Le Pape préside la prière du Rosaire à l’Abbaye de Montserrat

Le Pape préside la prière du Rosaire à l’Abbaye de Montserrat

Le pape Léon XIV a visité ce mardi l’Abbaye de Notre-Dame de Montserrat, à Barcelone, où il a présidé la récitation du Saint Rosaire devant l’image de la Vierge de Montserrat, connue populairement sous le nom de « La Moreneta ».

La visite au sanctuaire a eu lieu après la rencontre que le Pontife a eue le matin avec les détenus de la prison de Brians 1. Léon XIV s’est ensuite rendu en hélicoptère jusqu’à Montserrat, où il a été accueilli par l’évêque de Sant Feliu de Llobregat, Mgr Xabier Gómez García, et par l’abbé du monastère, Manel Gasch i Hurios.

Dans l’atrium de la basilique l’attendaient près d’un millier d’enfants. Après être entré dans le temple, le Pape a prié quelques instants dans la Chapelle du Saint-Sacrement et s’est ensuite dirigé vers le presbyterium, où a eu lieu la récitation du Rosaire.

Nous vous proposons ci-dessous les paroles de Léon XIV :

Saludo cordialment a Vostra Excel·lència, monsenyor Xavier Gómez García, al Pare Abat de Montserrat Dom Manel Gasch i Huriós. També als Bisbes, sacerdots, religiosos i religioses, seminaristes i tots els fidels que participen en aquest peregrinatge. Particularment, als nens i nenes que ens acompanyen avui. Gràcies per acollir-nos, gràcies per la vostra presència.

[Je salue cordialement Votre Excellence, Mgr Xavier Gómez García, le Père Abbé de Montserrat Dom Manel Gasch i Hurios. Je salue également les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses, les séminaristes et tous les fidèles qui participent à ce pèlerinage. En particulier, les enfants qui nous accompagnent aujourd’hui. Merci de nous accueillir, merci pour votre présence.]

Estic content de poder estar als peus de la Moreneta per encomanar-li, ple de confiança en la seva intercessió maternal, el meu servei petrí i la missió de l’Església en el món que clama demanant justícia i pau.

Amb emoció he recordat els meus anys com a rector de la parroquia de Santa Maria de Montserrat, a Trujillo, Perú. La Moreneta sempre m’ha acompanyat. Gràcies, Catalunya, per la vostra fe.

Els murs d’aquest recinte podrien explicar-nos les innombrables histories de devoció, agraïment i esperança que han contemplat al llarg dels segles al voltant de la Mare de Déu de Montserrat i també han estat testimonis de la sang vessada per amor a Jesucrist.

Així mateix en aquests murs han estat custodiades les alegries i les penes, els goigs i les llàgrimes de tants fidels, i han escoltat també les veus celestials del cant infantil de l’Escolania més antiga d’Europa.

[Je suis heureux de pouvoir venir aux pieds de la Moreneta pour lui confier, plein de confiance en son intercession maternelle, mon service pétrinien et la mission de l’Église dans le monde qui crie en demandant justice et paix.

Je garde un souvenir ému de mes années comme curé de la paroisse de Santa María de Montserrat à Trujillo, au Pérou. La Moreneta m’a toujours accompagné. Merci, Catalogne, pour ta foi.

Les murs de cet enclos pourraient nous raconter les innombrables histoires de dévotion, de gratitude et d’espérance qu’ils ont contemplées au fil des siècles autour de la Mare de Déu de Montserrat et ils ont aussi été témoins du sang versé par amour pour Jésus-Christ.

De même, ils ont gardé les joies et les peines, les joies et les larmes de tant de fidèles, et ils ont aussi entendu les voix célestes du chant enfantin de l’Escolanía la plus ancienne d’Europe.]

Lorsque mon Prédécesseur, le Pape François, en 2023 a offert la rose d’or à cette vénérée image, il nous invitait à considérer comment, pendant des centaines d’années, les fidèles, sans distinction, sont passés par ce Sanctuaire en égrenant les grains du rosaire, car Marie, Mare de Déu, est fondamentale dans la vie de tout chrétien. À cette même occasion, il a souligné que « devant la Mère […] se réveillent les sentiments les plus nobles d’une personne » (Discours aux membres de la Confrérie de la Mare de Déu de Montserrat, 7 octobre 2023) ; en effet, elle suscite en nous des conversions profondes, comme celle de saint Ignace de Loyola, qui dans ce lieu suggestif, après une nuit de prière devant la Vierge, a remis ses armes de chevalier, moment qui a marqué le début d’une nouvelle vie au service de Jésus-Christ.

Avec cette même attitude filiale, je vous invite à accueillir aujourd’hui l’invitation de Marie : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2,5). Ces paroles prononcées à Cana de Galilée contiennent un véritable programme de vie chrétienne, car Marie nous conduit vers le Christ et nous apprend à écouter sa voix, à obéir à sa parole et à nous laisser transformer par Lui. La volonté de Jésus est claire : « Je vous donne ce commandement : aimez-vous les uns les autres » (Jn 15,17). Il s’agit d’un amour qui trouve en Lui-même sa mesure et sa source : « Comme je vous ai aimés » (v.12). C’est pourquoi, lorsque Marie nous dit : « Faites tout ce qu’il vous dira », elle nous invite à acquérir un cœur réconcilié avec les critères de l’Évangile.

Jésus nous montre le chemin de la miséricorde, de la réconciliation, de la vérité et de la douceur. En même temps, il démasque la violence qui peut se cacher dans nos paroles et nos attitudes : la critique qui humilie, la condamnation qui détruit et l’agressivité qui divise. Cette violence cachée peut souvent se revêtir d’armures apparentes avec lesquelles nous essayons de protéger nos blessures, nos peurs ou la souffrance causée par les injustices.

Contemplem a la Mare de Déu de Montserrat que ens mostra Jesús com un nen indefens reposant a la seva falda, doncs aquí està la Mare, amb el seu Fill, convidant-nos a estimar-nos els uns als altres. Deposem avui als seus peus les cuirasses que han endurit poc a poc el cor.

El Nen Déu que Maria sosté en els seus braços, no porta armadures i serà Ell mateix qui després, despullat a la creu s’abandonarà totalment al Pare per salvar-nos amb la força desarmada i desarmant de l’amor.

[Contemplons Marie de Montserrat qui nous montre Jésus comme un enfant sans défense reposant sur ses genoux, car voici qu’Elle est là, auprès de son Fils, nous invitant à nous aimer les uns les autres. Déposons aujourd’hui à ses pieds les cuirasses qui ont peu à peu endurci le cœur.

L’Enfant-Dieu que Marie soutient dans ses bras ne porte pas d’armures et ce sera Lui-même qui, plus tard, nu sur la croix, s’abandonnera totalement au Père pour nous sauver par la force désarmée et désarmante de l’amour.]

Élevons notre regard vers Marie et supplions-la de nous aider à nous revêtir uniquement des armes de Dieu, comme nous y exhorte saint Paul. « Ceignez votre taille avec la vérité, revêtez-vous de la cuirasse de la justice, mettez à vos pieds le zèle pour l’Évangile de la paix. Tenez toujours à la main le bouclier de la foi, […] prenez le casque du salut et l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu » (Ef 6,14-17).

Avui, com a peregrins a Montserrat, manifestem el sincer desig de reafirmar el nostre servei a Déu Pare que ens ha revelat Jesucrist, qui ens diu: «Qui acull un d’aquests infants en nom meu, a mi m’acull, i qui m’acull a mi, no m’acull a mi, sinó el qui m’ha enviat» (Mc 9, 37).

Considerem també com la Verge Maria, a la mà dreta, sosté l’esfera del món, signe de la seva cura materna, perquè el món sencer té cabuda en el seu cor. Ella ens invita a reconèixer-nos germans i germanes, on ningú quede excluit i on la comunió sigui més forta que tota divisió.

[Aujourd’hui, en tant que pèlerins à Montserrat, manifestons le désir sincère de réaffirmer notre service à Dieu le Père que nous a révélé Jésus-Christ, qui nous dit : « Celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, m’accueille » (Mc 9,37).

Considérons aussi comment la Vierge, dans sa main droite, soutient la sphère du monde, signe de son soin maternel, car le monde entier a sa place dans son cœur. Elle nous invite à nous reconnaître frères et sœurs, où personne ne reste exclu et où la communion est plus forte que toute division.]

Demanem a Maria, Reina de la pau, que ens ensenyi a renunciar a les paraules feridores, al judici immediat, a la murmuració i a les calumnies. I que aprenguem a custodiar i a conrear l’amor en la família, entre els amics, en el lloc de treball, en les xarxes socials, en els debats polítics i en les comunitats cristianes, de manera que l’odi doni pas a l’esperança i la pau.

Que Maria, Mare de l’Església, ens orienti sempre cap a Jesús. Us invito a saludar-la amb aquestes paraules:

Dels catalans sempre sereu la Princesa,
dels espanyols i de tot el món l’amor;
Digueu-nos: “Sou el meu tresor,
jo sóc la vostra mare, no tingueu por”.

Que així sigui.

[Demandons à Marie, Reine de la paix, de nous apprendre à renoncer aux paroles blessantes, au jugement immédiat, à la médisance et aux calomnies. Et apprenons à garder et à cultiver l’amour dans la famille, entre amis, sur le lieu de travail, dans les réseaux sociaux, dans les débats politiques et dans les communautés chrétiennes, afin que la haine cède la place à l’espérance et à la paix.

Que Marie, Mère de l’Église, nous oriente toujours vers Jésus. Je vous invite à l’honorer par ces paroles :

Des Catalans vous serez toujours la Princesse,
des Espagnols et du monde entier l’amour ;
dites-nous : « Vous êtes mon trésor,
je suis votre mère, n’ayez pas peur »

Qu’il en soit ainsi.]

Salutation depuis le balcon

Après la bénédiction, le chant de la Salve Regina et du Virolai, Léon XIV s’est retiré quelques instants pour prier dans la chapelle de la Vierge.

Il a ensuite salué les fidèles rassemblés sur la place depuis le balcon du monastère et a remercié la Catalogne pour son accueil, soulignant également le travail de la communauté bénédictine de Montserrat dans l’accueil des pèlerins qui viennent au sanctuaire pour prier devant la Vierge.

Nous vous proposons ci-dessous les paroles improvisées du Pape :

Germans i germanes, bon dia.

Gracias por estar aquí. Gracias por esta hermosa manifestación de fe. Todos unidos en una sola familia, con esa acogida de nuestra Madre María, la Virgen de Montserrat.

La alegría, entusiasmo, profundo sentido de fe que estamos viviendo en estos días: primero Madrid, ahora Barcelona, Cataluña, luego a las Canarias. Toda España llena de fe, de amor, llena de este deseo de alabar a Dios, de dar gracias a Dios y de estar unidos.

Gracias a Cataluña por haber recibido a tantas personas de otros países, porque enseña cómo integrar a todos en una única familia.

Gracias a la comunidad de fe, a la comunidad de nuestros hermanos los monjes que reciben y acogen a todos los peregrinos que vienen a rezar a María nuestra Señora.

Gracias a cada uno y a todos vosotros que estáis aquí esta mañana para recordar a todos —en Cataluña, en España, en el mundo— que la fe da vida, y la fe da esperanza.

Y es María, a quien Jesús nos dio como Madre desde la cruz, es María que nos acompaña, que es expresión de amor maternal que nos acompañará siempre.

Bendición.

Gracias, gracias a todos.

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