La veillée oubliée de la Pentecôte : l’ancienne tradition qui a disparu après la réforme liturgique

La veillée oubliée de la Pentecôte : l’ancienne tradition qui a disparu après la réforme liturgique

La fête de la Pentecôte, l’une des principales solennités du calendrier chrétien, fut pendant des siècles précédée d’une vigile liturgique d’une grande richesse spirituelle, semblable à certains égards à la Vigile pascale. Cependant, cette ancienne pratique fut supprimée lors des réformes liturgiques du milieu du XXe siècle et ne survit aujourd’hui guère que dans les milieux attachés à la liturgie traditionnelle.

La vigile de la Pentecôte fut pendant des siècles une journée de jeûne et d’abstinence, destinée à préparer les fidèles à la venue de l’Esprit Saint. Jusqu’au début des années soixante, les catholiques observaient encore ce jour dans la pénitence, la prière et le recueillement.

Une vigile semblable à la Vigile pascale

L’ancienne vigile de la Pentecôte comprenait des lectures prophétiques de l’Ancien Testament, la bénédiction des fonts baptismaux, les litanies des saints et la célébration de la Messe.

Il ne s’agissait pas d’un simple jour précédant une solennité, mais d’une véritable préparation liturgique à l’une des grandes fêtes de l’année chrétienne. Comme à Pâques, la Pentecôte fut, dès les premiers siècles, liée à l’administration solennelle du Baptême.

La Pentecôte, Pâques des roses

La tradition catholique associa également la Pentecôte aux roses, symbole des langues de feu descendues sur les apôtres et la Vierge Marie.

Dom Prosper Guéranger rappelle qu’au Moyen Âge la Pentecôte était connue sous le nom de « Pâques des roses ». À Rome, des pétales de roses étaient jetés depuis l’oculus du Panthéon, aujourd’hui basilique Sainte-Marie-des-Martyrs, pour représenter la venue de l’Esprit Saint.

Une octave supprimée après des siècles de tradition

Pendant des siècles, la Pentecôte compta également une octave propre. Le lundi et le mardi de Pentecôte furent même des jours de précepte dans l’Église universelle pendant longtemps.

L’article rappelle que ces jours perdirent progressivement leur rang liturgique jusqu’à ce que l’octave soit finalement supprimée par Paul VI en 1969.

La disparition de cette octave est l’un des exemples les plus significatifs de la manière dont les réformes liturgiques postérieures ont éliminé des pratiques enracinées pendant des siècles dans la vie de l’Église.

Jeûne joyeux et prière pour les vocations

La semaine de Pentecôte comprenait en outre les Quatre-Temps, jours de jeûne, d’abstinence et de prière. Contrairement aux autres Quatre-Temps de l’année, ceux de la Pentecôte revêtaient un caractère particulièrement joyeux, marqué par la célébration de l’Esprit Saint.

Traditionnellement, ces jours étaient également liés aux ordinations sacerdotales, de sorte que les fidèles étaient invités à prier tout particulièrement pour les vocations et pour les nouveaux prêtres.

Retrouver ce qui n’aurait pas dû être oublié

Bien que la vigile et l’octave de la Pentecôte n’occupent plus, dans le calendrier réformé, la place qu’elles eurent pendant des siècles, de nombreux catholiques attachés à la liturgie traditionnelle continuent de conserver ces pratiques.

La redécouverte de ces anciennes coutumes montre que la tradition liturgique de l’Église n’est pas une relique morte, mais une école de foi, de pénitence et d’adoration.

La Pentecôte n’est pas seulement la clôture du temps pascal. C’est la fête de l’Esprit Saint, la naissance visible de l’Église et un appel à renouveler la vie chrétienne par la prière, le jeûne et la fidélité à la tradition reçue.

 

Source : One Peter Five

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