L’évêque d’Augsbourg, Mgr Bertram Meier, a mis en garde contre tout « compromis facile » des catholiques face au suicide assisté et a appelé à une défense de la vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. Le prélat allemand a fait ces déclarations lors de la célébration de la solennité de l’Assomption de la Vierge au sanctuaire marial de Maria Vesperbild, en Bavière, où il a présidé la Messe en remplacement de l’abbé primat bénédictin Jeremias Schröder, absent pour cause de maladie.
Meier a lié la question de la fin de vie aux débats qui ont précédemment eu lieu en Allemagne sur l’avortement et a averti que l’Église pourrait être confrontée à une situation similaire face aux propositions de réglementation du suicide assisté. « Là où il s’agit de la vie et de la mort, il n’y a pas de compromis », a-t-il affirmé.
« Nous protégeons et défendons la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle »
L’évêque a pris comme point de départ le oui de la Vierge Marie pour aborder la position que, selon lui, les catholiques doivent maintenir face aux questions liées à la vie humaine.
« Marie, nous admirons ton oui à la vie et nous te prenons comme modèle pour dire oui en tant qu’Église ; non aux critères du monde, mais à la mesure établie par la Parole de Dieu », a-t-il indiqué.
Meier s’est ensuite référé au débat allemand sur le suicide assisté et a établi un parallèle avec les discussions qui ont eu lieu il y a plusieurs décennies autour du système de conseil préalable à l’avortement.
« Nous devons éviter qu’à la fin de la vie humaine il ne nous arrive ce qui s’est produit dans le débat sur son commencement », a-t-il affirmé. L’évêque a rappelé la controverse provoquée dans l’Église allemande par les certificats délivrés par les centres catholiques de conseil aux femmes enceintes, qui pouvaient ensuite être utilisés comme condition légale pour accéder à l’avortement.
Selon Meier, le débat sur le suicide assisté pose actuellement un défi comparable. « Il ne peut y avoir de compromis faciles pour les chrétiens catholiques : nous protégeons et défendons la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, sans aucune exception », a-t-il déclaré.
Rejette le suicide assisté comme service des institutions caritatives
L’évêque a abordé spécifiquement la possibilité que des institutions d’aide liées à l’Église puissent en venir à proposer des procédures liées au suicide assisté après un processus obligatoire de conseil.
« Si l’on envisage d’offrir le suicide assisté comme un service dans les institutions caritatives après le conseil obligatoire, alors l’Église tombe dans une incompréhension d’elle-même », a soutenu Meier.
Le débat revêt une importance particulière en Allemagne après que le Tribunal constitutionnel fédéral ait déclaré en 2020 inconstitutionnelle l’interdiction générale de l’assistance professionnelle au suicide. Depuis lors, le Bundestag a débattu de différentes propositions pour établir une nouvelle réglementation, sans qu’un cadre législatif définitif n’ait été approuvé jusqu’à présent.
Meier a averti lors de son homélie que des projets sont déjà préparés pour aborder à nouveau la question.
« En tant que peuple de la vie, nous sommes le peuple pour la vie »
L’évêque d’Augsbourg a également cité saint Jean-Paul II pour définir la responsabilité des catholiques face à ces questions : « En tant que peuple de la vie, nous sommes le peuple pour la vie ».
Meier a lié cette défense à l’attention actuellement portée à la protection de l’environnement et a demandé que le soin de la création ne relègue pas au second plan la protection de l’être humain.
« Il est bien que nous placions très haut la conservation de la création, mais, s’il vous plaît, pas au détriment de l’homme, couronne de la création », a-t-il affirmé. Il a ensuite utilisé une comparaison pour exprimer cette priorité : « Nous aidons les grenouilles à traverser la route, mais les petits et les faibles, comme les embryons et les personnes âgées, restent en arrière ».
Le prélat a terminé cette partie de son intervention par un appel à maintenir une position reconnaissable face aux questions liées à la vie : « Choisissons la vie ! Luttons pour la vie ! Parlons clairement ! Les chrétiens doivent être identifiables ».
Bertram Meier et les débats de l’Église allemande
Bertram Meier est évêque d’Augsbourg depuis 2020 et a participé aux débats qui ont marqué ces dernières années l’Église catholique en Allemagne. En 2022, il a été l’un des cinq évêques qui ont demandé formellement à Rome des clarifications sur les compétences des nouvelles structures prévues par le Chemin synodal allemand. Le Vatican a répondu par la suite que les organismes synodaux ne pouvaient pas se placer au-dessus de l’autorité des évêques.
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Le prélat a également entretenu des relations avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), dont le séminaire européen se trouve à Wigratzbad, dans son diocèse. En 2023, il a ordonné prêtres dix membres de la fraternité et a expliqué alors que, malgré les différences d’orientation théologique et liturgique, il cherchait à intégrer la FSSP dans la vie de l’Église locale.
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En conclusion de son intervention à Maria Vesperbild, Meier s’est également référé au sanctuaire lui-même, lieu de pèlerinage marial depuis le milieu du XVIIe siècle, et a demandé qu’il continue d’être une « source spirituelle » pour les pèlerins. L’évêque a résumé le message qu’il a voulu transmettre pendant la célébration par une demande adressée aux catholiques : maintenir une position clairement reconnaissable lorsque sont en jeu le commencement et la fin de la vie humaine.