«L'avortement est une priorité en Andorre» : Macron rencontre le coprince Serrano Pentinat

«L'avortement est une priorité en Andorre» : Macron rencontre le coprince Serrano Pentinat

Le président de la France, Emmanuel Macron, se trouve à Andorre dans le cadre d’une visite institutionnelle qui se prolonge jusqu’au 28 avril, en sa qualité de coprince du pays, une figure qu’il partage avec l’évêque d’Urgell à la tête de l’État.

Selon La Veu Lliure, il s’agit de sa deuxième visite officielle dans la Principauté, à un moment marqué par plusieurs débats de fond qui affectent à la fois l’avenir politique et le modèle institutionnel andorran.

Premier entretien avec le coprince épiscopal

L’un des moments centraux de la visite a été la réunion entre Macron et le coprince épiscopal, Josep Lluís Serrano Pentinat, lors du premier contact officiel entre eux depuis que le prélat a pleinement assumé ses fonctions.

Cette rencontre revêt une importance particulière, car le système du coprincipat confère à l’évêque un rôle direct dans la chefferie de l’État, ce qui place certaines questions législatives — comme l’avortement — dans une dimension qui transcende le strictement politique.

L’avortement, un débat qui affecte l’équilibre de l’État

Dans ce contexte, la dépénalisation de l’avortement est devenue l’un des principaux axes de la visite. Macron a confirmé qu’il s’agit d’une question prioritaire dans son agenda, la plaçant parmi les sujets qui doivent être abordés ouvertement pendant son séjour.

Actuellement, l’avortement est illégal en Andorre. Tout changement législatif ne impliquerait pas seulement une réforme juridique, mais affecterait directement l’équilibre institutionnel du pays, en nécessitant l’intervention des coprinces dans le processus de sanction des lois.

Le rôle du coprince épiscopal au centre du débat

La singularité du modèle andorran réside dans le fait que l’évêque d’Urgell, en tant que coprince, fait partie de la chefferie de l’État. Cela introduit une dimension spécifique dans le débat sur l’avortement, car il s’agit d’une question qui affecte directement la doctrine catholique.

Dans ce cadre, toute réforme éventuelle soulève des interrogations sur la manière de concilier les initiatives politiques avec le rôle institutionnel du coprince épiscopal, dans un système qui s’est maintenu pendant des siècles sur un équilibre délicat.

Le gouvernement mise sur une avancée « avec prudence »

Après sa réunion avec Macron, le chef du gouvernement, Xavier Espot, a reconnu la volonté d’avancer dans la dépénalisation de l’avortement, bien qu’il ait insisté sur le fait que cela devra se faire « avec réalisme, prudence et ambition ».

Espot a souligné que le processus ne peut pas être abordé de manière précipitée ni mettre en risque le fonctionnement institutionnel du pays, en référence à l’équilibre entre les différentes autorités qui configurent le système politique andorran, laissant clair que la question de l’avortement reste ainsi l’un des débats les plus complexes en Andorre, où se conjuguent des considérations juridiques, sociales et institutionnelles.

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