Allégeances erronées

Éditorial Le Semainier de Guadalajara

Allégeances erronées
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La loyauté est décrite comme l’accomplissement de ce qu’exigent la fidélité et l’honneur. C’est une vertu par excellence, sinon la plus grande, qui englobe de nombreuses autres comme la droiture, la noblesse, l’honnêteté et l’engagement.

Cependant, cette même grandeur doit être préservée pour ne pas se confondre avec un amour aveugle, une complicité ou une soumission irrationnelle. Elle est valorisée par tous, indépendamment de leur croyance, de leur condition sociale ou de leur quotient intellectuel.

Ce n’est plus une loyauté envers la Constitution, la loi, les citoyens ou même envers les membres de son propre parti politique. C’est une fausse loyauté, une loyauté de groupe, de tribu et de complicité, qui se protège au-dessus de toute dénonciation, de tout scandale et de toute preuve de corruption.

Le mécanisme est connu et se répète. Une dénonciation apparaît pour abus de pouvoir, détournement de fonds, népotisme ou liens avec des intérêts troubles. L’opinion publique exige une explication. L’opposition demande une enquête. Et au lieu de sanctionner, le gouvernement fédéral fait bloc.

Le président, le secrétaire, le coordinateur parlementaire sortent défendre l’accusé non pas avec des arguments juridiques, mais avec des arguments politiques : c’est une campagne médiatique.

Peu importe le nombre de dossiers d’enquête existant au ministère public, lui aussi coopté par la même logique d’obéissance. Peu importe le nombre de reportages journalistiques documentant des contrats sur mesure, des entreprises fantômes ou l’enrichissement et les voyages inexplicables de proches et d’amis. La consigne est claire : on ne touche pas aux nôtres.

C’est ainsi que s’explique comment des personnages mis en cause pour corruption à Segalmex, l’un des plus grands scandales de détournement d’argent public de l’histoire récente, non seulement n’ont pas mis les pieds en prison, mais ont été réaffectés à d’autres postes.

Comment des fonctionnaires accusés de harcèlement, d’abus sexuel ou de violence de genre ont été maintenus comme candidats sous prétexte qu’ils étaient victimes de lynchage politique. Comment des gouverneurs et ex-gouverneurs dont les États sont plongés dans l’insécurité et le pillage ont été récompensés par des ambassades ou des postes au cabinet fédéral.

Cette protection a un coût institutionnel dévastateur. D’abord, elle détruit le service public. Ce qui compte, c’est la proximité personnelle et la soumission. Une bureaucratie d’inconditionnels qui ne sait pas dire non se crée.

Au final, ce système ne protège personne. Tôt ou tard, l’accumulation de dénonciations, d’abus de pouvoir et de corruption déborde tout récit. La loyauté achetée avec l’impunité finit toujours par se transformer en trahison.

Des loyautés mal placées peuvent exister dans n’importe quel domaine, qu’il soit personnel (amis, collègues, famille), entrepreneurial, institutionnel… Il nous incombe d’identifier les loyautés mal placées et de ne pas leur jouer le jeu en les provoquant ou en gardant le silence.

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