Jour 7. Montons au mont Carmel avec Marie

Neuvaine à Notre-Dame du Mont-Carmel avec saint Jean de la Croix en son Année jubilaire

Jour 7. Montons au mont Carmel avec Marie

Marie, au pied de la Croix, Mère de la nuit la plus lumineuse

Pour parvenir à ce qui ne te plaît pas, il faut passer par où tu ne veux pas ; pour parvenir à ce que tu ne sais pas, il faut passer par où tu ne sais pas ; pour parvenir à ce que tu ne possèdes pas, il faut passer par où tu ne possèdes pas (Montée du Mont Carmel, I, 13).

Très Sainte Vierge du Carmel, Mère douloureuse de l’espérance invincible ; Vierge fidèle qui es restée debout quand la terre tremblait, le ciel s’obscurcissait et le monde semblait perdre son Sauveur ; Toi qui as contemplé, avec des yeux de foi, l’Agneau immolé tandis que le Père accomplissait le mystère de notre rédemption et que l’Esprit Saint préparait, dans le silence de ce sacrifice, la naissance de l’Église : permets-moi de demeurer avec Toi au pied de la Croix de Jésus-Christ, car nul n’apprend le véritable amour s’il ne se laisse instruire dans cette chaire où l’Amour donne tout et ne se réserve rien.

Là où tant d’autres n’ont vu que défaite, Toi Tu as contemplé la victoire ; là où tant d’autres ont découvert la fin, Toi Tu as reconnu le commencement ; là où la haine semblait pousser son dernier cri, Toi Tu entendais déjà l’hymne silencieux de la miséricorde du Père qui réconciliait avec Lui le monde entier dans le sang de son Fils. Enseigne-moi ce regard pur qui sait découvrir la lumière cachée dans la nuit, la fécondité cachée dans le sacrifice et la gloire cachée dans l’humiliation du Christ.

Mère du Carmel, combien de fois fuis-je les petites croix de chaque jour ; combien me coûte-t-il d’accepter la contradiction, la maladie, l’incompréhension, l’échec, l’oubli ou la pauvreté. Je voudrais parvenir à la résurrection sans traverser le Calvaire, atteindre la flamme sans laisser le feu me purifier, goûter les fruits de l’Esprit Saint sans permettre au Père de tailler la vigne de mon cœur. Toi qui as parcouru le chemin de la foi nue, soutiens ma faiblesse afin que je ne m’éloigne jamais du Crucifié, car je sais qu’en dehors de Lui il n’y a ni vie, ni paix, ni véritable joie.

Fais qu’en contemplant le Cœur ouvert de ton Fils, j’apprenne le langage de l’amour qui se donne sans conditions. Que mon cœur s’ouvre aussi pour pardonner, pour servir, pour bénir, pour s’offrir silencieusement, sans attendre de récompense. Que l’Esprit Saint configure mes sentiments à ceux du Christ, jusqu’à ce que je puisse aimer avec sa patience, souffrir avec sa douceur et vivre uniquement pour la gloire du Père. Alors je comprendrai que la Croix n’est pas la fin du chemin, mais la porte étroite qui conduit à la vie, l’arbre chargé du fruit immortel, l’échelle par laquelle le ciel est descendu sur la terre pour élever la terre jusqu’au ciel.

Vierge très sainte, demeure à mes côtés lorsque viendra l’heure de mes propres nuits. Si la foi vacille, soutiens-la ; si l’espérance s’affaiblit, nourris-la ; si la charité se refroidit, rapproche-la du feu du Cœur de Jésus-Christ. Que je ne m’éloigne jamais du Calvaire, car c’est là que ta maternité est née sur nous tous ; c’est là que j’ai été confié à tes soins ; c’est là que le carme apprend que la contemplation jaillit de l’Amour crucifié et que l’union transformante ne s’atteint pas en fuyant le sacrifice, mais en l’embrassant avec l’abandon filial par lequel le Fils s’est livré au Père.

Et lorsque viendra mon ultime heure, reconduis-moi au pied de la Croix, afin que j’expire en prononçant le saint Nom de Jésus et en m’abandonnant, comme Lui, entre les mains du Père. Que l’Esprit Saint, qui est descendu sur Toi et est demeuré inséparablement uni à ton âme, soit aussi ma force dans cet instant décisif. Alors la nuit s’ouvrira définitivement en aurore, la croix fleurira en gloire, l’amour atteindra sa plénitude et, conduit par ta main maternelle, j’entrerai dans la patrie où l’Agneau immolé vit pour toujours, où le Père essuie toute larme et où l’Esprit Saint comble de son feu bienheureux tous ceux qui, par ta main, sont parvenus à être pleinement transformés dans le Bien-Aimé.

Notre-Dame du Carmel, Mère fidèle au pied de la Croix, apprends-moi à embrasser avec le Christ toute nuit et tout sacrifice, jusqu’à entrer avec Lui dans la gloire du Père par la force de l’Esprit Saint. Amen.

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