Le Bureau de Presse du Saint-Siège a rendu compte de la conversation, tenue en fin d’après-midi ce lundi 19 octobre. Selon la note, le Pontife a rappelé à Volodímir Zelensky la grave situation d’Oleshky et a fait expressément référence à la demande de trêve humanitaire qu’il avait déjà transmise au président de la Fédération de Russie. Léon XIV a exprimé le souhait que la collaboration des deux parties rende possible l’entrée d’une aide alimentaire et sanitaire, ainsi que « l’évacuation volontaire et sûre de la population civile ». Le texte conclut par la réaffirmation de l’engagement du Saint-Siège en faveur du dialogue et de la paix.
Le communiqué ne mentionne pas la réponse du président ukrainien, ne précise pas qui a initié la conversation ni n’indique d’où le Pape a parlé, alors que vendredi dernier il était encore hospitalisé au Policlinico Gemelli.
Vatican News place cet appel dans le contexte de l’expression employée par Léon XIV dans son récent discours à Metz pour évoquer la guerre en Ukraine : inutile strage, le « massacre inutile ». C’est la même formule par laquelle Benoît XV qualifia la Première Guerre mondiale dans sa note aux pays belligérants du 1er août 1917.
Une ville sans issue
Oleshky, sur la rive gauche du Dniepr, est sous contrôle russe depuis les premiers mois de l’invasion de 2022. Selon des sources de Kiev citées par Vatican News, il reste environ 2 000 personnes dans la localité, dont une cinquantaine d’enfants, qui sont depuis des mois privés d’eau, d’électricité, de médicaments et d’ambulances. Le portail du Vatican ajoute que le pont qui la reliait à Kherson est détruit et que les routes de sortie ainsi que les villages environnants sont minés, de sorte qu’il n’existe aucun couloir d’évacuation.
Les autorités ukrainiennes accusent les forces russes de bloquer le passage humanitaire, tandis que Moscou attribue la responsabilité à Kiev. Les restrictions d’accès à la zone rendent difficile la vérification indépendante de ces données.
Dix-sept mois de contacts avec Kiev
Depuis son élection, Léon XIV s’est entretenu trois fois avec Zelensky et lui a parlé trois autres fois par téléphone, en comptant l’appel de ce lundi. La première conversation téléphonique a eu lieu le 12 mai 2025, quatre jours après le conclave, lorsque le président ukrainien a invité le nouveau Pape à Kiev. Dans ces premiers jours de pontificat, Léon XIV a également proposé le Vatican comme lieu neutre pour négocier la paix.
La première rencontre a eu lieu le 18 mai 2025, après la messe d’inauguration du pontificat, en présence d’Olena Zelenska. Le 9 juillet 2025, ils se sont revus à la Villa Barberini, à Castel Gandolfo, où il a été question de la possibilité d’accueillir des négociations au Vatican. La troisième audience a eu lieu le 9 décembre 2025, de nouveau à Castel Gandolfo, avec les prisonniers de guerre et les enfants ukrainiens déportés en Russie comme sujets centraux. Le 3 avril, à la veille de Pâques, ils ont de nouveau parlé par téléphone au milieu d’une escalade d’attaques russes par drones et missiles.
Ce sont les mêmes dossiers sur lesquels travaille le cardinal Matteo Zuppi, qui s’est rendu deux fois à Kiev et deux autres fois à Moscou. La visite effectuée l’été dernier par Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les Relations avec les États et les Organisations internationales, a donné un nouvel élan à ce travail.
L’appel à Poutine depuis le Gemelli
La conversation avec Zelensky complète la démarche entamée le vendredi 16 octobre. Ce jour-là, Léon XIV a parlé au téléphone avec Vladimir Poutine depuis le Gemelli, où il avait été admis le mardi 13 pour une intervention sur un nodule pulmonaire. Selon le cardinal secrétaire d’État, Pietro Parolin, l’appel a été pris à l’initiative du Pape lui-même, qui a demandé une trêve à Oleshky pour permettre l’arrivée de vivres et de soins médicaux ainsi que l’évacuation