Léon XIV à Castelgandolfo : immigration, voyages, Ukraine, Nigeria, abus de l'évêque de Cadix, Et Chiclayo ?, promouvoir l'euthanasie, Trump et le génocide chrétien, la vie monastique oubliée.

Léon XIV à Castelgandolfo : immigration, voyages, Ukraine, Nigeria, abus de l'évêque de Cadix, Et Chiclayo ?, promouvoir l'euthanasie, Trump et le génocide chrétien, la vie monastique oubliée.

Matin frais à Rome, la place accueille progressivement les nombreux fidèles qui s’approchent pour l’audience habituelle du mercredi, ils entourent l’obélisque,  et l’espace naissance qui continue son montage.

C’est déjà une routine,  presque toutes les semaines le Pape Léon XIV se rend à Castelgandolfo. Hier, il a repris l’assaut habituel des journalistes à sa sortie, on voit qu’il apprend à ne pas se mouiller et cela fait que cette rencontre perd de son intérêt et n’est plus seulement déconseillée parce que dangereuse mais aussi parce qu’inutile.  Léon XIV vient ici tous les mardis après un week-end très actif : « Un peu de sport, un peu de lecture, un peu de travail. Tous les jours il y a du courrier, des appels téléphoniques, certaines affaires qui sont peut-être plus importantes, plus urgentes, un peu de tennis, un peu de natation ». « Je pense que les êtres humains ont vraiment besoin de bien prendre soin d’eux. Tous devraient faire un peu d’activité pour le corps et l’âme, tous ensemble. Pour moi, c’est très bien ». C’est « une pause qui aide beaucoup ».

Ensuite, il a expliqué qu’il souhaite voyager aux États-Unis et au Pérou, et il a également abordé le thème de la migration : un commentaire sur la déclaration du 13 novembre de la Conférence des Évêques Catholiques des États-Unis (USCCB) sur les migrants et les demandeurs d’asile. Pour la première fois en années, les évêques américains ont publié une lettre pastorale dans laquelle ils rejettent les expulsions massives, exprimant leur préoccupation pour la situation dans le pays et réitérant que la sécurité nationale et la protection de la dignité humaine ne sont pas incompatibles. Le Pape a exprimé sa gratitude pour la déclaration des évêques, la qualifiant de « très importante ». « Je voudrais inviter, en particulier tous les catholiques, mais aussi les personnes de bonne volonté, à écouter attentivement ce qu’ils ont dit. Je pense que nous devons chercher des moyens de traiter les personnes avec humanité, en les traitant avec la dignité qu’elles méritent ». « Si quelqu’un se trouve illégalement aux États-Unis, il existe des voies légales. Il y a des tribunaux. Il existe un système judiciaire. Je pense qu’il y a beaucoup de problèmes dans le système. Personne n’a dit que les États-Unis doivent avoir des frontières ouvertes ».  « Je pense que chaque pays a le droit de déterminer qui, comment et quand les gens entrent ». « Quand les gens mènent une vie appropriée, et beaucoup le font pendant 10, 15 ou 20 ans… ils sont traités d’une manière, pour le moins, extrêmement irrespectueuse, et il y a eu des cas de violence ». « Les évêques ont été très clairs sur ce qu’ils ont dit. J’invite tous les Américains à les écouter ».

On lui a demandé s’il envisageait un possible voyage en « son » Amérique latine, en commençant par le Pérou : « Pendant l’Année Jubilaire, nous continuons nos activités quotidiennes, et l’année prochaine nous planifierons quelque chose ». « J’ai toujours aimé voyager,  le problème est de coordonner mon agenda avec tous mes engagements ». Les destinations possibles qu’il a suggérées pourraient être Fátima, Guadalupe au Mexique, et ensuite l’Uruguay, l’Argentine et le Pérou, « évidemment ».

Sur l’Ukraine, on demande au Pape au sujet de la cession de territoires à la Russie pour mettre fin à la guerre : « C’est quelque chose que doivent décider eux ; la constitution de l’Ukraine est très claire. Le problème est qu’il n’y a pas de cessez-le-feu ; ils n’arrivent pas à un point où ils puissent dialoguer et chercher une solution. Malheureusement, les gens meurent chaque jour. Je pense que nous devons insister sur la paix, en commençant par ce cessez-le-feu, et ensuite dialoguer ».

Sur le Nigeria : « Je pense qu’en Nigeria et dans d’autres zones, il existe un danger réel pour les chrétiens, mais pour tous, chrétiens et musulmans ont été massacrés. Le terrorisme est un problème qui a à voir avec l’économie de guerre pour le contrôle des terres qu’ils possèdent. Malheureusement, de nombreux chrétiens sont assassinés  et je pense qu’il est très important de chercher des moyens pour que le gouvernement et tous les peuples promeuvent la véritable liberté religieuse ».

On a demandé au Pape sur le cas de l’évêque de Cadix et Ceuta, Rafael Zornoza, accusé d’abus sexuels dans les années 1990. « Chaque cas a un protocole clairement établi, l’évêque lui-même a dû répondre et insiste sur son innocence. Une enquête a été ouverte et nous devons laisser qu’elle suive son cours ; selon les résultats, il y aura des conséquences ». S’adressant aux victimes, le Pape a exprimé en premier lieu son espoir qu’« elles trouvent un lieu sûr où elles puissent parler, où elles puissent présenter leurs cas ». « Il est aussi important de respecter les processus qui prennent du temps, mais nous avons déjà parlé de la nécessité de suivre les étapes indiquées par le système judiciaire, dans ce cas, par l’Église ». Inévitablement, chaque fois qu’on fait référence au  thème des abus, nous vient à l’esprit la situation des abusées de Chiclayo, un cas qui éclabousse directement le Pape Léon XIV et qui serait très opportun de résoudre au plus vite. Il n’est pas possible qu’un Pape puisse se voir ‘chantagé’ dans ses décisions.

L’image du Pontife quittant sa résidence d’été pour se rendre à Saint-Pierre (et vice versa) est presque un rituel. Castel Gandolfo , situé à environ 25 kilomètres de Rome, offre de l’altitude, de l’air pur et un paysage plus sain que le centre de la capitale. Le séjour n’est pas seulement une pause du climat, mais une opportunité pour travailler dans un environnement plus détendu, loin du rythme frénétique des réunions et des cérémonies officielles typique de la vie quotidienne du Vatican. Le transfert à Castel Gandolfo, sans interrompre son activité pastorale, permet au Pontife de retrouver une plus grande sérénité et concentration. Les familles nobles de la ville ont choisi les collines de cette zone comme résidences d’été, au point qu’elles sont parsemées de villas patriciennes, de jardins et de lieux de culte. Le véritable point d’inflexion s’est produit au XVIIe siècle, quand le pape Urbain VIII Barberini a choisi Castel Gandolfo comme résidence officielle d’été des pontifes. L’architecte Carlo Maderno a reçu la commande de transformer le palais de la famille Savelli en résidence papale : ainsi est né le Palais Apostolique, un élégant complexe baroque avec vue sur le lac, entouré de jardins et de végétation luxuriante. Pour les papes, l’été n’est jamais vraiment des vacances, pero Castel Gandolfo parvient à rendre une certaine sérénité que même un pontife a le droit de chercher.

Les églises sont de plus en plus vides, peuplées exclusivement de fresques, de statues de la Vierge et des saints, et du Chemin de Croix. Il ne reste que l’écho lointain des voix des curés, qui tentent en vain de prêcher à un nombre de fidèles de plus en plus réduit. Pour Léon XIV, c’est la recette pour que les fidèles reviennent à l’église en commençant par la centralité de la Bible et un retour à la Tradition.  L’appel aux diplomates des Représentations Pontificales : « soyez des prêtres amoureux de
Christ et transmettez cet amour ».

Le président de la commission d’enquête sur les cas d’Emanuela Orlandi et Mirella Gregori De Priamo : « Nous avons besoin d’un organisme spécialisé dans les personnes disparues ». « Avec les outils d’aujourd’hui, peut-être que le cas d’Emanuela Orlandi aurait eu un dénouement différent ».  De Priamo a également annoncé la découverte, grâce aux enquêtes du Groupe d’Opérations Spéciales des Carabinieri, d’une note inédite signée par Emanuela . Dans la note, elle mentionnait un cinéclub dans la Via Cassia. « Emanuela écrit sur cet endroit et une pièce de théâtre jouée là-bas un peu plus d’un mois avant sa disparition ». « Nous sommes face à un cas très ancien qui a attiré beaucoup d’attention médiatique. Nous avons besoin d’éliminer tout ce qui a surgi au fil des années et de travailler méticuleusement ».

L’Europe vieillit et les personnes âgées coûtent très cher et dérangent, les idéologues du moment ont décidé qu’il faut promouvoir l’euthanasie. On sait déjà qu’une fois l’avortement approuvé, il ne faut que des années pour que arrive l’euthanasie comme évolution naturelle, si la vie d’un être humain dans son état initial peut être détruite, il n’y a pas de raisons de protéger légalement un malade ou un vieillard. En Allemagne, il y a une couverture intense des morts de deux jumelles avec une stratégie délibérée pour favoriser l’acceptation culturelle du suicide assisté, légal en Allemagne depuis 2020. Alice et Ellen Kessler, qui ont atteint la célébrité dans les années 50 et 60 comme duo artistique, sont décédées à 89 ans par suicide assisté conjoint à Grünwald, en Allemagne. Les jumelles ont adhéré à la Société Allemande pour une Mort Humaine  il y a plus d’un an, apparemment planifiant déjà leur suicide :  « Le facteur décisif a probablement été le désir de mourir ensemble à une date spécifique ». « Leur désir de mourir était médité, de longue date et libre de toute crise psychiatrique ».  Leurs cendres seront enterrées dans la même urne avec leur mère et leur chien. Le couple était très célèbre en Italie, où elles étaient connues comme pionnières de l’indécence, étant les premières danseuses à montrer des cuisses à l’écran, et par la suite posant nues pour des photos dans l’édition italienne de Playboy en 1976.

Moins de trois semaines après que le président américain Donald Trump ait menacé d’« anéantir » les terroristes islamiques au Nigeria, l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies qualifie le massacre en cours des chrétiens dans le pays de « génocide déguisé en chaos ». « Ceci n’est pas de la violence aléatoire, le Nigeria est… un mosaïque vibrant de cultures et de religions, mais il est sous assaut ». Cela est la première fois qu’un fonctionnaire du gouvernement américain utilise le terme « génocide » pour décrire la situation au Nigeria, pays qui abrite environ 93 millions de chrétiens.

Trump s’est référé  à la situation au Nigeria comme un « massacre » tout en la déclarant un « pays de préoccupation spéciale », parce que il perpètre ou tolère « des violations particulièrement graves de la liberté religieuse », comme celles de la Chine, du Pakistan et de la Corée du Nord. Après le discours de Waltz, la rappeuse Nicki Minaj est montée sur l’estrade pour exprimer sa préoccupation. Précédemment, elle avait louangé les publications de Trump sur les réseaux sociaux dans lesquelles il condamnait les meurtres. Waltz a fait référence à la persécution continue que subissent les chrétiens dans le pays : « Les groupes yihadistes comme Boko Haram… continuent de déchaîner une violence sélective, dirigée spécifiquement contre ces communautés chrétiennes » et  condamne les dirigeants du pays pour ne pas « freiner ces atrocités ».

Un rapport  de la Liste Rouge de Global Christian Relief (GCR) de 2025  a conclu  que le Nigeria est l’endroit le plus dangereux du monde pour les chrétiens : « Ceci est une tentative de génocide beaucoup plus grande que ce qui se passe à Gaza. Littéralement, ils tentent d’exterminer la population chrétienne de tout un pays ».  Surprenant, Parolin, a minimisé l’influence que l’Islam a eue dans les attaques en affirmant que la violence « n’est pas un conflit religieux, mais plutôt social ; par exemple, les disputes entre pasteurs et agriculteurs. Nous devons aussi reconnaître que de nombreux musulmans au Nigeria sont victimes de cette même intolérance ». « Il s’agit de groupes extrémistes qui ne font pas de distinctions lorsqu’ils poursuivent leurs objectifs. Ils utilisent la violence contre quiconque ils considèrent comme un adversaire ».

Et nous terminons par un article intéressant sur la vie monastique si peu connue de la société et même dans la vie de l’Église. Au cours des dernières décennies, de nombreuses communautés monastiques ont connu de profondes transformations, souvent nées de besoins sincères : renouvellement liturgique, dialogue avec le monde contemporain, inculturation et prise de conscience de leurs propres fragilités.  Les pressions du présent menacent  la nature même de la vie consacrée, détournant son focus du Mystère vers un horizon purement humain.  La tendance — tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des monastères — à interpréter la foi comme un reflet de l’expérience individuelle est de plus en plus évidente.  Le point critique n’est pas la sensibilité moderne, mais l’absence de transcendance  : quand le divin est interprété à travers le prisme de nos catégories, on perd la verticalité qui a constitué l’âme du monachisme pendant des siècles.

Au cours des cinquante dernières années, les communautés religieuses ont entrepris des réformes courageuses, souvent nécessaires. Cependant, cette longue période de renouvellement a aussi laissé des ombres : certains éléments précieux de la tradition ont été abandonnés avec trop de précipitation , tandis que la hâte d’adopter de nouvelles formes d’expression a menacé d’obscurcir la question essentielle du but du chemin monastique. L’élan enthousiaste pour le renouvellement a été remplacé par  la précaire. Dans  de nombreux monastères, la précarité est devenue non pas une phase, mais un état permanent transformation de certaines communautés en lieux plongés dans leur propre décadence. Monastères qui n’attendent plus une nouvelle vie, mais protègent la paix de leurs derniers membres ; maisons religieuses qui se perçoivent non comme des forges de futures générations, mais comme refuges pour une mort paisible.  La  tranquillité se  convertit en une forme subtile de reddition et on oublie que le monastère existe pour rappeler au monde que Dieu est réel, non pour assurer une bonne mort. 

Si le monde ne parle plus de Dieu, même les moines risquent de s’oublier de parler de Lui, ou pire encore, de cesser d’attendre quoi que ce soit de Lui.  La fracture la plus radicale est métaphysique  : la disparition de l’idée de sainteté, d’un Dieu qui transcende le monde et le transfigure. Une nouvelle forme de relativisme est en gestation qui ne nie pas les normes, mais les adapte à ses propres sentiments. La vie monastique  n’est plus une ascension vers le Très-Haut, mais plutôt une tentative d’humaniser le ciel. Quel est le résultat ? Une perte progressive d’attractivité. Là où il n’y a pas de hauteur, il n’y a pas de vocations. Le monde contemporain est marqué par des doutes et des anxiétés propres à une époque. Précisément ici émerge la tâche essentielle de la vie monastique : être un sursum corda vivant , un témoin existentiel qui rappelle à tous que l’espérance n’est pas un concept, mais une expérience. L’avenir des monastères ne dépend pas du nombre de membres ni de stratégies de survie, mais de revenir au cœur, à la source, à la conviction que le christianisme vit grâce à des femmes et des hommes qui ne regardent pas vers eux-mêmes, mais vers Dieu.

« Il appela dix de ses serviteurs, leur donna dix talents et leur dit : «Négociez jusqu’à mon retour». »

Bonne lecture.

 

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