Mgr. Schneider demande à Léon XIV de construire un pont avec la FSSPX

Mgr. Schneider demande à Léon XIV de construire un pont avec la FSSPX

Monseigneur Athanasius Schneider —évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana (Kazakhstan)— a adressé un appel au pape Léon XIV après l’annonce de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) qu’elle procédera à de nouvelles consécrations épiscopales, malgré l’avertissement du Vatican que cela constituerait une « rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme) ».

Dans l’exclusivité de Diane Montagna sur Substack, le prélat —qui fut visiteur vatican des séminaires de la Fraternité— demande au Saint-Père un geste d’ampleur pastorale et d’unité. Il avertit que laisser passer ce « moment véritablement providentiel » pourrait consolider une division « inutile et douloureuse » entre Rome et la FSSPX.

Voici ci-dessous le texte intégral de l’appel de Mgr Athanasius Schneider au pape Léon XIV :

Un appel fraternel au pape Léon XIV pour tendre un pont avec la FSSPX

La situation actuelle autour des consécrations épiscopales dans la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) a soudainement réveillé toute l’Église. Dans un délai extraordinairement bref après l’annonce du 2 février que la FSSPX procédera à ces consécrations, un débat intense et souvent chargé d’émotion a surgi dans de larges cercles du monde catholique. La gamme de voix dans ce débat va de la compréhension, de la bienveillance, de l’observation neutre et du bon sens jusqu’au rejet irrationnel, à la condamnation péremptoire et même à la haine ouverte. Bien qu’il y ait des raisons d’espérer —et qu’il ne soit pas du tout irréaliste— que le pape Léon XIV puisse effectivement approuver les consécrations épiscopales, des projets de bulle d’excommunication contre la FSSPX sont déjà proposés sur internet.

Les réactions négatives, bien qu’elles soient souvent bien intentionnées, révèlent que le noyau du problème n’a pas encore été compris avec suffisamment d’honnêteté et de clarté. Il y a une tendance à rester en surface. Les priorités dans la vie de l’Église sont inversées, en élevant la dimension canonique et juridique —c’est-à-dire un certain positivisme juridique— au critère suprême. De plus, il manque parfois une conscience historique concernant la pratique de l’Église en relation avec les ordinations épiscopales. Ainsi, la désobéissance est trop facilement assimilée au schisme. Les critères de la communion épiscopale avec le pape, et par conséquent la compréhension de ce qui constitue véritablement un schisme, sont considérés de manière excessivement unilatérale si on les compare à la pratique et à l’auto-compréhension de l’Église à l’époque patristique, l’époque des Pères de l’Église.

Dans ce débat, de nouveaux quasi-dogmes sont établis qui n’existent pas dans le Depositum fidei. Ces quasi-dogmes soutiennent que le consentement du pape pour la consécration d’un évêque est de droit divin, et qu’une consécration réalisée sans ce consentement, ou même contre une interdiction papale, constitue en soi un acte schismatique. Cependant, la pratique et la compréhension de l’Église à l’époque des Pères, et pendant une longue période ultérieure, argumentent contre cette vision. De plus, il n’existe pas d’unanimité sur cette question parmi les théologiens reconnus de la tradition bimillénaire de l’Église. Des siècles de pratique ecclésiale, ainsi que le droit canonique traditionnel, s’opposent également à de telles affirmations absolutisatrices. Selon le Code de Droit Canon de 1917, une consécration épiscopale réalisée contre la volonté du pape n’était pas punie d’excommunication, mais uniquement de suspension. Par là, l’Église manifestait clairement qu’elle ne considérait pas un tel acte comme schismatique.

L’acceptation du primat papal comme vérité révélée est souvent confondue avec les formes concrètes —formes qui ont évolué au fil de l’histoire— par lesquelles un évêque exprime son unité hiérarchique avec le pape. Croire au Primat Papal, reconnaître le pape légitime, adhérer avec lui à tout ce que l’Église a enseigné de manière infaillible et définitive, et observer la validité de la liturgie sacramentelle, est de droit divin. Cependant, une vision réductrice qui assimile la désobéissance à un mandat papal au schisme —même dans le cas d’une consécration épiscopale réalisée contre sa volonté— était étrangère aux Pères de l’Église et au droit canonique traditionnel. Par exemple, en 357, saint Athanase désobéit à l’ordre du pape Libère, qui lui ordonna d’entrer en communion hiérarchique avec la grande majorité de l’épiscopat, qui était en réalité arien ou semi-arien. En conséquence, il fut excommunié. Dans ce cas, saint Athanase désobéit par amour pour l’Église et pour l’honneur du Siège Apostolique, cherchant précisément à sauvegarder la pureté de la doctrine face à toute suspicion d’ambiguïté.

Au premier millénaire de la vie de l’Église, les consécrations épiscopales se faisaient généralement sans permission formelle du pape, et il n’était pas exigé que les candidats soient approuvés par lui. La première réglementation canonique sur les consécrations épiscopales, émise par un Concile Œcuménique, fut celle de Nicée en 325, qui exigeait qu’un nouvel évêque soit consacré avec le consentement de la majorité des évêques de la province. Peu avant sa mort, pendant une période de confusion doctrinale, saint Athanase choisit et consacra personnellement son successeur —saint Pierre d’Alexandrie—, pour s’assurer qu’aucun candidat inadéquat ou faible n’assume l’épiscopat. De même, en 1977, le Serviteur de Dieu cardinal Iosif Slipyj consacra secrètement trois évêques à Rome sans l’approbation du pape Paul VI, pleinement conscient que le pape ne le permettrait pas en raison de l’Ostpolitik vaticane de cette époque. Cependant, lorsque Rome eut connaissance de ces consécrations secrètes, la peine d’excommunication ne fut pas appliquée.

Pour éviter les malentendus, dans des circonstances normales —et quand il n’existe ni confusion doctrinale ni un temps de persécution extraordinaire—, bien sûr, on doit faire tout ce qui est possible pour observer les normes canoniques de l’Église et obéir au pape dans ses justes dispositions, afin de préserver l’unité ecclésiale de manière plus efficace et visible.

Mais la situation dans la vie de l’Église aujourd’hui peut être illustrée par la parabole suivante : Un incendie est déclaré dans une grande maison. Le chef des pompiers ne permet que l’utilisation d’un nouveau équipement contre l’incendie, bien qu’il se soit avéré moins efficace que les outils anciens et éprouvés. Un groupe de pompiers désobéit à cet ordre et continue d’utiliser l’équipement expérimenté et éprouvé —et, en effet, le feu est contenu en de nombreux endroits—. Cependant, ces pompiers sont étiquetés comme désobéissants et schismatiques, et sont punis.

Pour étendre encore plus la métaphore : le chef des pompiers ne permet d’agir qu’à ceux qui reconnaissent le nouvel équipement, suivent les nouvelles normes contre l’incendie et obéissent aux nouvelles réglementations de la caserne. Mais, compte tenu de l’évidente magnitude de l’incendie, de la lutte désespérée contre lui et de l’insuffisance de l’équipement officiel, d’autres aides —malgré l’interdiction du chef— interviennent de manière désintéressée avec compétence, connaissance et bonne intention, contribuant en fin de compte au succès des efforts du chef des pompiers lui-même.

Face à un comportement si rigide et incompréhensible, deux explications possibles se présentent : soit le chef des pompiers nie la gravité de l’incendie, comme dans la comédie française Tout va très bien, Madame la Marquise! ; soit, en réalité, il souhaite que de grandes parties de la maison brûlent, pour ensuite la reconstruire selon un nouveau design.

La crise actuelle autour des consécrations épiscopales annoncées —mais encore non approuvées— dans la FSSPX met à nu, aux yeux de toute l’Église, une blessure qui couve depuis plus de soixante ans. Cette blessure peut être décrite figurativement comme un cancer ecclésial —concrètement, le cancer ecclésial des ambiguïtés doctrinales et liturgiques—.

Récemment, un excellent article est apparu sur le blog Rorate Caeli, écrit avec une rare clarté théologique et une honnêteté intellectuelle, sous le titre : « L’ombre longue du Vatican II : l’ambiguïté comme cancer ecclésial » (Canon of Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026). Le problème fondamental de certaines affirmations ambiguës du Concile Vatican II est que le Concile a opté pour prioriser un ton pastoral sur la précision doctrinale. On peut être d’accord avec l’auteur quand il affirme :

« Le problème n’est pas que le Vatican II ait été hérétique. Le problème est qu’il a été ambigu. Et dans cette ambiguïté, nous avons vu les graines de confusion qui ont fleuri en certains des développements théologiques les plus préoccupants de l’histoire moderne de l’Église. Quand l’Église parle en termes vagues, même involontairement, les âmes sont en jeu ».

L’auteur continue :

« Quand un “développement” doctrinal semble contredire ce qui précède, ou quand il requiert des décennies de gymnastique théologique pour se réconcilier avec l’enseignement magistériel précédent, nous devons nous demander : est-ce un développement, ou une rupture déguisée en développement ? » (Canon of Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026).

On peut raisonnablement supposer que la FSSPX ne désire rien d’autre qu’aider l’Église à sortir de cette ambiguïté en doctrine et en liturgie et à redécouvrir sa clarté salvifique pérenne —comme le Magistère de l’Église, sous la conduite des papes, l’a fait de manière inequivoque au fil de l’histoire après chaque crise marquée par la confusion et l’ambiguïté doctrinale—.

En fait, le Saint-Siège devrait être reconnaissant à la FSSPX, car elle est actuellement presque la seule grande réalité ecclésiale qui signale de manière franche et publique l’existence d’éléments ambigus et trompeurs dans certaines affirmations du Concile et du Novus Ordo Missae. Dans cette tâche, la FSSPX est guidée par un amour sincère pour l’Église : si elle n’aimait pas l’Église, le pape et les âmes, elle n’entreprendrait pas ce travail, ni ne dialoguerait avec les autorités romaines —et, sans doute, aurait une vie plus facile—.

Les paroles suivantes de l’archevêque Marcel Lefebvre sont profondément émouvantes et reflètent l’attitude de la direction actuelle et de la majorité des membres de la FSSPX :

« Nous croyons en Pierre, nous croyons au successeur de Pierre ! Mais comme le dit bien le pape Pie IX dans sa constitution dogmatique, le pape a reçu l’Esprit Saint non pas pour faire de nouvelles vérités, mais pour nous maintenir dans la foi de tous les temps. C’est la définition du pape faite au moment du Premier Concile Vatican par le pape Pie IX. Et c’est pourquoi nous sommes persuadés que, en maintenant ces traditions, nous manifestons notre amour, notre docilité, notre obéissance au Successeur de Pierre. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à la dégradation de la foi, de la morale et de la liturgie. Cela est hors de question ! Nous ne voulons pas nous séparer de l’Église ; au contraire, nous voulons que l’Église continue ! »

Si quelqu’un considère que avoir des difficultés avec le pape constitue l’un de ses plus grands tourments spirituels, cela est en soi une preuve éloquente qu’il n’y a pas d’intention schismatique. Les vrais schismatiques se vantent même de leur séparation du Siège Apostolique. Les vrais schismatiques n’imploreraient jamais humblement le pape de reconnaître leurs évêques.

Quelles paroles profondément catholiques sont alors les suivantes de l’archevêque Marcel Lefebvre :

« Nous regrettons infiniment, c’est une douleur immense pour nous, de penser que nous sommes en difficulté avec Rome à cause de notre foi. Comment est-ce possible ? C’est quelque chose qui dépasse l’imagination, quelque chose que nous n’aurions jamais pu imaginer ni croire, surtout dans notre enfance —quand tout était uniforme, quand toute l’Église croyait en son unité générale et maintenait la même Foi, les mêmes Sacrements, le même sacrifice de la Messe, le même catéchisme—. »

Nous devons examiner honnêtement les ambiguïtés évidentes en matière de liberté religieuse, d’œcuménisme et de collégialité, ainsi que les imprécisions doctrinales du Novus Ordo Missae. À cet égard, il convient de lire le livre récemment publié par l’archimandrite Boniface Luykx, expert conciliaire et érudit reconnu de la liturgie, avec son titre éloquent Une vision plus large du Vatican II. Mémoires et analyses d’un consultant du Concile.

Comme l’a dit un jour G. K. Chesterton : « En entrant dans l’église, on nous demande d’enlever notre chapeau, non notre tête ». Ce serait une tragédie que la FSSPX soit complètement isolée, et la responsabilité d’une telle division reposerait principalement sur le Saint-Siège. Le Saint-Siège devrait accueillir la FSSPX, en offrant au moins un degré minimum d’intégration ecclésiale, et ensuite poursuivre le dialogue doctrinal. Le Saint-Siège a montré une générosité remarquable envers le Parti Communiste Chinois, en lui permettant de sélectionner des candidats à l’épiscopat ; cependant, à ses propres enfants, les milliers et milliers de fidèles de la FSSPX, on les traite comme des citoyens de seconde zone.

On devrait permettre à la FSSPX d’offrir une contribution théologique visant à clarifier, compléter et, si nécessaire, corriger ces affirmations dans les textes du Concile Vatican II qui suscitent des doutes et des difficultés doctrinales. Il faut également prendre en compte que, dans ces textes, le Magistère de l’Église n’a pas prétendu s’exprimer avec des définitions dogmatiques dotées de la note d’infaillibilité (cf. Paul VI, Audience Générale, 12 janvier 1966).

La FSSPX fait exactement la même Professio fidei que firent les Pères du Concile Vatican II, connue comme la Professio fidei tridentino-vaticane. Si, selon les paroles explicites du pape Paul VI, le Concile Vatican II n’a présenté aucune doctrine définitive, ni n’a eu l’intention de le faire, et si la foi de l’Église reste la même avant, pendant et après le Concile, pourquoi la profession de foi qui était valide dans l’Église jusqu’en 1967 cesserait-elle soudainement d’être considérée comme valide en tant que signe d’authentique foi catholique ?

Cependant, la Professio fidei tridentino-vaticane est considérée par le Saint-Siège comme insuffisante pour la FSSPX. Ne constituerait-elle pas en réalité la Professio fidei tridentino-vaticane « le minimum » pour la communion ecclésiale ? Si ce n’est pas un minimum, alors qu’est-ce qui, honnêtement, qualifierait de « minimum » ? À la FSSPX, on exige, comme conditio sine qua non, de faire une Professio fidei par laquelle doivent être acceptées les enseignements de caractère pastoral —et non définitif— du dernier Concile et du Magistère postérieur. Si c’est véritablement le soi-disant « requisito minimum », alors le cardinal Víctor Fernández semble jouer sur les mots.

Le pape Léon XIV a affirmé lors des Vêpres œcuméniques du 25 janvier 2026, à la conclusion de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens, qu’il existe déjà une unité entre catholiques et chrétiens non catholiques parce qu’ils partagent le minimum de la foi chrétienne : « Nous partageons la même foi en l’unique et vrai Dieu, Père de tous ; nous confessons ensemble l’unique Seigneur et Fils véritable de Dieu, Jésus-Christ, et l’unique Esprit Saint, qui nous inspire et nous pousse vers la pleine unité et le témoignage commun de l’Évangile » (Lettre Apostolique In Unitate Fidei, 23 novembre 2025, 12). Il a déclaré en outre : « Nous sommes un ! Nous le sommes déjà ! Reconnaissons-le, vivons-le et rendons-le visible ! »

Comment peut-on concilier cette affirmation avec la déclaration faite par des représentants du Saint-Siège et certains hauts prélats que la FSSPX n’est pas doctrinalement unie à l’Église, étant donné que la FSSPX professe la Professio fidei des Pères du Concile Vatican II —la Professio fidei tridentino-vaticane— ?

Des mesures pastorales provisoires supplémentaires accordées à la FSSPX pour le bien spirituel de tant de fidèles catholiques exemplaires constitueraient un profond témoignage de la charité pastorale du Successeur de Pierre. Ainsi, le pape Léon XIV ouvrirait son cœur paternel à ces catholiques qui, d’une certaine manière, vivent en périphérie ecclésiale, leur permettant d’expérimenter que le Siège Apostolique est véritablement Mère aussi pour la FSSPX.

Les paroles du pape Benoît XVI devraient éveiller la conscience de ceux au Vatican qui décideront de la permission pour les consécrations épiscopales de la FSSPX. Il nous rappelle :

« En regardant en arrière, vers les divisions qui au fil des siècles ont déchiré le Corps du Christ, on a continuellement l’impression que, aux moments critiques où se produisaient les divisions, il n’a pas été fait assez de la part des responsables de l’Église pour maintenir ou retrouver la réconciliation et l’unité. On a l’impression que les omissions de la part de l’Église ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient pu se consolider. Ce regard sur le passé nous impose aujourd’hui une obligation : faire tout ce qui est possible pour que tous ceux qui désirent véritablement l’unité puissent y rester ou l’atteindre à nouveau » (Lettre aux Évêques à l’occasion de la publication de la Lettre Apostolique motu proprio data Summorum Pontificum sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970, 7 juillet 2007).

« Pouvons-nous être totalement indifférents face à une communauté qui compte 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts de niveau universitaire, 117 frères religieux, 164 religieuses et des milliers de fidèles laïcs ? Devons-nous les laisser s’éloigner par hasard de plus en plus de l’Église ? Et l’Église grande ne devrait-elle pas se permettre aussi d’être généreuse, consciente de sa grande ampleur, consciente de la promesse qui lui a été faite ? » (Lettre aux Évêques de l’Église Catholique concernant la rémission de l’excommunication des quatre Évêques consacrés par l’archevêque Lefebvre, 10 mars 2009).[1]

Des mesures pastorales provisoires et minimales pour la FSSPX, adoptées pour le bien spirituel des milliers et milliers de ses fidèles dans le monde entier —y compris un mandat pontifical pour les consécrations épiscopales— créeraient les conditions nécessaires pour clarifier avec sérénité les malentendus, les questions et les doutes de caractère doctrinal issus de certaines affirmations dans les documents du Concile Vatican II et du Magistère pontifical postérieur. En même temps, de telles mesures offriraient à la FSSPX l’opportunité d’apporter une contribution constructive pour le bien de toute l’Église, en maintenant une distinction claire entre ce qui appartient à la foi divinement révélée et à la doctrine proposée définitivement par le Magistère, et ce qui a un caractère principalement pastoral dans des circonstances historiques concrètes et, par conséquent, est ouvert à une étude théologique minutieuse, comme cela a toujours été la pratique au fil de la vie de l’Église.

Avec une sincère préoccupation pour l’unité de l’Église et le bien spirituel de tant d’âmes, j’en appelle avec une charité révérencieuse et fraternelle à notre Saint-Père le pape Léon XIV :

Saint-Père très saint, accordez le Mandat Apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX. Vous êtes aussi le père de ses nombreux fils et filles —deux générations de fidèles qui, pour l’instant, ont été assistés par la FSSPX, qui aiment le pape et qui désirent être de véritables fils et filles de l’Église Romaine—. Par conséquent, mettez de côté les partialités des autres et, avec un grand esprit paternel et véritablement augustinien, démontrez que vous construisez des ponts, comme vous l’avez promis au monde entier lorsque vous avez donné votre première bénédiction après votre élection. Ne passez pas à l’histoire de l’Église comme celui qui n’a pas su construire ce pont —un pont qui pourrait être érigé en ce moment véritablement providentiel avec une volonté généreuse— et qui, au contraire, a permis une nouvelle division véritablement inutile et douloureuse au sein de l’Église, tandis que se développent en même temps des processus synodaux qui prétendent à la plus grande ampleur pastorale et à la plus grande inclusion ecclésiale. Comme Votre Sainteté l’a souligné récemment : « Engageons-nous à développer davantage des pratiques synodales œcuméniques et à partager les uns avec les autres qui nous sommes, ce que nous faisons et ce que nous enseignons (cf. François, Pour une Église synodale, 24 novembre 2024) » (Homélie du pape Léon XIV, Vêpres œcuméniques pour la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens, 25 janvier 2026).

Saint-Père très saint, si vous accordez le Mandat Apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX, l’Église en notre temps ne perdra rien. Vous serez un véritable constructeur de ponts, et plus encore, un constructeur exemplaire de ponts, car vous êtes le Souverain Pontife, Summus Pontifex.

+ Athanasius Schneider, Évêque auxiliaire de l’Archidiocèse de Sainte-Marie à Astana

24 février 2026

______________

[1] Statistiques annuelles 2026 de la FSSPX : Total des membres : 1.482 ; Évêques : 2 ; Prêtres (à l’exclusion des évêques) : 733 ; Séminaristes (y compris ceux qui n’ont pas encore assumé d’engagement définitif) : 264 ; Frères religieux : 145 ; Oblats : 88 ; Religieuses : 250 ; Âge moyen des membres : 47 ans ; Pays assistés : 77 ; Districts et Maisons Autonomes : 17 ; Séminaires : 5 ; Écoles : 94 (dont 54 en France).

Aidez Infovaticana à continuer à informer