Comment tuer le terroriste

Comment tuer le terroriste
<strong><em>Ejecución en Saigón</em></strong>, de Eddie Adams, 1968 (A la imagen, en la que Nguyễn Ngọc Loan ejecuta al capitán del Viet Cong Nguyễn Văn Lém, se le atribuye a veces haber volcado a la opinión pública estadounidense contra la guerra de Vietnam. Puede que sea cierto o no). [Fuente: Wikipedia]

Par Brad Miner

Le 3 décembre, Nidal Malik Hasan sera exécuté par un peloton d’exécution. L’exécution aura lieu sur les lieux de ses crimes, la base de l’armée américaine de Fort Hood, près de Killeen (Texas), où le 5 novembre 2009 Hasan, médecin de l’armée, a assassiné 13 personnes et blessé plus de 30. Sa culpabilité ne fait aucun doute.

Depuis le couloir de la mort, il a écrit au chef de l’EI, Abu Bakr al-Baghdadi, pour lui demander de le faire « citoyen » du califat, et a déclaré avoir renoncé à la citoyenneté américaine. Al-Baghdadi est mort en 2019 lorsque, acculé par des agents américains, il a fait exploser une ceinture explosive et s’est tué avec deux de ses propres enfants. Le docteur Nidal ne s’est jamais marié et n’a pas d’enfants.

Pendant qu’il attaquait ses victimes, on a entendu Hasan crier « Allahu Akbar ! ». L’armée et le département de la Défense ont initialement qualifié la fusillade de « violence sur le lieu de travail ».

Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, dit que l’exécution de Hasan sera diffusée en direct sur internet. (J’utilise le mot « Défense » et non « Guerre » car aucun changement légal n’a encore été apporté au nom du département).

Mon opinion est que, selon la tradition catholique (et malgré les retouches catéchétiques du pape François), l’exécution de Hasan est justifiée. Après tout :

Qui verse le sang d’un être humain,
par un être humain son sang sera versé ;
car à l’image de Dieu
Il a fait l’être humain. (Genèse 9,6)

Et :

Veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Fais le bien, et tu obtiendras son approbation ; car elle est servante de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains, car ce n’est pas en vain qu’elle porte l’épée. Elle est servante de Dieu pour exécuter la colère sur celui qui fait le mal. (Romains 13,3-4)

Il n’est pas nécessaire d’insister là-dessus. Les opinions sur la moralité et l’efficacité de la peine capitale diffèrent. Le pape François, dans sa révision du Catéchisme d’août 2018 (n° 2266/2267), a qualifié la peine de mort d’« inadmissible » car elle est « un attentat contre l’inviolabilité et la dignité de la personne ». En un sens, cela peut être vrai. Que la peine de mort ait bénéficié de l’approbation de l’Église pendant deux mille ans est indiscutable.

En tout cas, ce qui m’inquiète, c’est la « diffusion » de « l’événement ». Je suis d’accord avec l’estimable Gavin Ashenden pour dire que la diffusion en direct prévue « est indésirable et tragiquement de mauvais goût ».

Et le secrétaire d’État du Vatican, Pietro Parolin (lors d’un événement en l’honneur de saint John Henry Newman), a déclaré : « Il est vraiment incompréhensible que quelqu’un veuille utiliser cette méthode de nos jours. […] Il est certainement inacceptable de faire de la mort un spectacle ».

J’ajoute qu’il est impossible de savoir quelles conséquences aura la diffusion d’une exécution, si ce n’est dire qu’elles peuvent bien être explosives : parmi le peuple américain et parmi les djihadistes.

Dans Furman v. Georgia (1972), Thurgood Marshall a soutenu que le peuple américain, s’il était pleinement informé du processus d’exécution, et plus encore s’il en était témoin, rejetterait la peine de mort. Une fusillade diffusée en direct mettra à l’épreuve « l’hypothèse Marshall » de manières qu’il n’avait jamais imaginées. Cela pourrait même conduire à l’abolition des exécutions aux États-Unis, une conséquence que je soupçonne que des « conservateurs » comme M. Hegseth n’ont pas prise en compte.

La situation de Hasan est déjà bien connue des extrémistes islamiques, qui ont célébré sa fureur meurtrière et l’ont gardé à l’esprit depuis lors. Je serais surpris que les experts en antiterrorisme n’aient pas détecté un nouveau bavardage djihadiste sur les représailles contre le Grand Satan, et ils peuvent être sûrs que l’EI, Al-Qaïda ou Al-Shabaab tireront un bon parti de la diffusion en direct de l’exécution de Hasan, ce qui provoquera la mort de plus d’innocents.

Que justice doit être rendue à Nidal Malik Hasan est indiscutable ; qu’il n’est pas nécessaire de l’accompagner d’un désir canin de publicité, à coups de poitrine, devrait être tout aussi évident.

Lorsque les Forces spéciales des États-Unis ont capturé et tué Oussama ben Laden le 2 mai 2011, Al-Qaïda a juré vengeance contre le territoire américain. Cela ne s’est jamais produit. Mais ils ont pris des représailles… au Pakistan :

Le 13 mai 2011, deux kamikazes ont attaqué un centre d’entraînement de la police des frontières à Charsadda et ont tué environ 80 personnes, pour la plupart de jeunes recrues. Les talibans pakistanais l’ont explicitement revendiqué comme vengeance pour ben Laden.

Le 22 mai 2011, des miliciens ont assailli la base aéronavale PNS Mehran, à Karachi, lors d’un long siège qui a détruit des avions et tué au moins dix membres des forces de sécurité. Cela a également été revendiqué comme vengeance.

Nous ne devrions pas supposer que la réponse djihadiste à l’exécution publique de Hasan sera lointaine, ni être indifférents à la souffrance qu’elle causera, où qu’elle se produise. Et elle se produira.

Il me semble que les États-Unis ont géré la mort de ben Laden de la bonne manière. Son exécution a été menée dans le plus grand secret et est considérée comme une attaque légitime contre un commandant ennemi. En d’autres termes, un acte de guerre justifiable. Le gouvernement Obama l’a enterré en mer et a refusé de diffuser des photos du cadavre. Le président Obama a déclaré publiquement qu’il ne voulait pas que les images soient utilisées comme incitation ou propagande.

Combien de garçons verront la diffusion en direct de l’exécution de Hasan ? L’archevêque Timothy Broglio, qui dirige l’archevêché des services militaires, l’a résumé avec précision :

Pourra-t-on réparer le dommage d’exposer les jeunes et influençables à une diffusion en direct en cette année du 250e anniversaire de notre indépendance ? Les forces armées des États-Unis jouissent généralement d’une bonne réputation dans le monde. A-t-il vraiment une valeur de les mettre dans le même sac que les terroristes en diffusant au monde entier l’image de l’exécution d’un homme en fauteuil roulant ? Cette décision reflète-t-elle la dignité de la personne humaine ?

Le gouvernement actuel a eu tendance à s’engager dans des démonstrations impulsives de force parce qu’il semble croire que les Américains sont devenus « mous ». Je ne crois pas que nous soyons mous. Et vous ?

Par-dessus tout, je crois que le peuple américain veut un gouvernement sensé, et la mesure sensée pour rendre justice à Hasan devrait être une exécution rapide et privée, suivie d’un communiqué succinct : « Aujourd’hui, les États-Unis ont exécuté Nidal Malik Hasan pour le meurtre prémédité de treize personnes le 5 novembre 2009. Aucune autre information ne sera divulguée, y compris le sort de ses restes ».

À propos de l’auteur

Brad Miner est rédacteur en chef senior de The Catholic Thing et chercheur senior du Faith & Reason Institute. Ancien rédacteur littéraire de National Review, il a fait une longue carrière dans l’industrie de l’édition. Parmi ses livres figurent Sons of St. Patrick, écrit avec George J. Marlin, et son best-seller The Compleat Gentleman, également disponible en version audio (lue par Bob Souer). M. Miner a été membre du conseil d’administration d’Aid to the Church in Need USA.

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