Guerre

Guerre
The Treaty of Paris by Benjamin West, 1783 [Winterthur Museum, Winterthur, DE]. West’s painting is unfinished because the British commissioners at the Paris meeting refused to sit for their side. Depicted, left to right: John Jay, John Adams, Ben Franklin, Henry Laurens, and Temple Franklin (Ben’s grandson).

Par Brad Miner

La guerre est une chose terrible. Si nous y trouvons de la gloire, c’est parce que nous admirons les soldats pour leur courage, leur compétence et leur sacrifice. J’ai connu des soldats qui défilent lors des parades du Memorial Day ou du 4 juillet et qui sont fiers de leur service, exactement comme au jour de Saint Crispin à Azincourt, quand Henri V (selon le Barde) promit à ses soldats :

Celui qui survivra à ce jour et atteindra la vieillesse,
chaque année, à la veille, invitera ses voisins à un festin
et dira : « Demain est Saint Crispin » ;
alors il retroussera ses manches et montrera ses cicatrices
et dira : « Ces blessures, je les ai reçues le jour de Crispin ».
Les vieux oublient ; pourtant, tout sera oublié,
mais lui se souviendra avec avantage
des exploits qu’il accomplit ce jour-là ; alors nos noms,
familier dans sa bouche comme des mots du foyer…
seront rappelés de nouveau dans ses coupes débordantes.

Mais j’ai aussi connu des soldats et des marines qui, bien qu’ils ressentent de l’amour et gardent les souvenirs les plus tendres de la « fraternité des combattants » avec qui ils ont servi, ne défilent jamais, ne portent pas leurs décorations, pas même un chapeau avec l’insigne de leur unité. Et ils ne « parlent pas de la guerre ». Mon père (Seconde Guerre mondiale) et mon fils aîné (Irak) sont comme ça, bien qu’ils aient tous deux été officiers qui sont arrivés tard à la guerre et se sont épargnés l’enfer du Jour J ou de la seconde bataille de Falloujah.

Nous devons penser aux paroles de Notre Seigneur : « Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres ; voyez que vous ne vous alarmiez pas ; car il faut que tout cela arrive, mais ce n’est pas encore la fin » (Matthieu 24,6). Et il ajoute (7-8) : « Nation s’élèvera contre nation et royaume contre royaume, et il y aura des famines et des tremblements de terre en divers lieux : tout cela sera le commencement des douleurs de l’enfantement ».

Les États-Unis ne sont pas en guerre au Venezuela, ni contre le Danemark au Groenland, mais il y a une sensation inquiétante dans l’air de conflits imminents et d’escalades successives. Le président Trump a dit (pour l’instant) qu’il n’enverrait pas de forces expéditionnaires au Groenland, mais s’il le faisait, le président Poutine déverserait-il des forces encore plus importantes en Ukraine ? Le président Xi envahirait-il Taïwan ? Ils aimeraient le faire, et de telles incursions de la part des États-Unis pourraient les enhardir, et affaiblir moralement nos objections.

Il est douteux que Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark, déploie des forces armées danoises au Groenland pour affronter un déploiement américain. En fait, cela pourrait être imprudent de le faire, même si d’autres nations européennes se joignaient. Mais ce sont nos amis.

Une raison fréquemment invoquée pour la participation des États-Unis au Vietnam était la Théorie du Domino : si nous ne stoppions pas là l’expansion communiste, la Menace Rouge se répandrait dans la région. Eh bien, les États-Unis ont échoué et les dominos sont tombés, bien que, sauf au Cambodge, les conséquences n’aient pas été catastrophiques. Et, comme cela s’est produit après la Seconde Guerre mondiale, quand nos ennemis (Allemagne, Japon et Italie) sont rapidement devenus des alliés d’après-guerre, nous avons formé des alliances (peut-être moins solides) en Asie du Sud-Est.

Ces scénarios actuels de guerre impliquant les États-Unis, l’ancienne URSS et la Chine communiste semblent difficiles à réconcilier avec les critères de la guerre juste, tandis que la capture du Vénézuélien Nicolás Maduro, dont le régime opérait une entreprise narco-terroriste directement contre les États-Unis, pourrait les remplir — je pense —, bien que seulement si toute « occupation » se termine rapidement.

Si on regarde une carte, on pourrait penser que le Groenland est plus proche des États-Unis que du Danemark (ce n’est pas le cas ; ne vous laissez pas tromper par la projection cartographique), et remarquer que le Danemark est dans l’hémisphère oriental et le Groenland dans l’occidental. La géographie est une réalité stratégique et géopolitique puissante, mais ce n’est pas un casus belli.

La population de l’État de New York diminue, surtout si on ne compte pas le nombre d’immigrants illégaux. Elle pourrait diminuer encore plus si les politiques socialistes du maire de New York génèrent des émigrants en quête de soulagement fiscal. Et si la gouverneure Kathy Hochul s’en sentait offensée, elle pourrait ordonner à la Garde nationale d’entrer dans le New Jersey et le Connecticut pour renforcer la position de l’Empire State en termes de géographie, de population et… de revenus fiscaux.

Si les États-Unis ont besoin de meilleures défenses septentrionales et orientales contre les attaques, pourquoi ne pas viser le Canada ? C’est un pays encore plus grand que les États-Unis en kilomètres carrés ! Parlons de sécurité ! Et les Canadiens « montent la garde » ! Et pensez à l’effet sur le déficit américain de taxer 41,5 millions de personnes supplémentaires !

[Note aux lecteurs : je plaisante.]

Le point ici, si j’arrive à y parvenir, est que nous devrions faire des choses pour éviter le conflit, pas pour l’attiser. Paul McCartney a composé une chanson, Give Ireland Back to the Irish, en 1972 après les événements du Bloody Sunday, essentiellement une supplique à Downing Street pour qu’elle retire les troupes d’Irlande du Nord et arrête de tuer des catholiques. (Vingt-six personnes désarmées ont été tuées et beaucoup d’autres blessées : toutes catholiques).

Trump, Poutine et Maduro (j’exclus Xi car il est formellement athée) doivent se rappeler Matthieu 5,9 : « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ». Parlant en août dernier de ses efforts pour obtenir la paix en Ukraine, M. Trump a exprimé une certaine préoccupation personnelle : « Je veux essayer d’aller au ciel, si possible. J’entends que je ne m’en sors pas très bien. Je suis vraiment tout en bas du totem. Mais si je peux aller au ciel, cela [la quête de la paix] en sera une des raisons ». Il a même insisté en octobre : « Je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit que je puisse faire pour entrer au ciel… je pense que peut-être je ne suis pas destiné au ciel ».

Il n’a pas besoin d’en être ainsi, monsieur le président. Mais vos plans concernant le Groenland pourraient vous rapprocher de l’abîme. Laissez les Groenlandais être des Groenlandais — ou des Danois ou ce qu’ils veulent —. Ce sont un peuple souverain qui doit être l’agent de son propre destin, comme vous et moi.

Votre version de la Doctrine Monroe, même comme tactique de négociation, semble plus celle d’Earl que celle de James. Earl « The Pearl » Monroe, l’ancienne star des New York Knicks, avait l’habitude de dire : « La chose est que je ne sais pas ce que je vais faire avec le ballon, et si je ne le sais pas, je suis assez sûr que le type qui me marque ne le sait pas non plus ».

[Note aux lecteurs : maintenant, je ne plaisante pas.]

À propos de l’auteur :

Brad Miner, mari et père, est rédacteur senior de The Catholic Thing et Senior Fellow du Faith & Reason Institute. Il a été rédacteur littéraire de National Review et a eu une longue carrière dans l’industrie éditoriale. Son livre le plus récent est Sons of St. Patrick, écrit avec George J. Marlin. Son best-seller The Compleat Gentleman est disponible en troisième édition révisée et aussi en audiolivre sur Audible (lu par Bob Souer). M. Miner a été membre du conseil d’Aid to the Church In Need USA et aussi du conseil local du Selective Service dans le comté de Westchester, New York.

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