Andorre fixe une date limite pour la dépénalisation de l’avortement : la réforme devra être résolue au cours de cette législature

Andorre fixe une date limite pour la dépénalisation de l’avortement : la réforme devra être résolue au cours de cette législature

Le Gouvernement d’Andorre dispose déjà d’une proposition définitive pour dépénaliser l’avortement, mais il maintient le projet en attente tandis que se poursuivent les discussions avec le Saint-Siège. Après une longue période de négociations discrètes avec Rome, le ministre des Relations institutionnelles, de l’Éducation et des Universités, Ladislau Baró, a reconnu lundi que le texte législatif est entièrement rédigé et prêt à avancer une fois le processus de dialogue actuel achevé.

Selon La Veu Lliure, Baró a affirmé qu’« une proposition normative définitive existe déjà » et que « tout l’aspect technique et philosophique est rédigé et prêt ». Il a toutefois précisé que le Gouvernement ne franchira pas encore l’étape suivante et que les discussions ouvertes avec le Saint-Siège doivent d’abord être menées à terme.

La question a pris de l’ampleur lors de la visite officielle du président français Emmanuel Macron en Andorre le mois dernier. En sa qualité de coprince, Macron a placé la dépénalisation de l’avortement parmi les priorités de son agenda et a abordé la question lors de ses entretiens avec les autorités andorranes.

Une loi achevée en attente de l’issue des négociations

Les déclarations du ministre confirment que le processus est entré dans une phase décisive. Après plusieurs rencontres entre des représentants andorrans et des responsables du Vatican ces derniers mois, le texte visant à dépénaliser l’avortement est désormais finalisé. Ce qui reste ouvert, c’est la négociation politique et institutionnelle qui accompagne la réforme.

Baró a expliqué qu’il reste encore quelques séances de travail avant de clore le dialogue et d’évaluer si la proposition permet d’atteindre les objectifs poursuivis par le Gouvernement andorran. Parmi ceux-ci figure la volonté de dépénaliser la femme en matière d’avortement sans altérer l’équilibre institutionnel de la Principauté.

Le Gouvernement insiste sur le fait que la décision finale revient à l’Andorre

Lors de son intervention, le ministre a tenu à souligner que la décision ultime n’appartient pas au Saint-Siège. « Ce n’est pas le Saint-Siège qui décide de cette question, mais le Consell General, et le Gouvernement doit présenter l’initiative », a-t-il déclaré.

Néanmoins, le fait que le projet reste bloqué alors qu’il est entièrement rédigé met en évidence l’importance que continuent de revêtir les discussions avec Rome sur l’une des questions les plus sensibles de la législature andorrane actuelle.

Une négociation ouverte avec le Vatican

Le dialogue entre l’Andorre et le Saint-Siège sur une éventuelle dépénalisation de l’avortement n’est pas nouveau, mais les discussions se sont intensifiées au cours de la législature actuelle, notamment à la suite des rencontres entre le Gouvernement andorran et la Secrétairerie d’État du Vatican.

L’un des moments les plus marquants a eu lieu en octobre 2025, lorsque le chef du Gouvernement, Xavier Espot, le ministre Ladislau Baró et l’ambassadeur d’Andorre auprès du Saint-Siège se sont réunis au Vatican avec le cardinal Pietro Parolin. À l’issue de cette rencontre, les deux parties ont exprimé leur volonté de poursuivre les travaux afin de trouver une formule permettant d’avancer vers la dépénalisation de l’avortement sans modifier le cadre institutionnel de la Principauté.

Depuis lors, le Gouvernement andorran a insisté à plusieurs reprises sur le fait que le processus nécessite discrétion et temps. Baró a d’ailleurs publiquement reconnu que les délais initialement prévus étaient trop optimistes et que Rome avait demandé de la prudence avant tout progrès public.

Une question qui devra être résolue au cours de cette législature

Lundi, l’attitude d’attente patiente a été abandonnée. Sans fixer de calendrier précis, Baró a assuré que le débat sur la dépénalisation de l’avortement devra être tranché au cours de la présente législature. Le ministre s’est dit convaincu qu’il reste encore une marge de manœuvre pour trouver une solution satisfaisante et a affirmé que l’Andorre est « très loin » de tout scénario de rupture institutionnelle.

Les propos du responsable andorran interviennent après des années de contacts entre le Gouvernement de la Principauté et le Saint-Siège, dans un processus marqué par la discrétion et les reports successifs. Le texte étant désormais rédigé, l’attention se porte désormais sur l’issue de négociations dont le Saint-Siège a longtemps ralenti le dénouement en Andorre.

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