le dossier « doit être laissé au Pontife romain, afin qu’il puisse l’examiner personnellement et communiquer ensuite sa décision de la manière qu’il jugera opportune », et l’article 33 §2 que les décisions les plus importantes doivent lui être soumises pour approbation.
C’est-à-dire : le traitement est conçu comme documentaire, pas comme présentiel. Il n’exige pas d’audience ni de présence physique. C’est pourquoi le 13 octobre, le jour de la lobectomie, a été nommé évêque d’Itabira-Fabriciano et coadjuteur de Huehuetenango ; le 14 a été acceptée la démission de monseigneur Bernard Bober du gouvernement pastoral de Košice et ont été nommés deux archevêques métropolitains, de Košice et de Cuiabá ; et le 15, l’évêque de Ponta de Pedras. Il n’y a pas de suppléance parce qu’il n’en faut aucune.
Il convient de ne pas l’enfler, cela dit. Le traitement du 15 a été d’une seule nouvelle nomination : l’ordination épiscopale de l’évêque de Haimen que rapporte le Bulletin d’hier correspond à une nomination du 24 août, et l’union de l’éparchie de Cluj-Gherla est signée par l’archevêque majeur des Roumains, pas par le Pape. Et l’audience au président de la République dominicaine ne l’a pas donnée le Pape : ce sont Parolin et Gallagher qui l’ont donnée à la Secrétairerie d’État.
Le seul canoniste avec un nom qui a parlé toute la semaine l’a dit avec moins de mots. Le cardinal Gianfranco Ghirlanda, ancien recteur de la Grégorienne, à Quotidiano Nazionale : « le Pape ne perd pas ses prérogatives même pendant l’hospitalisation », « pendant le temps prévu pour l’anesthésie continue le gouvernement ordinaire de la Curie romaine » et « le siège vacant ne se produit qu’en cas de mort ou de renonciation du Pontife ».
Il y a en outre un détail de forme qui nous avait échappé : dans les Bulletins des 13, 14 et 15 il n’y a pas une seule entrée de « Les Audiences ». Depuis l’hospitalisation aucune audience papale n’a été publiée. Et celle du président de la République dominicaine —Parolin et Gallagher à la Secrétairerie d’État, pour parler des relations bilatérales et de la criminalité organisée transnationale— est le seul acte diplomatique qui a absorbé la Secrétairerie. Il n’y a donc pas de substitution systématique : il y a un agenda suspendu et un acte reconduit. Le communiqué, d’ailleurs, ne mentionne le Pape en aucun point, ni n’explique pourquoi il n’a pas donné lui-même l’audience.
Et la chronique que tout le monde va citer, sans une seule source
La Sicilia a publié hier soir Le staffette dei gendarmi portano al Papa i documenti urgenti al Gemelli, sous l’étiquette « il retroscena » : des liaisons de la Gendarmerie qui arrivent au polyclinique « pour livrer au Pape Léon XIV les documents les plus urgents provenant du Vatican », un service qui lui permet « de se tenir au courant des questions de gouvernement du Saint-Siège et d’apposer sa signature sur les actes qui le requièrent ».
Cela s’emboîte si bien avec ce qui précède que cela donne la flemme de dire ce qu’il faut dire : l’article n’a pas de source. Aucune. Il ne dit pas « sources vaticanes », ni « on sait », ni « selon ce qu’on a pu savoir ». Il ne porte pas de signature personnelle, il ne porte pas de crédit d’agence et personne ne l’a repris : seulement ce journal et sa propre traduction en anglais. Les paragraphes attribués de l’article sont les habituels —le bulletin, la reprise du travail, la visite du Substitut pour les Affaires générales, l’archevêque Paolo Rudelli—, et justement ce que promet le titre est ce qui va sans attribution. Nous avons été à deux doigts de la prendre pour bonne parce qu’elle confirmait ce que nous pensions déjà. Ce qui est documenté, publié et signé par le Pape lui-même est le Règlement de la Curie, qui dit que le dossier lui est laissé pour qu’il l’examine personnellement. Ce qui n’est pas documenté c’est comment il lui est laissé. Et la chronique qui le raconte —et qui va beaucoup circuler, parce qu’elle est bonne et sonne vraie— ne s’appuie sur rien. Elle peut être rigoureusement vraie, mais elle n’est pas attestée.
Et ce qu’aucune norme ne résout
Cela dit, il reste le vide, et cette semaine il est apparu au grand jour. Le canon 335 dispose que, quand le siège romain devient vacant ou totalement empêché, rien n’est innové dans le régime de l’Église universelle, et renvoie aux « lois spéciales données pour ces cas ». Pour le siège vacant ces lois existent et ce sont Universi Dominici Gregis. Pour le siège empêché elles n’existent pas. Et le contraste est domestique : le canon 412 définit quand un siège épiscopal est empêché, et le 413, à la page suivante du Code, dit qui gouverne alors le diocèse. Pour le Siège apostolique il n’y a pas d’équivalent.
James H. Provost l’a signalé dans America le 30 septembre de l’année 2000, avec une clarté que personne n’a améliorée : « bien que Jean-Paul II ait promulgué en 1996 de nouvelles normes pour le siège vacant, il n’existe toujours pas de lois spéciales régissant ce qu’il faut faire si le Siège apostolique devient empêché. C’est un vide assez grave dans le droit constitutionnel de l’Église ». Vingt-six ans plus tard cela reste une citation d’actualité. La canoniste Geraldina Boni a appelé en 2021 la science canonique à rédiger une proposition de loi sur précisément cela.
Et il y a un nouveau document qui aurait pu le combler et ne le comble pas. La Loi fondamentale de l’État de la Cité du Vatican, promulguée par Léon XIV le 31 juillet de cette année et qui remplace entièrement celle de 2023, dit dans son article 1 que le Souverain Pontife, Souverain de l’État, « a la plénitude du pouvoir de gouvernement », et prévoit un seul cas d’interruption, le siège vacant, dans l’article 3. En revanche elle règle avec minutie ce qui se passe « en cas d’absence ou d’empêchement » du Président du Gouvernorat, du Secrétaire général et du Vice-secrétaire général, avec une chaîne de substitution nommée et avec la limite expresse que le substitut ne peut pas édicter des dispositions ayant force de loi.
Une Loi fondamentale vieille de dix semaines qui résout ce qui se passe si manque le Secrétaire général et ne dit pas un mot sur ce qui se passe si manque le Souverain. Du Pape elle ne prévoit que qu’il meure ou qu’il renonce. Il convient de ne pas exagérer le trou : l’État continuerait de fonctionner, parce que la fonction législative est exercée par la Commission pontificale, l’exécutive par le Président du Gouvernorat et la judiciaire par les tribunaux au nom du Pontife. Le vide n’est pas celui de l’administration vaticane, c’est celui du pouvoir suprême de l’Église universelle.
Le voyage, avec les chiffres du Bulletin
Le voyage est fixé par le Bulletin du 5 août : Uruguay, Argentine et Pérou du 6 au 17 novembre, avec Montevideo, Paysandú et Florida ; Buenos Aires, Córdoba et Luján ; Lima, Chiclayo, Cusco et Pucallpa. Et il existe un programme détaillé depuis le 21 septembre, qui ajoute Claypole, Pimentel, Santa Cruz de Succhabamba et Zaña : quatorze localités hors de Rome.
Comme ces jours-ci des chiffres d’agence ont été manipulés, nous les donnons comptés sur le document. Déplacements aériens : quatorze, douze en avion et deux en hélicoptère. Interventions papales prévues : trente-cinq, dont seize discours, treize homélies et six saluts. Le chiffre de « plus de quarante discours », si l’on compte les actes au lieu des textes, le programme en recueille quarante-huit. L’exigence de l’ensemble est : douze jours, quatorze vols et trente-cinq interventions.
Comment reporter un voyage papal
S’il faut le reporter, la procédure est documentée et ne laisse pas de marge à la surprise. C’est le directeur de la Salle de Presse qui l’annonce, dans une déclaration avec un numéro propre de Bulletin : ni le Pape, ni la Secrétairerie d’État, ni un dicastère. Et la formule a toujours les mêmes trois pièces : la décision attribuée aux médecins, le regret du Pape et la destination de l’engagement.
Les deux précédents récents le montrent. Le voyage au Congo et au Soudan du Sud, prévu du 2 au 7 juillet 2022, a été reporté par Bulletin du 10 juin, vingt-deux jours avant : « accédant à la demande des médecins, et pour ne pas compromettre les résultats des thérapies du genou encore en cours, le Saint-Père se voit contraint, à regret, de reporter le Voyage apostolique […] à une nouvelle date à déterminer ». La COP28 de Dubaï, en revanche, a été annulée par Bulletin du 28 novembre 2023, trois jours avant. Notez le lexique : dans un cas posticipare, dans l’autre annullato. Rinviato est le mot de la presse, pas celui du communiqué. Deux jours plus tard, à l’Angélus du 12 juin 2022, François a dit : « à grand regret, en raison des problèmes de la jambe, j’ai dû reporter ma visite à vos pays […]. Je vous prie de m’excuser ».
Et il reste le précédent qu’il convient vraiment de retenir, parce qu’il répond à la question de ce qui se passe avec ce qui est déjà engagé. Dix-sept jours après le report, par Bulletin du 27 juin, François a envoyé le cardinal Parolin à Kinshasa et à Juba « pour montrer sa proximité au peuple congolais et sud-soudanais bien-aimé », du 1er au 8 juillet : les mêmes dates qu’aurait occupées le voyage. Le voyage a eu lieu sept mois plus tard. De sorte que si ces jours-ci le voyage en Amérique est reporté, ce qu’il faudra regarder ce n’est pas seulement le communiqué : ce sera si le Secrétaire d’État apparaît à Montevideo et à Lima en novembre.
État du voyage, aujourd’hui
Aucun organe du Saint-Siège n’a rien dit sur le voyage depuis le diagnostic. Le plus proche est la réponse de Bruni, et il vaut la peine de la donner entière parce qu’elle est habituellement citée tronquée : « nous avons entendu les paroles du Pape, son intention et son désir d’y aller. Ensuite nous verrons ». Depuis le Pérou, la présidente Keiko Fujimori a dit que la récupération prendra plusieurs semaines et que c’est pourquoi le programme pourrait changer. MilanoFinanza le résume avec précision : le voyage « reste confirmé, sauf indications contraires », et un programme allégé « est une possibilité, pas encore une décision officielle ». Personne, dans aucun média, ne donne de délai pour la décision.
Et Assise, qui n’est pas un voyage papal
Il faut le distinguer, parce que l’on est en train de mélanger. Celui du 27 octobre à Assise n’est pas un voyage apostolique convoqué par le Pape : c’est la rencontre internationale annuelle de la Communauté de Sant’Egidio, « Pace disarmata e disarmante », du 25 au 27, avec 384 représentants de 53 pays. Vatican News a annoncé que celui qui clôturerait la rencontre cette année serait Léon XIV, priant avec les chrétiens dans la Basilique inférieure aux côtés du patriarche Bartholomée. Ce sont quarante ans de la Journée mondiale de prière pour la paix que Jean-Paul II y a convoquée le 27 octobre 1986, mais celle d’aujourd’hui est convoquée par Sant’Egidio. Elle n’est pas annoncée dans le Bulletin comme visite papale. Sur la question de savoir s’il ira, Umbria24 rapporte un « vedremo » d’une source vaticane anonyme à des questions du Corriere della Sera. Nous ne le confondons pas avec le « ensuite nous verrons » de Bruni, qui portait sur l’Amérique.
Sept cents jours sans un nouveau cardinal
Pendant que l’on discute de qui gouverne, il y a un fait dont presque personne ne parle. Léon XIV n’a créé aucun cardinal pendant tout son pontificat. Ce n’est pas une impression : dans le tableau de distribution des cardinaux vivants par pontificat de création que publie la propre Salle de Presse ne figurent que Jean-Paul II, Benoît XVI et François. Le dernier consistoire de création a été celui du 7 décembre 2024, le dixième de François, avec vingt et un cardinaux. Ce sont six cent soixante-dix-sept jours sans une seule incorporation.
L’arithmétique, à ce jour : 240 cardinaux, 116 électeurs et 124 non électeurs. La page de statistiques de la Salle de Presse donne 241 et 116, mais elle est actualisée au 24 juillet ; la différence d’une unité est la mort du cardinal Júlio Duarte Langa le 3 août. Les électeurs n’ont pas bougé depuis lors pour une raison vérifiable : aucun cardinal vivant n’est né entre le 19 juillet et le 15 octobre 1946. Avertissement pour celui qui arrive par moteur de recherche : la Salle de Presse maintient en ligne un deuxième jeu de pages statistiques figées en janvier 2014.
La dérive des douze prochains mois est de sept électeurs en moins : Collins en janvier, Betori en février, Braz de Aviz en avril, deux Santos Marto en mai, De Kesel en juin, Ramazzini en juillet et Farrell —camerlingue et préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie— le 2 septembre. De 116 à 109, et à 104 à la fin de 2027. En 2026 il y en a déjà eu sept de moins, parmi eux le cardinal Omella, qui a eu quatre-vingts ans le 21 avril. Et 81,9 % des électeurs actuels, 95 sur 116, ont été créés par François ; 17 par Benoît XVI et 4 par Jean-Paul II.
Deux précisions pour ne pas exagérer, qui manquent dans presque tout ce qui s’écrit à ce sujet. Le plafond de cent vingt électeurs existe —Universi Dominici Gregis, numéro 33— mais ce n’est pas une barrière : le numéro 36 établit que le cardinal créé et publié en consistoire a de ce fait même le droit d’élire, et de fait les dix consistoires de François ont laissé le Collège au-dessus de cent vingt, le dernier à cent quarante. Le conclave de 2025 a été le premier célébré avec plus de cent vingt électeurs, cent trente-trois. Et la deuxième : aucune norme n’oblige le Pape à convoquer un consistoire ni à maintenir complet le Collège. Venise n’a pas de chapeau patriarcal depuis quinze ans et Milan pas d’archevêque cardinal depuis neuf, aucun siège n’a droit à un cardinal.
Ce qui existe c’est un engagement de sa part. En janvier il a dit qu’il voulait maintenir les consistoires avec une périodicité annuelle, et en clôturant celui de juin il a ajouté : « je souhaite poursuivre cette rencontre annuelle également à partir de l’année prochaine. Je n’ai pas encore fixé la date : j’espère vous la communiquer vers la fin de cette année ». Ces consistoires sont extraordinaires, consultatifs. L’instrument qui crée des cardinaux, le consistoire ordinaire public, il ne l’a jamais utilisé.
Une nomination lue en clé, et la source dit autre chose
LifeSiteNews publie une analyse avec un titre retentissant : que le Pape a nommé archevêque un évêque qui a soutenu les bénédictions aux couples de même sexe. Il s’agit de Marek Forgáč, nommé archevêque métropolitain de Košice le 14 octobre, une des nominations traitées depuis l’hôpital. Il était auxiliaire du même siège depuis 2016, et préside à la Conférence épiscopale slovaque les commissions pour la Protection des Mineurs et pour la Catéchèse.
Nous sommes allés à la source primaire, qui est une interview de Mária Kostyálová dans la revue Nové Mesto de juillet 2024, et elle dit dans une large mesure le contraire de ce que suggère le titre. Sur ce qui est béni : « ce n’est pas une bénédiction de leur union, mais une bénédiction de la maison, ou des personnes qui sont là ». Interrogé sur la possibilité de lire Fiducia supplicans dans un sens permissif : « c’est une interprétation incorrecte ». Et il soutient l’orientation pastorale de sa conférence épiscopale, qui est restrictive : la bénédiction doit être très brève et simple, sans rite approuvé, ni dans le cadre de rites liturgiques ni avec vêtement liturgique, et en évitant « même la moindre impression d’approbation ou de légalisation ».
Ce qui existe bien dans l’interview c’est une connivence avec François dans le registre pastoral et deux phrases qui, isolées, font titre : que l’histoire d’une personne « peut parfois ne pas s’adapter à un paragraphe concret » et que « le synode porte sur la rencontre avec la personne, pas avec le livre ». Et le « en Slovaquie nous sommes peu préparés » qui donne le titre à l’original slovaque ne se réfère pas à bénir les couples de même sexe, mais à soutenir à la fois la clarté morale et ne blesser personne.
James Martin, deux titres et une citation vieille de neuf ans
Le même média publie que le père James Martin a participé à la procession eucharistique du Napa Institute dans les rues de New York mardi, sixième édition, avec une messe préalable à la cathédrale Saint-Patrick présidée par l’évêque auxiliaire Espaillat, et qu’il a été invité à porter le ciboire sur un tronçon ; il l’a décrit sur les réseaux comme « profondément émouvant ». Il n’y a pas de réaction du Napa Institute ni de l’archidiocèse, et la chronique du National Catholic Register sur cette même procession ne le mentionne pas du tout.
Et il publie aussi que Martin a dit que les homosexuels « sont traités comme des ordures » en leur demandant de ne pas communier. La phrase provient d’un épisode du podcast de The Pillar du 12, dont la transcription n’est pas publiée, donc nous n’avons pas pu la vérifier à la source. Ce que nous avons vérifié c’est que la formule n’est pas nouvelle : America l’a portée en titre en juin 2017, à propos du massacre de Pulse. Et que le titre soude deux parties distinctes de la conversation : le « comme des ordures » est général, et l’exemple de la communion va dans une autre direction. Il figure toujours comme consultant du Dicastère pour la Communication sur la page officielle de structure du dicastère.
Cupich, et un avertissement sur une adresse web
Le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, a parlé du cancer du Pape dans une interview avec Elisabetta Piqué pour La Nación : « ce fut un choc, ce fut choquant », « les gens sont très inquiets, même préoccupés », « la situation se réduit à décider s’il peut voler ou non » et « on m’a dit que c’est une affection très traitable ». Dans la version anglaise, avec Gerard O’Connell, il ajoute : « j’applaudis le Saint-Siège et le Saint-Père pour la transparence qu’ils ont montrée en ce moment ».
Et l’avertissement, qui est d’office : l’adresse web avec laquelle cette interview circule réunit le nom du cardinal et le mot cancer, et de là est sorti plus d’un malentendu. Cupich n’a annoncé aucune maladie. Il parle du Pape.
Les gens, et un titre sans corps
Les files d’attente continuent sur la place, avec des chapelets à la main et des gens arrêtés en silence devant la façade. AgenSIR le raconte avec une seule citation, et anonyme : « nous avons besoin de son guide spirituel, disent certains pèlerins ». La phrase du titre, « nous l’attendons bientôt parmi nous », n’apparaît pas dans le corps de l’article, de sorte qu’elle ne peut être attribuée à personne. Avec nom et provenance il y a bien des témoignages, recueillis la veille par Daniele Piccini pour Vatican News : don Roland Elsner, de Görlitz, pour qui ce qui devait être une audience avec le Pape s’est transformé en un moment de prière ; Robin Weeks, de Caroline du Sud ; José Zozaya, mexicain, qui espère le revoir bientôt sur la place ; et don Michael Antony, de l’Inde. Hier soir il y a eu un chapelet à huit heures à Sant’Anna in Vaticano, présidé par le cardinal Angelo Comastri, à Marie qui défait les nœuds. Et nous clarifions une confusion que nous avons vue ces jours-ci : les chapelets avec des flambeaux sur la place Saint-Pierre sont les samedis d’octobre à neuf heures du soir. Le prochain est demain.
Comment trois examens sont devenus officiels sans que personne les publie
Cela mérite d’être suivi pas à pas, parce que c’est le cas le plus propre de la semaine. Le 14, ANSA et Il Messaggero ont publié qu’avant l’intervention trois examens avaient été faits —bronchoscopie robotique avec biopsie, scanner thoracique avec contraste et PET—, l’attribuant avec une formule lâche à ce qui « a été su par les médecins ». Le 15, le même journal écrit que « le bureau de presse du Vatican a confirmé » ces trois examens. Nous les avons vérifiés par rapport aux quatre textes officiels qui existent —le communiqué du 13 et les bulletins des 13, 14 et 15— et dans aucun n’apparaît le mot bronchoscopie, ni scanner, ni PET. En quarante-huit heures, et sans qu’aucun document n’intervienne, une attribution à des médecins sans nom est devenue une attribution institutionnelle à la Salle de Presse. Les examens ont pu être faits exactement ainsi. Ce qui ne s’est pas produit c’est que personne ne les ait confirmés officiellement.
Et c’est le même chemin que prend la chronologie. RaiNews, avec la signature d’Ignazio Ingrao pour le Tg1, titre que le Pape « déjà en France avait paru fatigué » et qu’ensuite sont venus les examens et le scanner. Le voyage en France existe et figure sur vatican.va —voyage apostolique en France et au siège de l’UNESCO, du 25 au 28 septembre—, mais des trois maillons de cette chaîne aucun ne porte de source : ni la fatigue, ni les examens, ni le scanner. Le seul ancrage documentaire sur l’origine de la découverte reste ce que le Pape a dit le 11 : que les médecins lui ont trouvé le nodule « récemment, lors de contrôles ». Sans lieu ni date.
Phase n’est pas stade
Ceci est pour le lecteur en espagnol. Le Pape a dit, en italien, que le nodule avait été détecté « in una fase molto iniziale » : phase, mot de profane. Le dépêche d’AFP que El Mundo a publiée la traduit par « en un stade très précoce », ce qui en espagnol médical est autre chose. Et sur cette traduction, dans le même article, l’oncologue David Carbone, de l’Université d’État de l’Ohio, empile : « cela me porte à penser qu’il s’agissait d’une tumeur à un stade très précoce, avec un pronostic plutôt favorable ». La chaîne finit par se lire comme si le Saint-Siège avait donné un stade. Il ne l’a jamais donné.
Dans le même article, Juanita Mora, porte-parole de l’American Lung Association, donne une survie à cinq ans entre 80 et 98 % quand il est détecté à un stade précoce, et David Spigel, du Sarah Cannon Research Institute, dit que le patient « peut guérir ». Le texte avertit, cela dit, que les pronostics varient énormément selon le sous-type et le stade, et aussitôt après publie les chiffres.
Faisons le compte, ce que personne n’a fait. Jusqu’à aujourd’hui ont donné leur avis sur le cas du Pape, avec nom et fonction, Francesco Facciolo, Edoardo Mercadante, Francesco Cognetti et Francesco Blasi en Italie ; Juanita Mora, David Carbone et David Spigel via AFP ; et Mauricio León Rivera, de la Ligue contre le Cancer, au Pérou, qui lui attribue la curabilité et un chiffre allant jusqu’à 70 % « dans certains cas ». Huit spécialistes. Aucun n’a vu le patient, et tous raisonnent sur le même bulletin de cent cinquante mots. Les deux seuls médecins qui l’ont vu, Carbone et Margaritora, signent les bulletins et n’ont donné ni stade, ni ganglions, ni pronostic, ni un seul chiffre.
Le cas extrême est l’article de Mauro Evangelisti du 15, qui construit trois scénarios de traitement —dont un avec quatre cycles de chimiothérapie et immunothérapie ensuite— et publie la taille de la tumeur avec cette formule : « cela n’a pas été officialisé, mais il ressort que les dimensions de l’adénocarcinome ne seraient pas grandes ». « Il ressort » n’est pas une source. Et Facciolo infère que les ganglions médiastinaux étaient indemnes à partir d’un bulletin qui ne mentionne pas les ganglions. Ce qui est notable c’est que les deux spécialistes posent la limite en toutes lettres —Cognetti dit « nous allons trop loin, il est trop tôt pour envisager ce scénario »— et c’est la rédaction qui la franchit.
Justice à qui la mérite : l’article de Franca Giansoldati porte le titre le plus contenu que nous ayons vu dans toute la presse italienne, « les médecins ne parlent pas de chimio », et le mot chimiothérapie n’apparaît à l’intérieur qu’une seule fois et en négatif. Qu’il soit dans l’adresse web est une affaire de positionnement dans les moteurs de recherche, pas du texte. Il a trois autres défauts, cela dit : il met entre guillemets comme officielle une phrase qui ne figure ni dans le communiqué du 13 ni dans le bulletin, supprime l’adjectif de « l’examen histologique extemporané » —de sorte qu’il se lit comme définitif— et écrit Carboni là où le texte officiel dit Carbone.
Le frère, et qui a parlé en réalité
Il circule que Louis Prevost, frère aîné du Pape, a fait une rechute. Il convient de dire de qui sont ces paroles : elles ne sont pas les siennes. Celui qui a parlé, avec CBS News le 13, a été sa femme, Deborah Prevost, et elle a dit qu’il « est sorti de la rémission » il y a trois mois. Lui n’apparaît cité à aucun moment. Myélome multiple diagnostiqué en 2017, traitement en 2019 avec cellules souches et un essai clinique, maintenu à un niveau très bas depuis lors. Et une phrase qui importe : « nous continuons de prier, en gardant le moral pour deux ».
Elle a refusé expressément de dire à quel stade est la maladie de son mari, a dit qu’elle n’avait rien entendu sur la radiothérapie ni la chimiothérapie pour le Pape et qu’elle ne pouvait pas se prononcer sur son état. RPP le rapporte en l’attribuant bien dans le corps, avec la chaîne visible, et comprime la rémission en « rechute » dans le titre ; et ajoute de son propre chef des statistiques générales du myélome. Ce sont des chiffres de la maladie, pas des estimations sur lui, mais ils sont collés au nom d’un malade qui n’a pas parlé. Nous nous en tenons à ce qu’elle a dit, à qui elle l’a dit et quand.
On a demandé à Parolin au sujet de la lettre, et il a répondu
Dans l’article de Giansoldati il y a une question que quelqu’un devait poser et une réponse qu’il convient de fixer avant que l’affaire ne dérape. Interrogé sur la lettre de démission préventive que François a dit avoir signée et remise à son prédécesseur en charge, Parolin a répondu : « cette lettre ne m’a jamais été montrée et je ne l’ai jamais vue », et sur le Pape actuel, « si le Saint-Père a signé quelque chose de semblable je ne le sais pas, mais franchement j’en doute ». Dans le même article, don Roberto Regoli, professeur à la Grégorienne, résout la question de l’anesthésie par une comparaison domestique : « même sous anesthésie le Pape reste le Pape. C’est un peu comme quand il dort, donc il n’y a aucun empêchement, tout rentre dans la normalité ». Avec Ghirlanda, ce sont déjà deux canonistes avec un nom disant la même chose, et aucun des deux ne le dit au conditionnel.
Et nous terminons par l’évangile du jour, vendredi de la XXVIIIe semaine. Il y a quarante-huit ans de l’élection de Jean-Paul II. « Jusqu’aux cheveux de votre tête sont comptés » (Lc 12, 7).
Et la prière de toujours :
« Oremus pro Pontifice nostro Leone. Dominus conservet eum, et vivificet eum, et beatum faciat eum in terra, et non tradat eum in animam inimicorum eius. »