«Ceci est notre foyer» : chrétiens du sud du Liban résistent à évacuer la zone après la mort du père Pierre el-Raï

«Ceci est notre foyer» : chrétiens du sud du Liban résistent à évacuer la zone après la mort du père Pierre el-Raï

La pression militaire dans le sud du Liban oblige certaines villages chrétiens à évacuer la zone, mais beaucoup de leurs habitants restent déterminés à rester dans leurs foyers malgré les bombardements et l’avancée du conflit. Au milieu de cette situation, les paroles du prêtre maronite Pierre el-Raï, mort récemment dans une attaque aérienne, résonnent parmi les voisins qui résistent à abandonner leur terre.

Depuis le début de la guerre, les communautés chrétiennes de l’extrême sud du pays avaient refusé d’abandonner leurs villages malgré les attaques aériennes et les demandes d’évacuation de toute la région située au sud du fleuve Litani.

Évacuation de villages chrétiens sous escorte de l’ONU

La situation a changé après la mort du prêtre Pierre el-Raï. Le mardi matin, un convoi de plusieurs dizaines de véhicules se préparait à quitter Alma el-Chaab en suivant un véhicule de maintien de la paix des Nations Unies chargé de coordonner l’évacuation.

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Parmi les résidents, l’inquiétude pour l’avenir immédiat grandit. À cette peur s’ajoute la douleur pour la perte du prêtre, qui était vu comme un pasteur proche et une référence pour les chrétiens de la région.

« Je suis prêt à mourir parce que c’est ma maison »

Selon ABC, quelques jours avant sa mort, le père Pierre el-Raï avait expliqué publiquement la décision de nombreux habitants de rester dans leurs villages malgré les risques auxquels est confrontée la région :

« Il y a la mort, et après la mort vient la résurrection. Je suis prêt à mourir parce que c’est ma maison. Nous avons décidé de rester malgré le danger parce que ce sont nos maisons. Nous ne les laisserons pas aux mains de ceux qui veulent les occuper et y vivre. Quand nous défendons nos foyers, nous le faisons pacifiquement. Aucun de nous ne porte d’armes. Nous portons seulement les armes de la paix, de la bonté et de l’amour ».

Le prêtre est décédé alors qu’il se rendait à l’entrée du village de Qlayaa pour porter secours aux voisins après une attaque d’artillerie israélienne. À ce moment, un second bombardement a eu lieu qui a mis fin à sa vie.

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Léon XIV se souvient du prêtre lors de l’audience générale

Lors de l’audience générale célébrée ce mercredi sur la place Saint-Pierre, Léon XIV s’est également référé à la mort du prêtre maronite et a exprimé sa proximité avec le peuple libanais.

« Aujourd’hui, à Qlayaa, au Liban, se déroule les funérailles du Père Pierre el-Raï, curé maronite d’un des villages chrétiens du sud du Liban qui, ces jours-ci, vivent une fois de plus le drame de la guerre. Je suis proche de tout le peuple libanais, en ce moment d’épreuve grave », a affirmé le Pontife.

Le Pape a en outre souligné la signification du nom de famille du prêtre et son témoignage pastoral : « En arabe, ‘El Raii’ signifie ‘le Pasteur’. Le Père Pierre a été un authentique pasteur, qui est toujours resté auprès de son peuple, avec l’amour et le sacrifice de Jésus, le Bon Pasteur. Dès qu’il a appris que certains fidèles avaient été blessés dans un bombardement, sans hésiter, il a couru les aider ».

Léon XIV a exprimé son désir que le sacrifice du prêtre contribue à la paix dans la région : « Que le Seigneur veuille que son sang versé soit une semence de paix pour le bien-aimé Liban ».

Enfin, le Pontife a demandé de continuer à prier pour la fin des conflits dans la région : « Chers frères et sœurs, continuons à prier pour la paix en Iran et dans tout le Moyen-Orient, en particulier pour les nombreuses victimes civiles, parmi lesquelles il y a beaucoup d’enfants innocents. Que notre prière puisse être un réconfort pour ceux qui souffrent et une semence d’espérance pour l’avenir ».

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