Pilar Abellán OV
Après le décès de Martín V, son principal protecteur, et les pressions continues de son prédécesseur, Diego de Anaya, frère Lope de Olmedo a démissionné de ses fonctions d’administrateur apostolique de l’Archidiocèse de Séville et est retourné à Rome en 1432.
1.-Mort de Martín V et démission de Lope en tant qu’Administrateur Apostolique de Séville
Nous avons vu dans la précédente livraison les difficultés que frère Lope de Olmedo a affrontées de la part des partisans de Diego de Anaya et de lui-même, qui ont contesté sa nomination au point d’essayer de le faire excommunier. En plus des problèmes à Séville, le 20 février 1431, son ami et bienfaiteur, le Souverain Pontife Martín V, est décédé.
Caymi raconte que «Lope fut profondément attristé en apprenant la mort de Martín V ; et en l’honneur des nombreux bienfaits qu’il avait reçus de lui, il offrit à Dieu à plusieurs reprises le sacrifice d’expiation pour son âme bienheureuse, et ordonna aux prêtres, réguliers et séculiers de l’Église qui lui étaient confiés de faire de même : le plus grand hommage que la gratitude d’un homme puisse rendre à l’âme d’un défunt qui l’a bénéficié. Lope resta un peu plus longtemps à la tête de l’archevêché de Séville, mais finalement, toujours désireux de solitude, il se libéra intérieurement des liens de l’administration et envoya sa démission » (basé sur Rossi p. 417 ; et Heliot tom. 3 part. 3 cap. 60), rédigée de manière authentique au pape Eugène IV, qui avait succédé à Martín V. Le Pontife reçut la démission (pp. 196 – 197) et y discerna, par son vaste discernement, combien celui qui y renonçait pour une raison si élevée était plus digne d’un tel poste. Une fois soulagé de ce lourd fardeau, Lope convoqua au Monastère de San Isidoro les prélats de ses autres monastères espagnols, et leur recommanda avec toute l’ardeur de l’esprit l’observance monastique, la charité, la paix et l’exemplarité des mœurs.
Faisons une brève parenthèse pour rappeler que, de son vivant, les seuls monastères que Lope eut en Castille furent San Isidoro del Campo et San Jerónimo de Acela, tous deux dans le diocèse de Séville. Bien que Caymi semble sous l’impression que l’ordre de frère Lope avait déjà alors d’autres monastères en Espagne, il est certain que les dates de fondation des cinq autres maisons qu’il finit par avoir sont postérieures à sa mort.
José Antonio Ollero Pina [1] considère que «probablement, frère Lope de Olmedo a encore supporté le gouvernement du diocèse jusqu’aux derniers mois de 1432. Cependant, comme nous l’avons déjà mentionné dans la précédente livraison, il est possible qu’il soit parti pour Rome des mois plus tôt, à son monastère de San Alejo et san Bonifacio, où il décéderait en avril 1433. Le fait historique certain est qu’il n’y eut pas jusqu’au 16 septembre 1433 que la sede vacante fut à nouveau déclarée à Séville et que l’Église fut pourvue en don Juan de Serezuela, Évêque d’Osma et frère utérin du connétable don Álvaro de Luna [2].
2.-L’obéissance de Lope à l’Église en la personne du Souverain Pontife
Devant la démission de frère Lope de son poste d’administrateur apostolique de Séville, il est opportun de se poser la question de pourquoi, avec un ordre récemment fondé et en expansion, le Pape put nommer frère Lope administrateur apostolique d’un diocèse, poste qui comportait de fortes responsabilités, auxquelles le pontife ajouta d’autres missions ; et comment Lope accepta une telle mission.
L’Ordre monastique de frère Lope ne comptait alors que peu de monastères et seulement 5 ans d’existence. Alors, comment Lope allait-il trouver le temps de consolider son ordre en ces années critiques alors qu’il avait reçu des tâches si absorbantes ? Le pape n’avait-il pas d’autres hommes de confiance pour accomplir les tâches qui lui étaient confiées en Castille et au Portugal ?
Il semble que c’était une pratique habituelle dans l’Église du XVe siècle que des personnes de confiance du pape soient nommées ponctuellement pour des missions difficiles ; ce n’est pas un cas unique. Mais ce qui surprend peut-être, c’est l’acceptation de frère Lope qui, compte tenu de la relation étroite d’amitié qui le liait à Martín V, aurait pu essayer de « négocier » la nomination pour le bien de son nouvel ordre. L’hypothèse que je pose, et que nous avons déjà mentionnée en traitant de la fondation de san Jerónimo de Acela, à Cazalla, est que le projet monastique de frère Lope ne s’est pas développé comme il l’avait prévu, principalement en conséquence de l’obéissance de frère Lope à l’Église, en la personne du pape Martín V, qui avait ses propres plans pour Lope et son ordre. Je pense que cette hypothèse est démontrée dans les textes que nous présentons depuis plusieurs mois, qui relatent les événements à partir de 1425, quand Martín V appela frère Lope à Rome pour étendre son projet monastique en Italie.
Nous l’avons déjà expliqué, mais il n’est pas inutile d’insister à nouveau, que l’obéissance est une vertu fondamentale dans l’Église et l’un des trois vœux que professent les religieux. De plus, Saint Jérôme, dont le monachisme que frère Lope de Olmedo s’efforce tant d’imiter et de continuer, insista à tel point sur l’obéissance que celle-ci est traitée dans la Règle de saint Jérôme compilée par frère Lope de Olmedo au premier chapitre. Saint Jérôme mit aussi un accent très explicite sur l’adhésion à la chaire de Pierre. Pour toutes ces raisons, et non seulement pour son amitié personnelle et les bienfaits qu’il lui devait, je pense qu’on peut comprendre l’acceptation par frère Lope de Olmedo des initiatives de Martín V, même si elles signifiaient des changements drastiques dans ses propres idées sur la vie monastique.
3.-Derniers mois de la vie de frère Lope de Olmedo au monastère de San Alejo et San Bonifacio et trépas (3 avril 1433)
Norberto Caymi raconte que «après avoir renoncé au siège sévillan, il entreprit le retour à Rome. Arrivé avec la faveur du Ciel, après un long voyage par mer, au port de Civitavecchia, il se servit d’une vile embarcation (suivant en cela ses propres Constitutions – Observari omninò volumus, quod quum equitare nobis expediat. in afinis tantum equitemus. Statut Lup. in Bul I. Piis Votis) pour achever le reste de son voyage et arriva en humble apparence au Monastère de San Alejo. Quand il arriva enfin là, où ses yeux et son cœur avaient toujours été fixés, il entra immédiatement dans le temple, comme à son habitude, pour rendre les dues grâces à Dieu pour son retour sain et sauf ; et ensuite il reçut les tendres embrassades de ses religieux, tous emplis de larmes en le revoyant après une si longue séparation.
Peu après, il se présenta aux pieds du Souverain Pontife Eugène, à qui il rendit compte de sa gestion et implora son patronage pour lui et pour toute sa Congrégation. Ce grand Prêtre, à qui étaient bien évidentes les excellentes qualités de Lope, ce qu’il avait fait dans le ministère de l’Église de Séville, et la renonciation héroïque au même, le reçut avec un visage affectueux, louant son esprit claustral, et lui assura à lui et à son Ordre pour toujours son assistance et sa protection. Ce qui fit que le Vénérable Lope, content d’être à bon droit, retourna à son Monastère, avec la plus fervente résolution de ne plus jamais l’abandonner jusqu’à sa mort ».
Je reproduis de larges citations de l’œuvre de Dom Norberto Caymi parce que les derniers chapitres sont d’une grande beauté et acquièrent un ton encore plus panégyrique. Il est intéressant ici d’ouvrir une brève parenthèse pour contextualiser l’œuvre, publiée en 1754, et comprendre la raison de ce caractère panégyrique. Pour cela, nous devons remonter à l’année 1600, date de la première publication de la « Historia de la Orden de San Jerónimo » de frère José de Sigüenza OSH, prieur du monastère de l’Escurial. Le nombre d’inexactitudes et de mensonges dans la chronique de Sigüenza concernant tout ce qui touche à frère Lope de Olmedo est tel, ainsi que les interprétations négatives de son œuvre monastique et les commentaires malveillants (en définitive, la damnatio memoriae), que tout semble indiquer que les hiéronymites de frère Lope, qui avaient encore 20 monastères en Italie – tandis qu’en Espagne ils avaient déjà été absorbés par l’OSH – se sentirent obligés de répondre, pour valoriser la vie et l’œuvre de frère Lope. Et c’est ce que fit Dom Pío Rossi, abbé général de l’Ordre des Moines Ermites de saint Jérôme fondé par Lope de Olmedo, en publiant dans la première moitié du XVIIe siècle l’œuvre « Vida del Reverendísimo y Venerable Padre fray Lope de Olmedo, monge professo del Real Monasterio de Nuestra Señora de Guadalupe », dont divers exemplaires sont conservés à la Biblioteca Nacional de España.
L’œuvre de Rossi est ainsi clairement contextualisée. Mais la question suivante est, pourquoi et dans quel but Dom Norberto Caymi écrivit-il un siècle plus tard un autre livre, « La vita del Venerabile Lupo d´Olmeto », basé principalement sur l’œuvre de Rossi, alors qu’elle n’avait qu’un siècle d’existence et était pleinement en vigueur ? Et ici nous tombons sur un fait à nouveau très intéressant : la publication de cette œuvre de Caymi coïncide dans le temps avec d’autres publications sur l’Ordre fondé par frère Lope de Olmedo écrites par l’abbé général de son temps, Dom Felice Maria Nerini. Pourquoi ? Parce qu’il semble que au XVIIIe siècle s’est déchaînée une intense controverse sur laquelle était la première des ordres religieux sous le patronage de saint Jérôme qui avait été fondée, ce qui explique cette littérature qui revendique d’être la première ou la véritable de toutes.
Revenons aux derniers mois de la vie de frère Lope de Olmedo au monastère de san Alejo et san Bonifacio à Rome, voyons ce que dit Caymi à ce sujet.
Le chapitre IX de son livre III relate les rigueurs de pénitence de Lope au Monastère de San Alejo avec ces mots : « Quand le Vénérable Lope se fut réuni dans son Monastère, et se retira dans un lieu où il pouvait converser avec Dieu à son aise, il se livra aux exercices de pénitence (Rossi), se rappelant toujours qu’il était venu là pour se nourrir continuellement du pain de la douleur. Il n’y avait rien en lui, ni un seul mot, qui n’inspirât l’austérité, qui ne montrât la mortification. L’amour de Dieu était le guide de toutes ses actions ; et la flamme, qui brûlait constamment dans son cœur, se manifestait aussi au monde extérieur à travers elles. L’adoration et la contemplation, qui sont la nourriture vitale de l’âme, furent, comme par le passé, son plus grand frein.
Fréquemment emporté par la douleur de ses fautes, même les plus légères, commises dans sa jeunesse, il ne pouvait contenir le torrent de larmes qui jaillissait de ses yeux (Rossi). Son jeûne durait presque toute l’année, mais avec une plus grande sévérité depuis les calendes de novembre jusqu’à Pâques, et tous les vendredis il avait coutume de jeûner, selon ce qu’il avait prescrit dans ses Constitutions et qui est établi dans les premiers statuts de l’Ordre, recueilli aussi dans la bulle d’institution, Piis Votis Fidelius. Malgré qu’il permît, par compassion naturelle envers ses religieux, de manger de la viande quand ils étaient malades, faibles ou décrépits, il s’abstenait toujours de le faire, nonobstant : par là il instruisait ceux qui président les communautés religieuses à exercer la charité envers leurs sujets et à éviter toute commodité particulière. La plus grande partie du temps il dormait sur des planches nues, et parfois sur un peu de paille, dans le seul but de donner du repos à ses membres fatigués. Sous sa rude chemise de laine il cachait un cilice plus rude et plus épineux (Rossi ; aussi Heliot, tomo 3) » [3].
«Grand amoureux de la réclusion – continue Caymi –, il ne sortait jamais de son monastère, sauf quand un cas d’extrême nécessité l’y obligeait. Lope invitait ses moines à ces nobles exercices de pénitence ». Caymi résume ainsi les paroles de Lope à ses religieux (Lupus en Epil. ad Mart. V) : « Bien que la forme de vie que nous avons actuellement soit quelque peu plus stricte qu’autrefois, cependant, et pour rendre compte de nos fautes, et pour suivre les pas de notre Saint Père Jérôme, il est convenable que nous agissions de cette manière. Parce que, que dirons-nous de nous-mêmes, après que le même Saint Père Jérôme s’est appelé lui-même arbre infructueux, au pied duquel on a déjà mis la hache pour le couper ? Cette pénitence ne suffirait certes pas, ni une autre dix fois plus grande, pour effacer nos péchés, si notre très bienheureux Rédempteur Jésus-Christ ne faisait usage de sa miséricorde envers nous, et n’appréciait pas, par sa grâce suprême, le peu de bien que nous faisons en satisfaction du beaucoup qui lui est dû. Et bien que ces religieux, dont nous avons laissé derrière nous la manière de vivre (OSH), mènent une vie plus douce, il n’y a pas de quoi s’étonner, car leurs actions restent droites, et nous devons juger qu’elles sont agréables à Dieu et très saintes à ses yeux. C’est pourquoi dit le Christ dans la Maison du Père Éternel que des récompenses différentes nous sont préparées ; et l’Apôtre nous fait entendre qu’un de cette manière et un autre de cette autre peuvent plaire à Dieu. Nous, étant plus coupables, et par conséquent méritants d’un plus grand châtiment, devons pratiquer notre Règle monastique avec nos Constitutions, nous confirmant, autant que nous le pouvons, dans la vie de notre très Saint Législateur Saint Jérôme ».
« De cette manière – indique Caymi –, parlait Lope du vif désir qu’il y avait dans son cœur de faire saints ses religieux. Ainsi il les encourageait s’ils étaient fatigués, les vivifiait s’ils étaient tièdes, les corrigeait s’ils étaient coupables, mais tout cela il le faisait avec la plus grande douceur et amabilité ; et il les prévenait toujours généreusement dans les pratiques de pénitence, qu’il leur exigeait.
Par ce qui a été dit jusqu’ici comme preuve de la conduite si rigide de Lope au Monastère de San Alejo à la fin de ses jours, n’importe qui peut facilement voir si cela est conforme à ce que Sigüenza dit de lui ; il semblerait que, avant de mourir, Sigüenza veuille punir Lope d’une certaine manière, en disant qu’il persévéra dans son Ordre saintement, quoique avec beaucoup moins de rigueur qu’au début » (Sigüenza, tom. 2, lib. 3, cap. 8). À quoi Caymi répond : « (Sigüenza) commence par un éloge, comme à son habitude, pour que la flèche qu’il lance dans son reproche ait plus d’impact ».
Laissons parler Caymi dans le chapitre X de son livre III : «Furent les durs et mortifiants traitements qu’il infligeait à son propre corps qui accélérèrent sa fin, puisque son corps « ne put plus résister à la force des mêmes, et il tomba gravement malade » » (selon Rossi, Vit. Lat. Cap. 20). Mais l’athlète généreux – relate Caymi –, même dans sa jeunesse habitué à tolérer constamment toute incommodité et maladie, se réjouissant dans son état misérable, donnait l’impression d’être plus fort quand il était plus vaincu par la maladie. Finalement, la gravité de sa maladie l’avertit qu’il n’avait plus besoin de rester sur terre, et avec des larmes ardentes et des soupirs il supplia Dieu de le rappeler de cet exil douloureux, pour pouvoir jouir à nouveau de sa bienheureuse présence. Pour cela il demanda avec grande humilité d’être doté des Très Saints Sacrements de l’Église ; et il les reçut avec cette dévotion et ce recueillement que n’importe qui peut imaginer d’un homme complètement élevé en Dieu. Dans un acte de grande tristesse, ses Moines l’entourèrent, qu’il avait tant aimés et tant peinés pour les régénérer au Ciel ; à qui il s’adressa en les priant de ne pas s’attrister ni payer son passage ; car cela retarderait en quelque sorte la Bienheureuse tant désirée, et perturberait sa tranquillité et sa placidité d’esprit.
Après cela il recommanda sa famille à Dieu, au Père saint Jérôme, et à ceux qui étaient là rassemblés, à qui il laissa le soin et le gouvernement des Monastères (quelque temps avant sa mort Lope avait renoncé au gouvernement du Monastère de S. Alejo, à la place duquel fut mis le P. Enrico di Voachtendonk, allemand, comme il est mentionné dans le Catalogue des Abbés de S. Alejo écrit par l’abbé Nerini, « De Temp. & Coenob. SS. Bonif & Alex. Hist. Monum. Cap. 20 », et dans l’Appendice), recommandant à leurs consciences l’observance de la Règle et des Constitutions, dont dépendait la subsistance de la Religion dans son premier et plus décent état.
Sinon, leur négligence et les fautes commises dans leur office auraient été la cause fatale de la chute de la Religion : de sorte qu’ils devraient en rendre un compte très strict au Jugement ; selon ce qu’ils avaient déjà inculqué dans les mêmes Constitutions. En ce moment Lope leva les yeux au Ciel, qu’il désirait impatiemment, et expira. La mort de cet homme juste eut lieu le 3 avril 1433 (lisible clairement sur la dalle, bien que Lorenzo Alcina se trompe et dise 13 avril) à l’âge de 63 ans, huit ans après la fondation de son propre Institut. Son cadavre, après les cérémonies correspondantes, fut enterré par les moines dans son Église de San Alejo et honorablement déposé près du maître-autel de ladite Basilique, où il se conserve encore aujourd’hui ».
Nous citons les paroles textuelles de Caymi, qui ajoute un dato très précieux : « Notre Père Abbé D. Jacopo Muttoni, digne homme de foi, qui gouvernait le Monastère de S. Alejo à l’époque où l’Église était en restauration, mû par une sainte curiosité, ayant désiré avec d’autres moines voir le corps du Vénérable Lope, m’a attesté que les précieuses ossements du Bienheureux, avec sa tête entière, étaient gardés dans une urne de pierres cuites et de mortier de chaux unis ; l’urne était peinte de manière similaire, selon la coutume de l’époque, pour distinguer ceux qui étaient morts en odeur de sainteté. Non contents de cela, les pieux disciples, désireux de léguer à la postérité un monument stable de l’amour et de la vénération qu’ils ressentaient pour leur Maître et Père, voulurent sceller sa tombe avec une grande pierre en bas-relief représentant toute son image vêtue d’une simple coule et avec cette inscription autour :
HIC IACET REVERENDUS IN XPO PATER FR. LVPPVS DE OLMETO NACION ISPAVS. RESVSCITATOR ET REFORMATOR AC PRIMVS GENERALIS PREPOSITVS ORDINIS MONACHORVM HEREMITARVM SCI IERONIMI. PRIORQVE HVIVS MONASTERII QUI OBIT DIE III APRILIS A.D. MCCCCXXXIII. PONT. DNI EVGENII PPE. IIII ANNO TERTIO.
(Ici gît le Révérend en Christ Père frère Lope de Olmedo, nation hispanique, résuscitateur et réformateur et premier préposit général de l’Ordre des moines ermites de saint Jérôme, et prieur de ce monastère, qui décéda le jour 3 avril de l’an du Seigneur 1433, troisième année du pontificat du pape Eugène).
« Cet épitaphe – relate Caymi –, si approprié au sujet dont il porte le nom, et qui exprime avec la plus succincte vérité ce qu’il fit, est appelé par le P. Sigüenza « non très modeste » (tomo 2 libro 3 cap 8). Que, s’il l’est, sera jugé par quiconque, après avoir lu la « Vie », viendra l’observer. Mais c’est le titre de Réformateur, qu’il contient, que l’Historien n’a pu avaler (c’est ainsi que Dom Norberto Caymi se réfère toujours à frère José de Sigüenza). Et de cela je me réserve d’en parler ailleurs ».
Ce sont les dernières paroles de Caymi sur la vie de frère Lope. Elles reflètent la tension et le zèle pour restituer la bonne mémoire de Lope face aux paroles injurieuses que le P. Sigüenza lui dédia dans son Histoire de l’Ordre de Saint Jérôme et la controverse sur l’originalité et l’antiquité des divers instituts religieux sous l’invocation de saint Jérôme.
Dans son important article publié dans la revue Yermo en 1964, Lorenzo Alcina relate que frère Lope reçut un culte de bienheureux au moins dans certains monastères de sa Congrégation de l’Observance. Ainsi, par exemple, dans celui de San Savino, à Placence en Italie, existait une image de lui, « diademate coronata », avec la suivante inscription : « Beatus Frater Lupus de Olmeto, praepositus generalis », que l’abbé Rossi mentionna dans son œuvre.
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[1] Ollero Pina, José Antonio : « La caída de Anaya. El momento constructivo de la Catedral de Sevilla (1429-1434) », dans Jiménez Martín, Alfonso (éd.) : La piedra postrera. V Centenario de la conclusión de la Catedral de Sevilla. Vol. II, Séville, Universidad de Sevilla, 2007, pp. 129-178.(pp. 159 et ss).
[2] Pineda Alfonso, J. A., 2015. “EL GOBIERNO ARZOBISPAL DE SEVILLA EN LA EDAD MODERNA (SIGLOS XVI-XVII” Thèse doctorale, Universidad de Sevilla.
[3] P. Helyot & Bullat, Histoire Des Ordres Monastiques Religieux Et Militaires, Et Des Congrégations Séculières, 1721.
[4] Le P. Heliot dans son Histoire des ordres religieux tom. 3. part. 3 ch. 60 a omis le mot Heremitarum dans cette inscription. Le même P. Heliot au lieu mentionné, au lieu de placer le jour III dans l’inscription, a placé le jour XIII.
[5] Dans l’Épitaphe du P. Sigüenza à la fin du chapitre 8 du livre 3 tom. 2 de l’Histoire de l’Ordre, il a comme erreur l’année 1444.
