«Il n'y a d'autre dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète» : des mutins scandant la chahada à Ceuta

«Il n'y a d'autre dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète» : des mutins scandant la chahada à Ceuta
Foto: Jon Nazca

Le Gouvernement n’est pas en mesure de fournir un chiffre fiable du nombre d’immigrants qui sont retournés au Maroc et de ceux qui se trouvent encore à Ceuta. Le ballet des chiffres est, en soi, le diagnostic : l’État ne contrôle pas la situation.

Ce qui est avéré, en revanche, c’est ce qui s’est produit dimanche soir. Selon l’agence allemande NIUS, les immigrants que l’armée devait transférer du camp de première accueil jusqu’à la plage pour leur renvoi se sont violemment opposés, ont fait échouer l’opération et ont marché en groupes vers le centre-ville.

Ce qu’ils scandaient — on l’entend distinctement dans les images — est la shahada : «La ilaha illa Allah, Muhammad rasul Allah», la profession de foi islamique, la formule constitutive d’appartenance à l’umma.

Le groupe qui refuse de repartir invoque Allah contre la loi espagnole. Telle est la nature du conflit, et celui qui ne veut pas la voir a décidé de ne pas la voir.

Le Maroc sait ce qu’il fait ; l’Espagne, non

Rien de tout cela n’est nouveau.

En mai 2021, Rabat a poussé dix mille personnes à travers la frontière en à peine deux jours en représailles à l’accueil de Brahim Ghali.

Le Maroc gère la pression migratoire sur Ceuta et Melilla comme un instrument de politique étrangère, avec la revendication territoriale des deux villes toujours sur la table.

Chaque crise constitue un bras de fer, et celle-ci touche une ville de seulement 83 000 habitants, avec une population musulmane qui frôle déjà la moitié du recensement et une communauté chrétienne en déclin démographique.

L’aumône des fidèles, pour les mutins

Dans ce contexte, l’Église à Ceuta annonce que les quêtes du week-end seront intégralement destinées à l’intendance des envahisseurs.

On peut se demander si elles serviront aussi à ceux qui défiaient l’armée en scandant la profession de foi islamique dans les rues.

Remettre l’argent des fidèles ceutis, précisément maintenant et précisément à ce contingent, revient à récompenser la mutinerie avec la quête dominicale de ceux qui la subissent.

Aucun Évangile ne justifie cela ; il y a une hiérarchie qui a renoncé à discerner et appelle miséricorde son abdication.

Les catholiques de Ceuta, qui soutiennent leur foi depuis des décennies à une frontière que Madrid et les curies ne visitent que pour la photo, méritent mieux que de voir leur aumône transformée en ravitaillement du défi.

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