León XIV: «N'ayez pas peur de montrer vos blessures guéries par la miséricorde»

León XIV: «N'ayez pas peur de montrer vos blessures guéries par la miséricorde»
Cycle de catéchèse – Jubilé 2025. Jésus-Christ, notre espérance. III. La Pâque de Jésus. 9. La résurrection. « La paix soit avec vous ! » (Jn 20,21)

Chers frères et sœurs, bonjour !

Le centre de notre foi et le cœur de notre espérance se trouvent profondément enracinés dans la résurrection du Christ. En lisant attentivement les Évangiles, nous nous rendons compte que ce mystère est surprenant non seulement parce qu’un homme – le Fils de Dieu – est ressuscité d’entre les morts, mais aussi par la manière dont il a choisi de le faire. En effet, la résurrection de Jésus n’est pas un triomphe retentissant, ce n’est ni une vengeance ni une revanche contre ses ennemis. C’est le témoignage merveilleux de la façon dont l’amour est capable de se relever après une grande défaite pour poursuivre son chemin imparable.

Quand nous nous remettons d’un traumatisme causé par les autres, la première réaction est souvent la rage, le désir de faire payer à quelqu’un ce que nous avons souffert. Le Ressuscité n’agit pas de cette manière. Quand il émerge des abîmes de la mort, Jésus ne se venge pas. Il ne revient pas avec des gestes de puissance, mais il manifeste avec mansuétude la joie d’un amour plus grand que toute blessure et plus fort que toute trahison.

Le Ressuscité ne ressent pas le besoin de réitérer ou d’affirmer sa propre supériorité. Il se montre à ses amis – les disciples -, et il le fait avec une extrême discrétion, sans forcer les temps de leur capacité d’accueil. Son unique désir est de renouer la communion avec eux, en les aidant à surmonter le sentiment de culpabilité. Nous le voyons très bien dans le cénacle, où le Seigneur se montre à ses amis emprisonnés par la peur. C’est un moment qui exprime une force extraordinaire : Jésus, après être descendu aux abîmes de la mort pour libérer ceux qui y étaient prisonniers, entre dans la pièce fermée de ceux qui sont paralysés par la peur, en leur apportant un don que personne n’aurait osé espérer : la paix.

Son salut est simple, presque habituel : « La paix soit avec vous ! » (Jn 20, 19). Mais il est accompagné d’un geste si beau qu’il semble presque inapproprié : Jésus montre aux disciples les mains et le côté avec les signes de la Passion. Pourquoi exhiber ses blessures précisément devant ceux qui, en ces heures dramatiques, l’ont renié et abandonné ? Pourquoi ne pas cacher ces signes de douleur et éviter que se rouvre la plaie de la honte ?

Et pourtant, l’Évangile dit que, en voyant le Seigneur, les disciples se remplirent de joie (cf. Jn 20, 20). La raison en est profonde : Jésus est déjà pleinement réconcilié avec tout ce qu’il a souffert. Il ne garde aucun ressentiment. Les blessures ne servent pas à réprimander, mais à confirmer un amour plus fort que toute infidélité. Elles sont la preuve que, précisément au moment où nous avons failli, Dieu n’a pas reculé. Il n’a pas renoncé à nous.

Ainsi, le Seigneur se montre nu et désarmé. Il n’exige rien, il ne fait pas de chantage. Son amour n’humilie pas ; c’est la paix de celui qui a souffert par amour et qui peut maintenant affirmer enfin que cela en valait la peine.

Nous, en revanche, nous cachons souvent nos blessures par orgueil ou par peur de paraître faibles. Nous disons « ce n’est rien », « c’est passé », mais nous ne sommes pas vraiment en paix avec les trahisons qui nous ont blessés. Parfois, nous préférons cacher notre effort pour pardonner afin de ne pas paraître vulnérables et de ne pas risquer de souffrir à nouveau. Jésus, lui, non. Il offre ses plaies comme garantie de pardon. Et il montre que la résurrection n’est pas l’annulation du passé, mais sa transfiguration en une espérance de miséricorde.

Puis, le Seigneur répète : « La paix soit avec vous ! ». Et il ajoute : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (v. 21). Avec ces paroles, il confie aux apôtres une tâche qui n’est pas tant un pouvoir qu’une responsabilité : être des instruments de réconciliation dans le monde. C’est comme s’il disait : « Qui pourra annoncer le Visage miséricordieux du Père sinon vous, qui avez expérimenté l’échec et le pardon ? ».

Jésus souffle sur eux et leur donne l’Esprit Saint (v. 22). C’est le même Esprit qui l’a soutenu dans l’obéissance au Père et dans l’amour jusqu’à la croix. À partir de ce moment, les apôtres ne pourront plus taire ce qu’ils ont vu et entendu : que Dieu pardonne, relève, restaure la confiance.

Le centre de la mission de l’Église ne consiste pas à administrer un pouvoir sur les autres, mais à communiquer la joie de celui qui a été aimé précisément quand il ne le méritait pas. C’est la force qui a fait naître et grandir la communauté chrétienne : des hommes et des femmes qui ont découvert la beauté de revenir à la vie pour pouvoir la donner aux autres.

Chers frères et sœurs, nous aussi nous sommes envoyés. Le Seigneur nous montre aussi ses blessures et dit : La paix soit avec vous. N’ayez pas peur de montrer vos blessures guéries par la miséricorde. N’ayez pas peur d’approcher celui qui est enfermé dans la peur ou dans le sentiment de culpabilité. Que le souffle de l’Esprit nous rende aussi nous-mêmes témoins de cette paix et de cet amour plus forts que toute défaite.

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