La loi sur le suicide assisté entre en vigueur à New York tandis que l'Église poursuit son combat judiciaire

La loi sur le suicide assisté entre en vigueur à New York tandis que l'Église poursuit son combat judiciaire

La loi qui légalise le suicide assisté dans l’État de New York entre en vigueur ce mercredi 5 août, bien que les institutions catholiques qui ont contesté la norme restent, pour l’instant, protégées par la mesure conservatoire accordée la semaine dernière par un tribunal fédéral. L’Église maintient ainsi ouverte sa bataille judiciaire contre une législation qu’elle considère incompatible avec la dignité inviolable de toute vie humaine.

La loi dénommée Medical Aid in Dying Act, promulguée par la gouverneure Kathy Hochul le mois dernier, permet aux personnes diagnostiquées d’une maladie terminale et d’une espérance de vie de six mois ou moins de demander une prescription médicale pour « mettre fin à leur vie ». La norme, qui établit certaines exigences et contrôles, a suscité une ferme opposition de la part de l’Église catholique et de diverses organisations pro-vie et de défense des personnes handicapées.

Les religieuses restent protégées par les tribunaux

Bien qu’un juge fédéral ait récemment rejeté la demande présentée par plusieurs associations de personnes handicapées en considérant que les demandeurs n’avaient pas de légitimité procédurale, la situation est différente pour les institutions catholiques.

Le diocèse de Rockville Centre et quatre congrégations religieuses — les Carmélites pour les Anciens et Malades, les Petites Sœurs des Pauvres, les Dominicaines de Hawthorne et les Sœurs Missionnaires de Saint Benoît — poursuivent leur recours contre la loi. De plus, une juge fédérale leur a accordé la semaine dernière une mesure conservatoire qui empêche l’État de les obliger à participer à l’application de la norme pendant que le litige est résolu.

Les religieuses soutiennent que faciliter, même indirectement, l’accès au suicide assisté violerait leur liberté religieuse et serait incompatible avec la mission qu’elles développent depuis des décennies au service des personnes âgées et des malades en phase terminale.

« Nous ne nous soumettrons jamais à la culture de la mort »

L’évêque de Rockville Centre, John Barres, a réitéré son rejet de la nouvelle législation et a assuré que le diocèse « ne se soumettra jamais à la culture de la mort ». Le prélat a qualifié le suicide assisté de « grave échec moral » et a rappelé que « le Christ, médecin divin, nous appelle à accompagner les malades et les mourants avec compassion, et non à les abandonner à la mort ».

La Conférence Catholique de l’État de New York avait déjà averti pendant l’examen de la loi que celle-ci transmet aux malades, aux personnes âgées et à ceux qui vivent avec un handicap le message que leur vie a moins de valeur lorsque la souffrance ou la dépendance augmente.

La réponse de l’Église

Avec l’entrée en vigueur de la loi, New York rejoint d’autres États américains qui autorisent le suicide assisté. Cependant, pour l’Église, le véritable chemin face à la souffrance ne consiste pas à provoquer délibérément la mort du patient, mais à renforcer les soins palliatifs, l’accompagnement spirituel et l’attention globale à ceux qui affrontent la fin de leur vie.

La bataille judiciaire engagée par le diocèse de Rockville Centre et plusieurs congrégations religieuses se poursuivra dans les mois à venir et pourrait marquer la portée de la protection de la liberté religieuse face aux lois sur le suicide assisté aux États-Unis.

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